Inconduite sexuelle: l’opposition accuse le PLQ de «cover-up»

Le député libéral d'Argenteuil, Yves St-Denis, à son bureau de circonscription à Lachute, en février 2015
Photo: Dominic Chartrand CC Le député libéral d'Argenteuil, Yves St-Denis, à son bureau de circonscription à Lachute, en février 2015

Les partis d’opposition se sont ligués mercredi matin pour dénoncer le « cover-up » du Parti libéral du Québec (PLQ), qui aurait été avisé dès 2014 de plaintes d’inconduite sexuelle visant le député d’Argenteuil, Yves St-Denis.

Les membres du gouvernement libéral ont répliqué en annonçant « des vérifications » sur cette affaire, qui a mené l’élu des Laurentides à quitter le caucus libéral mardi. Les instances du PLQ ont répété que « des vérifications étaient en cours » et refusé de donner davantage de détails.

Selon des informations publiées par La Presse mercredi, une première dénonciation visant Yves St-Denis a été étouffée par le PLQ en 2014. Non seulement le parti aurait-il ignoré l’appel à l’aide de la victime, il l’aurait de surcroît invitée, « sans détour », à se taire. Yves St-Denis aurait aussi envoyé des photos explicites à deux autres employées de la permanence du parti.

Cette version des faits contraste avec celle présentée mardi par les libéraux, qui ont alors dit avoir été avisés en décembre d’une plainte visant le député St-Denis.

Selon l’opposition, il s’agit ni plus ni moins d’une tentative de cacher la vérité. « Il y a un scandale sexuel, une tentative de cover-up par le Parti libéral et ça a fini par sortir dans les médias. Et donc là, on simule une espèce de problème moral, du jour au lendemain », a ironisé la députée caquiste Geneviève Guilbault.

« Ça a tout l’air d’un camouflage », a poursuivi le député solidaire Gabriel Nadeau-Dubois. « [Le Parti libéral] a tenté d’étouffer l’affaire […] et c’est inquiétant. »

Le député péquiste Sylvain Pagé a ajouté qu’il était « triste qu’on soit obligé d’attendre d’être devant les médias pour qu’une formation politique agisse ».

Des « vérifications »

L’histoire a éclaté au grand jour mardi, après qu’une employée du PLQ eut révélé au réseau Cogeco que le député St-Denis lui avait envoyé des photos sexuellement explicites en 2014.

Le principal intéressé a reconnu les faits, mais plaidé que la femme était « consentante ». Il a ensuite quitté les rangs du caucus libéral.

Dans la foulée, la whip libérale, Nicole Ménard, a déclaré avoir été avisée d’une plainte visant le député St-Denis en décembre dernier. Elle a dit estimer qu’elle n’avait pas à intervenir auprès de l’élu, puisque la plainte était confidentielle.
 

Voyez la réaction de la whip libérale Nicole Ménard à l’affaire St-Denis.

 

Le PLQ a néanmoins été informé du fait, si bien qu’il a pris soin de reporter l’investiture libérale dans Argenteuil.

Nous, ce qu'on demande, c'est qui, au Parti libéral, savait quoi, et depuis quand

 

« Nous, ce qu’on demande, c’est qui, au Parti libéral, savait quoi, et depuis quand ? » a demandé Geneviève Guilbault. « Est-ce que M. Couillard savait ? » a ajouté Gabriel Nadeau-Dubois.

Réponse de Couillard

Les médias ont posé la question au premier ministre. « Dès que j’ai lu ces déclarations, je me suis assuré que les vérifications en cours au parti couvrent également cet élément-là, et ça va être le cas. Je veux en avoir le coeur net. Ce n’est pas vrai qu’on va banaliser cette situation-là », a-t-il assuré.

La ministre responsable de la Condition féminine, Hélène David, a fait référence à ces vérifications quand elle a été interpellée au Salon bleu. « Ce n’est certainement pas moi, à titre de ministre de la Condition féminine, [qui vais] aller plus loin », a-t-elle ajouté.

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