Québec autorise le prolongement de l’autoroute 19

Le projet prévoit la construction de trois voies dans chaque direction, dont certaines qui seront réservées aux autobus, aux véhicules électriques et au covoiturage.
Photo: Doug Kerr CC Le projet prévoit la construction de trois voies dans chaque direction, dont certaines qui seront réservées aux autobus, aux véhicules électriques et au covoiturage.

Laval — Le gouvernement Couillard a autorisé le prolongement de l’autoroute 19 pour permettre une meilleure fluidité de la circulation entre Laval et Bois-des-Filions, dans le nord de Montréal — un projet qui est sur la table depuis plus de 40 ans.

Lors de son annonce à Laval vendredi après-midi, le premier ministre Philippe Couillard a fait valoir qu’il s’agissait là « d’une étape de non-retour où il y a juste une direction, vers l’avant, la fin des travaux ».

M. Couillard, qui était accompagné de son ministre des Transports, André Fortin, a insisté pour dire qu’il n’y avait « plus de retour en arrière possible » à ce point-ci.

Le prolongement de cette autoroute fait l’objet de discussions depuis plus de 40 ans. Ses nombreux retards ont incité des élus et des agents économiques de Laval et de municipalités des Basses-Laurentides à créer en novembre 2006 la Coalition 19. Cette région est aux prises avec d’importantes congestions routières quotidiennes depuis de très nombreuses années.

Le projet prévoit la construction de trois voies dans chaque direction, dont certaines qui seront réservées aux autobus, aux véhicules électriques et au covoiturage.

Quatre nouveaux échangeurs seront construits, en plus d’un échangeur déjà présent qui sera réaménagé. Québec prévoit aussi de bâtir un nouveau pont à l’est du pont Athanase-David, qui relie Laval à Bois-des-Filions.

Un nouveau stationnement incitatif sera aussi établi à l’intersection de l’autoroute 19 et de la 640, en plus d’une piste polyvalente pour le transport actif et récréatif.

Échéancier et budget

Un appel d’offres sera lancé prochainement pour les plans et devis du projet.

Le gouvernement anticipe que les travaux devraient finir en 2025 et il évalue que le coût du projet oscillera entre 500 et 600 millions.

« L’échéancier et le coût total du projet se préciseront dans le cadre de l’élaboration des plans et devis et travaux, mais déjà on envisage le début des travaux pour la route elle-même pour 2020 », a déclaré M. Couillard en conférence de presse.

Il a toutefois précisé que le gouvernement « ne tournerait pas les coins rond » pour accélérer les démarches. « On va faire les choses comme il faut, toutes les étapes seront respectées. On va faire une gestion étroite du projet afin de le livrer au coût le plus avantageux possible, le plus rapidement possible », a-t-il expliqué.

Du « recyclage », selon la CAQ

Puisque le projet est dans les cartons depuis longtemps, la Coalition avenir Québec a accusé le gouvernement libéral de « recycler » une annonce, déjà effectuée en 2010 par Jean Charest.

« Je n’en reviens tout simplement pas. Jean Charest et Julie Boulet étaient sur place, il y a huit ans presque jour pour jour, pour annoncer exactement le même projet. Philippe Couillard nous fait vivre exactement la même scène aujourd’hui. Croit-il que les citoyens ont oublié et qu’ils n’ont pas remarqué son inaction des dernières années ? » a déclaré le député de la CAQ Mario Laframboise dans un communiqué.

La CAQ, qui est d’accord avec l’essentiel de ce projet, a rappelé qu’elle s’engageait à commencer le plus rapidement possible les travaux.