Plaidoyer pour des prix planchers à la SAQ

Des boissons à haute teneur en alcool comme Four Loko ou FCKD UP pourraient être vendues à prix dérisoires, estime l'Association des brasseurs du Québec.
Photo: Elaine Thompson Associated Press Des boissons à haute teneur en alcool comme Four Loko ou FCKD UP pourraient être vendues à prix dérisoires, estime l'Association des brasseurs du Québec.

L’Association des brasseurs du Québec (ABQ) s’inquiète de la possibilité que la Société des alcools du Québec (SAQ) puisse vendre des boissons sucrées à haute teneur en alcool – comme Four Loco ou FCKD UP – à des prix dérisoires, puisque la société d’État n’est pas soumise à la réglementation sur les prix planchers. 

« Ultimement, quand tu n’es pas assujetti à un prix minimum et que ton travail est d’être une société qui vend des produits d’alcool, tu es bien libre de fixer le prix que tu veux », s’est inquiété mercredi le directeur général de l’ABQ, Patrice Léger-Bourgoin, dans un entretien avec Le Devoir.

Dans le mémoire qu’il présentera lors des consultations sur le projet de loi 170, qui modifie diverses dispositions législatives en matière de boissons alcooliques, il fera valoir l’importance de soumettre l’ensemble des détaillants du Québec « aux mêmes règles de commercialisation et de promotion ».

Comme d’autres, l’ABQ s’inquiète du « virage commercial de la SAQ », qui est soumise à des lois différentes des détaillants privés en raison de son rôle historique de « régulateur social ».

Retiré des épiceries

Québec a annoncé le retrait des boissons alcoolisées sucrées des tablettes des dépanneurs et des épiceries en mars, deux semaines après la mort d’une adolescente qui en aurait consommé. Le gouvernement a laissé le soin à la SAQ de décider si elle bannira, elle aussi, ce type de boisson de ces succursales. La société d’État n’a toujours pas annoncé ses intentions.

Mais si elle décide de vendre les Four Loko, FCKD UP et autres boissons énergisantes à haute teneur en alcool, « comment va-t-elle traiter ces produits-là dans ses succursales ? » a demandé M. Léger-Bourgoin. « Et on voudrait bien savoir : quelle est la position de la SAQ en matière de prix ? »

La société d’État n’est pas soumise au prix plancher pour la vente de ses produits, a confirmé Linda Bouchard, responsable des relations de presse à la SAQ. Lorsqu’elle vend de la bière ou des boissons à base de malt, elle s’engage néanmoins à « respecter le principe » du prix minimum, a assuré la porte-parole. Et si les boissons alcoolisées sucrées arrivent sur les tablettes de la SAQ, « il va falloir réfléchir à comment on va faire les choses », a-t-elle convenu.

Patrice Léger-Bourgoin y est allé d’une proposition plus directe. « Si on considère la SAQ comme un commerce de détail comme un autre […], qu’elle soit traitée, d’un point de vue réglementaire, comme un autre », a-t-il lancé.

Dans son mémoire, l’ABQ réclame en outre que le mécanisme de prix minimum sur la bière soit revu et étendu à tous les types d’alcool, tel que le recommande l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). L’INSPQ demande aussi que le prix plancher soit ajusté selon la concentration en alcool des boissons. Québec a fait fi de ses recommandations sur le prix minimum lors de la présentation de sa nouvelle réglementation sur l’alcool.