Les libéraux continuent de démoniser la CAQ en l’associant à l’extrême droite

Le premier ministre a accusé mercredi le parti de François Legault de proposer «une droite dure».
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le premier ministre a accusé mercredi le parti de François Legault de proposer «une droite dure».

Les libéraux de Philippe Couillard ont continué de démoniser la Coalition avenir Québec (CAQ), jeudi, en l’associant à l’extrême droite.

Le premier ministre avait accusé la veille son principal adversaire de proposer « une droite dure ». « Ils se situent à l’extrême droite, avait-il lancé lors d’un échange avec le chef caquiste François Legault dans le cadre de l’étude des crédits du Conseil exécutif. Qu’ils disent à la population : “Voilà où nous sommes. Voilà ce que nous allons proposer.” »

Loin de se repentir jeudi, le chef du gouvernement en a remis. Il a défié M. Legault de préciser où il se situe sur l’échiquier politique, surtout depuis l’arrivée dans les rangs caquistes du candidat Youri Chassin, un économiste de droite.

« C’est lui qui a coupé dans les services aux enfants qui ont des difficultés d’apprentissage, a rétorqué le chef caquiste de son siège au Salon bleu. Ça, c’est un choix extrême, très extrême. »

Sautant à pieds joints dans le débat, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a dit croire que la CAQ cherche à privatiser le réseau de la santé.

« Il y a 8,4 millions de personnes au Québec qui ne savent absolument rien des propositions de la CAQ, mais ils savent que c’est un parti très à droite, qui a recruté un candidat, qui s’appelle Youri Chassin, dont les écrits historiques — historiques — sont en faveur de privatiser la santé », a-t-il martelé.

Des appuis de... Québec solidaire

Plus tôt, le député caquiste Jean-François Roberge a nié que sa formation politique est d’extrême droite. Selon lui, la CAQ n’est ni de gauche ni de droite, mais est un parti « nationaliste ».

« La CAQ est un parti pragmatique, un parti à l’écoute des gens qui rejette les étiquettes de gauche, de droite. Ce n’est pas ça qui nous définit », a-t-il déclaré en mêlée de presse, en dénonçant du même coup la stratégie de « mensonge organisé » du premier ministre.

La CAQ veut réinvestir dans le réseau public d’éducation, « est-ce que c’est de l’extrême droite, ça ? Je ne pense pas », a-t-il ajouté. Selon lui, les libéraux paniquent, car incapables de défendre leur bilan.

Chose rare, le député de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, s’est porté à la défense de la CAQ. Il a déploré « l’exagération » dont M. Couillard a fait preuve en associant la CAQ à l’extrême droite.

L’extrême droite existe au Québec. C’est Atalante, c’est des groupes comme ceux-là, mais les mots ont un sens et on ne peut pas coller des étiquettes à la va-vite.

 

« La CAQ est un parti de droite. Youri Chassin est un candidat très, très à droite, mais non la CAQ ce n’est pas l’extrême droite », a-t-il dit.

Les libéraux ont opposé une fin de non-recevoir jeudi à la motion de la CAQ qui affirmait qu’aucun parti d’extrême droite n’est représenté à l’Assemblée nationale.