Les Québécois veulent une parité parfaite

Les femmes sont plus attachées au principe de la parité, ainsi que les jeunes de 18-34 ans.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les femmes sont plus attachées au principe de la parité, ainsi que les jeunes de 18-34 ans.

La parité dans les candidatures politiques ? Certainement, répondent sans hésiter les Québécois — qui voudraient même que les partis aillent plus loin que ce que la plupart promettent, indique un sondage Léger-Le Devoir.

Près de sept répondants sur dix (69 %) pensent ainsi que les « partis politiques devraient avoir autant de femmes que d’hommes parmi leurs candidats ».

Les femmes sont plus attachées au principe, avec 79 % de réponses positives, de même que les jeunes de 18-34 ans (74 %). Les électeurs de Québec solidaire (82 %) y sont plus favorables que les autres, alors que les caquistes (62 %) paraissent moins convaincus — bien qu’ils soient néanmoins largement pour le principe.

Ils sont par ailleurs 22 % de répondants à répondre non à la question posée. Les hommes (32 %), les résidents de Québec (33 %) et les non-francophones (27 %) forment les sous-groupes les plus représentatifs des non-partisans de la parité.

Les résultats indiquent ainsi que les Québécois sont déjà rendus plus loin que les quatre partis politiques représentés à l’Assemblée nationale. Ceux-ci promettent tous minimalement que leur bassin de candidates pour le 1er octobre sera dans la zone paritaire, qui débute à 40 %. Le sondage parle pour sa part d’un appui à une égalité complète — ce que propose (et a atteint dans les dernières élections) Québec solidaire.

Lors d’un dîner organisé lundi par l’organisme La Gouvernance du féminin, François Legault a évoqué son souhait « d’avoir le plus de femmes possible, le plus proche possible du 50-50 sur les 125 candidats ».

Il a en outre promis que, s’il est élu premier ministre, son cabinet sera paritaire. Selon lui, l’important pour y arriver est surtout d’avoir 50 % de candidates dans les circonscriptions où la CAQ a des chances de remporter la victoire. Le Parti québécois et Québec solidaire promettent aussi des conseils des ministres paritaires s’ils remportent les élections.

Une loi ?

Les données du sondage sont dévoilées le jour même où le Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD) fera parvenir aux chefs des quatre partis un Manifeste en faveur de la représentation paritaire des femmes et des hommes à l’Assemblée nationale.

Le document, dont Le Devoir a obtenu copie, propose l’adoption d’un projet de loi qui forcerait les partis politiques à « présenter une liste de candidatures dans une zone de parité d’au moins 40 % de femmes » pour l’élection suivant l’adoption du projet de loi. Ce seuil passerait ensuite à 45 % à l’élection suivante.

C’est là une proposition semblable à celles du Conseil du statut de la femme (depuis 2015) et du Comité des femmes de l’Amicale des anciens parlementaires.

« Il est possible de corriger la sous-représentation des femmes en politique, soutient le manifeste. Il est plus que temps de le faire afin d’accéder à une pleine démocratie sans attendre une éventuelle réforme du mode de scrutin », dit-on. GFPD estime que seul un changement législatif permettrait de « favoriser durablement » la parité, plutôt que cela soit laissé au bon vouloir des partis.

En 2014, tous partis confondus — y compris ceux non représentés à l’Assemblée nationale —, il y avait 241 femmes sur un total de 814 candidats (29,6 %). Elles sont 34 à avoir été élues (27,2 %).

Le sondage a été mené en ligne du 6 au 8 avril auprès de 1019 Québécois. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de 3,1 %, dans 19 cas sur 20.