La CAQ promet de mettre fin au «gaspillage»

Le candidat caquiste dans Saint-Jérôme, Youri Chassin (à gauche), aux côtés du député Éric Caire
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le candidat caquiste dans Saint-Jérôme, Youri Chassin (à gauche), aux côtés du député Éric Caire

La Coalition avenir Québec (CAQ) croit pouvoir épargner 800 millions de dollars par année d’ici quatre ans pour financer ses éventuelles promesses électorales, dont près de 600 millions qui proviendraient de la réduction des coûts d’approvisionnement en biens et services du gouvernement du Québec.

Le porte-parole de la CAQ pour le Conseil du trésor, Éric Caire, de même que les candidats caquistes Alice Khalil (Chomedey) et Youri Chassin (Saint-Jérôme), ont présenté dimanche à Montréal une série de mesures pour mettre fin à ce qu’ils qualifient de « gaspillage » des libéraux.

« Depuis 15 ans, ce gouvernement-là ferme les yeux sur des situations totalement inacceptables qui privent le Trésor québécois de sommes extrêmement importantes, des montants qui devraient être assignés à des tâches plus utiles et à l’allégement du fardeau fiscal des Québécois », a fait valoir M. Caire, en précisant que l’annonce du jour n’est qu’un premier pas. « Il y aura d’autres volets qui seront annoncés un peu plus tard », a-t-il promis.

Revoir les approvisionnements

Parmi les quatre mesures proposées, la plus importante concerne la réduction des coûts d’approvisionnement en biens et services. La CAQ se donne l’objectif de réduire d’au moins 10 % les coûts d’approvisionnement du gouvernement, ce qui correspondrait à des économies annuelles de 590 millions de dollars par année.

« Un gouvernement de la CAQ va revoir de fond en comble les pratiques d’approvisionnement », a déclaré M. Chassin, qui prenait part à la première annonce de son parti depuis sa nomination comme candidat de la CAQ il y a une semaine.

« Il est possible de faire des économies en mettant en place de meilleures pratiques de gestion, en regroupant les achats, en faisant moins appel aux firmes externes pour gérer les appels d’offres du gouvernement, en mettant fin à la règle du plus bas soumissionnaire conforme, en procédant davantage par des appels de propositions », a-t-il énuméré.

Cette règle du plus bas soumissionnaire, qui guide l’octroi des appels d’offres publics depuis des années, n’entraîne pas toujours des dépenses moins élevées, estime M. Caire. « Quand tu achètes du cheap plutôt que de la qualité, sur le coup, oui tu peux payer un peu moins cher. Mais à long terme, est-ce que tu as vraiment payé moins cher ? »

L’informatique visée

La CAQ promet également d’accélérer le regroupement des centres de traitement informatiques en concluant l’opération d’ici la fin d’un premier mandat caquiste, ce qui permettrait d’économiser 100 millions par année.

La formation politique a aussi l’intention d’abolir le Centre de services partagés du Québec, « un organisme qui nous fait honte collectivement depuis plus de 10 ans par son incompétence crasse, son incapacité à livrer la marchandise », selon Éric Caire. La CAQ soutient que la création du Centre d’excellence en technologies de l’information du Québec, dont la mission serait de réduire les dépenses en technologies de l’information dans les ministères et organismes gouvernementaux, se traduira en économies de 100 millions par année.

Le parti dirigé par François Legault compte finalement adopter un plan d’action pour numériser « l’ensemble des services administratifs du gouvernement d’ici quatre ans », ce qui permettrait de dégager 10 millions par an.

Youri Chassin se défend

Confronté à ses positions passées en tant qu’économiste au sein de l’Institut économique de Montréal, Youri Chassin a par ailleurs indiqué que ses adversaires politiques ont tenté de l’attaquer en caricaturant ses opinions. « C’est un bon exemple où on accueille un candidat en essayant de le dépeindre comme un gros méchant », a-t-il dit.

« Les positions que je défendais et les positions que je défends aujourd’hui, que la CAQ défend, ce sont des positions qui vont dans le même sens d’une plus grande efficacité des services publics », a-t-il affirmé.

M. Chassin se range aujourd’hui derrière la position de la CAQ et dit vouloir défendre « bec et ongles » la gestion de l’offre en agriculture. Concernant la privatisation partielle ou complète de sociétés d’État québécoises évoquée dans certains de ses écrits, le nouveau candidat a souligné que « la CAQ ne privatisera pas Hydro-Québec ». « Pour ce qui est de la Société des alcools [du Québec], il y a une ouverture à la libéralisation des marchés », a-t-il ajouté.

7 commentaires
  • Marc Davignon - Abonné 23 avril 2018 09 h 26

    Bien sûr!

    Le gaspillage! La devise du néo-libéralisme, le fer de lance de la nouvelle gestion publique : réduire le gaspillage! Comment? Avec des indicateurs de performance, bien sûr! Avec un suivi (de la microgestion ?) serré des activités, de vos tâches.

    Optimiser pour rendre «lean» le système, encrassé qu'il est de toutes ces activités superflues. Outil universel! La panacée! C'est la recette éprouvée du privé, les créateurs de cette doctrine. Ils ont prouvé plus d'une fois les biens faits de la discipline de l'élimination du gaspillage. Vous savez, les entreprises ou le PDG est payé 400 fois le salaire de leurs employés. C'est la quintessence du non-gaspillage!

    Il y a bien quelques unes qui ont péri! C'est qu’elles n'ont pas bien suivi la doctrine. Pour réussir, il faut suivre!

    Trop d'imprévus, plus de planification! Trop d'écart, plus de rationalisation; 3 minutes pour répondre au patient! Il est confus, pas grave, vous, devez suivre le plan, il faut être «leannnnnnn»! 5 minutes pour faire ceci, 8 pour cela. Le patient ne répond pas bien au traitement! Il faut suivre le plan!!! Il faut qu'il suive le plan!

    Soyez Kazen, soyez Lean, soyez Agile(?!). Suivez la recette, respectez la doctrine. Il faut cesser de gaspiller; en avez-vous vraiment de besoins, s'exclameront les chantres de la nouvelle gestion publique ? Vous mangez trop, vous gaspillez du temps et de la nourriture, vous faites trop de pas dans une journée, vous êtes inefficace! Vous êtes malade. L’aviez-vous prévu? Non! Vous êtes inefficace. Il faut être efficace, il faut être efficient!

    Et si tout cela ne fonctionne pas, il y aura toujours l'austérité. On vous obligera à vous serrer la ceinture.

    Et les paradis fiscaux? C'est là où se matérialisent les bienfaits de l'élimination du gaspillage. HA!HA!HA!HA!

    • Brigitte Garneau - Abonnée 23 avril 2018 13 h 33

      Bravo M. Davignon, Tout est dit!

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 24 avril 2018 15 h 02

      Vite dit, "Agile" n'est pas une bébelle néolibérale, c'est simplement des moyens de faire le suivi des projets pour éviter que les concepteurs s'écartent de ce qui va répondre aux besoins (c-à-d ce qui va bien s'intégrer dans le travail d'un futur utilisateur du logiciel). Ça demande beaucoup de rétroaction, parce que les gens impliqués ne savent jamais exactement tout le détail d'un gros projet informatique avant de l'exécuter : c'est dans la nature de la chose qu'on ait les meilleures idées seulement PARCE qu'on a déjà complété une bonne partie du projet. On s'arrange donc pour que les changements de cap utiles soient détectés le plus vite possible et que le logiciel soit facilement adaptable à ces changements de cap.

  • Gilles Théberge - Abonné 23 avril 2018 10 h 28

    Le PQ a des idées, la CAQ a des recettes.

    Ainsi cette annonce de la CAQ aujourd’hui.

    Vieille politique, déguisée en « autrement »...

    On ne change pas la nature des choses facilement. N’est-ce pas monsieur Legault...

  • André Côté - Abonné 23 avril 2018 12 h 31

    Un vieux refrain...

    Ce n'est pas très compliqué, on fait des promesses et une fois élu, on dit que le gouvernement précédent nous avait caché la réelle situation finacière de la province ce qui ne nous permet pas de réaliser nos promesses. Un vieux refrain entendu mille fois.

  • Bernard Plante - Abonné 23 avril 2018 14 h 38

    Institut économique de Montréal, ou comment vivre aux crochets du secteur public en le dénigrant

    Tiens tiens, un ancien évangélisateur de l'IEDM à la CAQ. Ça promet.

    Avez-vous déjà remarqué qu'à chaque fois que l'IEDM prône une orientation supposément économique le secteur public se retrouve à payer pour les pots cassés? L'exploitation pétrolière à Anticosti, le projet Rabaska sur le rive sud de Québec, la privatisation des garderies, le financement des écoles privées, etc. Toujours des projets perdants pour la population, voués à piger dans l'argent public. De vrais bandits à cravate. Prêts à exploiter la masse et à dire n'importe quoi pour obtenir des promotions. Bravo.

  • Patrick Boulanger - Abonné 23 avril 2018 20 h 07

    Il y a donc un candidat de l'IEDM dans l'équipe de M. Legault. Pourquoi avoir sélectionné ce candidat (il n'y a pas eu d'assemblée d'investititure...) alors que la CAQ se réclame de « l'extrême centre »? Cette candidature, à mon sens, est fortement inquiétante! J'espère que cette nomination n'est pas un avant-goût de ce que ce parti nous réserve s'il prend le pouvoir de façon majoritaire en 2018.