Le PQ opte pour Jean-Martin Aussant dans Pointe-aux-Trembles

Jean-Martin Aussant se dit «convaincu» que le Parti québécois conservera Pointe-aux-Trembles lors des élections d’octobre.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Jean-Martin Aussant se dit «convaincu» que le Parti québécois conservera Pointe-aux-Trembles lors des élections d’octobre.

Jean-Martin Aussant, ex-député et fondateur d’Option nationale, sera le candidat du Parti québécois (PQ) dans Pointe-aux-Trembles lors des élections provinciales d’octobre.

Il a été élu avec 64 % des voix dimanche après-midi, devançant son adversaire, Maxime Laporte, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, qui a quant à lui recueilli 36 % des voix.

Les 530 membres du PQ dans cette circonscription de l’est de l’île étaient invités dimanche au Centre communautaire Roussin pour choisir leur candidat.

Devant la foule, M. Aussant a tout d’abord remercié ses militants avant d’appeler « au rassemblement de tous et toutes en vue de l’élection qui s’en vient ».

« Aucune campagne électorale ne peut être prise pour acquise, donc on va travailler fort comme on l’a toujours fait. […] Mais on va garder [la circonscription], j’en suis convaincu », a-t-il déclaré, disant avoir hâte de plonger dans la campagne électorale.

Le nouveau candidat ne compte pas perdre de temps pour convaincre les électeurs que « c’est au Parti québécois qu’ils doivent donner leur confiance ». « Il faut aller voir les gens et le porte-à-porte commence dès demain dans mon cas », a-t-il assuré.

L’économiste de formation, âgé de 47 ans, compte bien séduire les électeurs en misant sur la souveraineté du Québec, son cheval de bataille depuis ses premiers pas en politique. « Il y a bien des choses à réparer au Québec, mais il faut bien évidemment mettre l’accent sur l’indépendance nationale », a-t-il dit.

En février dernier, M. Aussant a fait son grand retour en politique en annonçant sa candidature sous la bannière du PQ, qu’il avait quitté en 2011. Il a rapidement reçu le soutien de plusieurs députés de la formation, dont la vice-chef Véronique Hivon, ainsi que la députée sortante Nicole Léger.

Présente à ses côtés lors du rassemblement, Mme Léger s’est dite « très heureuse » de passer les rênes à M. Aussant, qui a « le profil qu’il faut pour affronter [ses adversaires aux élections] au mois d’octobre ».

Si elle a pu garder ce château fort péquiste pendant 22 ans, elle estime toutefois que rien n’est acquis et se dit prête à venir en renfort à M. Aussant pendant la campagne. « Je vais être à ses côtés, s’il a besoin de moi je serai là. »

M. Laporte et M. Aussant, qui ne vivent pas dans la circonscription mais ailleurs sur l’île de Montréal, se sont mené une chaude lutte ces dernières semaines, allant à la rencontre des électeurs de Pointe-aux-Trembles.

Confiant jusqu’à la dernière minute, Maxime Laporte ne s’est pas laissé abattre par la nouvelle, se montrant tout sourire aux côtés de son opposant. Il a salué les mérites de M. Aussant, assurant qu’ils « travailleront ensemble ».

S’il n’a pas totalement exclu la possibilité de se présenter dans une autre circonscription prochainement, M. Laporte a expliqué dimanche qu’il était pour le moment « trop tôt » pour prendre une telle décision.

Dans cette course à l’investiture, l’avocat de 30 ans avait reçu l’appui de l’ancien premier ministre Bernard Landry ainsi que du député fédéral de La Pointe-de-l’Île, le bloquiste Mario Beaulieu.

Tout en félicitant son parti d’avoir été en mesure d’organiser une « belle campagne démocratique », M. Laporte en a profité pour lancer quelques flèches à la Coalition avenir Québec en critiquant son processus de désignation des candidats. « C’est ça qui est beau avec le Parti québécois, ce n’est pas comme la “compagnie avenir Québec”, ce n’est pas le p.-d.g. qui nomme [les candidats], ce sont les membres », a-t-il lancé.

Bataille à venir

Lors des élections provinciales de cet automne, Jean-Martin Aussant tentera de se faire élire député dans cette circonscription montréalaise qui appartient au PQ depuis sa création, en 1988.

Il fera notamment face à Chantal Rouleau, la candidate pour la Coalition avenir Québec (CAQ), qui est également la mairesse de l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. Dans les rangs de l’équipe de l’ex-maire Denis Coderre, Mme Rouleau a résisté à la vague Projet Montréal, le parti de la mairesse Valérie Plante.

En choisissant Mme Rouleau, la CAQ espère ainsi faire une percée sur l’île de Montréal, où aucun député ne porte les couleurs du parti à l’heure actuelle.

Aux élections de 2014, Nicole Léger avait remporté l’élection avec plus de 43 % des voix, contre son rival caquiste, Mathieu Binette, qui avait récolté un peu plus de 24 % du vote.