Migrants: Heurtel demande à Ottawa de s’adapter à la «nouvelle réalité»

En 2017, 25 000 personnes ont franchi la frontière entre les États-Unis et le Québec de façon irrégulière.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir En 2017, 25 000 personnes ont franchi la frontière entre les États-Unis et le Québec de façon irrégulière.

Le ministre québécois de l’Immigration, David Heurtel, implore le gouvernement fédéral de soutenir davantage le Québec, qui est au point de « saturation » face à la migration irrégulière massive à la frontière canado-américaine, une « nouvelle réalité » qui n’est pas éphémère, selon lui.

« Il faut que le gouvernement fédéral réalise qu’on est dans une nouvelle donne. Et ça ne changera pas », a soutenu M. Heurtel, lors d’un événement de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, vendredi après-midi.

« C’est une nouvelle réalité, on va avoir ça tous les ans, ça n’arrêtera pas », a-t-il renchéri.

Le gouvernement québécois a recensé 5700 traversées irrégulières depuis le début de l’année, alors qu’il y en avait eu 2000 à pareille date l’an dernier. En 2017, 25 000 personnes avaient franchi la frontière entre les États-Unis et le Québec de façon irrégulière, ce qui représente une augmentation de 700 % par rapport à l’année précédente.

Besoin de ressources

Selon le ministre Heurtel, ce mouvement de population « n’est pas une aberration » et est voué à se poursuivre, comme c’est le cas dans d’autres régions du monde.

M. Heurtel exhorte ainsi Ottawa à verser plus d’argent au Québec, qui a reçu 50 % de tous les demandeurs d’asile arrivés l’an dernier, a-t-il indiqué, rappelant que le gouvernement fédéral était entièrement responsable des réfugiés en vertu de la Constitution.

« Nous, nos ressources sont saturées. On ne peut pas revivre des situations comme le Stade olympique », a-t-il déclaré, faisant référence à la situation de l’an dernier, lorsque des milliers de migrants avaient dû être hébergés au stade montréalais.

« Ce n’est pas juste de les héberger temporairement. Les enfants doivent aller à l’école, il y a des besoins en santé, les services à l’employabilité, l’accès à la justice », a-t-il ajouté.

Le gouvernement demande « au minimum » 146 millions au gouvernement fédéral seulement pour l’an dernier, a indiqué M. Heurtel.

Il y a quelques semaines, le ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen, semblait réticent à augmenter sa contribution, affirmant que le gouvernement Trudeau en avait « déjà fait beaucoup » pour le Québec dans ce dossier.

« Si vous examinez les différentes façons dont nous avons géré cet enjeu, nous en avons fait beaucoup particulièrement en ce qui concerne le Québec », avait-il déclaré

M. Heurtel a par ailleurs incité le gouvernement fédéral à accélérer le processus de demandes d’asile, qui était beaucoup trop long même avant la vague de l’an dernier, selon lui.

« Ce qu’on veut, nous, c’est un processus de demande d’asile qui va beaucoup plus vite. Ça marche, c’est possible, d’autres pays l’ont fait », a-t-il plaidé.