Manon Massé défend le droit à la dissidence des membres de Québec solidaire

La porte-parole solidaire Manon Massé défend le droit à la dissidence des membres de son parti.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne La porte-parole solidaire Manon Massé défend le droit à la dissidence des membres de son parti.

Manon Massé défend le droit à la dissidence des membres de Québec solidaire. Du coup, Vincent Marissal et Ève Torres, respectivement candidat à l’investiture dans Rosemont et candidate à l’investiture dans Mont-Royal-Outremont, ont leur place au sein de QS, et ce, même s’ils ne souscrivent pas complètement au programme du parti politique en matière de laïcité.

« À Québec solidaire, ce qu’on demande des gens qui aspirent à devenir des candidats pour Québec solidaire, c’est d’adhérer à nos positions. Et ceci étant dit, le droit de dissidence à Québec solidaire, ça existe, ça s’exprime dans un cadre défini par le parti, et ce n’est pas dramatique parce que les blocs monolithiques, ce n’est pas vivant. Puis, de faire taire du monde qui ne pense pas exactement comme toi, ce n’est pas l’expression d’une vie démocratique saine », a plaidé Mme Massé mardi.

 

 

À titre de représentants de QS, M. Marissal et Mme Torres souscrivent aux recommandations du rapport Bouchard-Taylor, y compris celle d’interdire aux employés de l’État en position de coercition d’arborer un signe religieux ostensible, a fait valoir Mme Massé mardi. Tous deux défendent « tout à fait ce nécessaire compromis politique au Québec » intégré au programme de QS, a-t-elle dit à la presse.

« Alors, ce que lui [M. Marissal] ressent personnellement quand il dit “moi, ça ne me dérangerait pas [de me faire interpeller par un policier portant un turban]” versus le positionnement politique nécessaire pour faire avancer et tourner la page de ce débat-là, c’est deux choses », a déclaré la porte-parole de QS à son retour à l’Assemblée nationale après une semaine de relâche parlementaire.

Même si elle arbore fièrement le hidjab et a attaqué la constitutionnalité de la « loi 62 » qui requiert la prestation et la réception de services publics « à visage découvert », « Mme Torres aussi considère clairement que, dans le débat politique actuel, Bouchard-Taylor, c’est le compromis », a-t-elle ajouté. « On parle d’un compromis. Et c’est vrai pour plusieurs acteurs à Québec solidaire. Mais notre position, elle la défend. »

Le projet de charte de la laïcité de l’État québécois, qui a été dévoilé par Françoise David à l’automne 2013, « exige la neutralité religieuse et l’absence de prosélytisme des employés de l’État dans la dispensation des services ». « Le port de signes religieux est interdit uniquement pour les personnes qui exercent un pouvoir de coercition au nom de l’État (juges, policiers, procureurs, gardiens de prison) », peut-on notamment lire.

Les « nouvelles candidatures » de M. Marissal et de Mme Torres « ébranlent les anciennes positions » de QS en matière de laïcité, a fait valoir la députée péquiste Agnès Maltais.


Marissal « barouetté » par Lisée

Manon Massé estime que l’ex-chroniqueur à La Presse Vincent Marissal a été « barouetté » depuis l’annonce de sa candidature à l’investiture de QS dans Rosemont, circonscription détenue à l’heure actuelle par le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, il y a une semaine. « Tabarnouche ! Je le trouve fait fort. Il a été barouetté parce que, dans les faits, ça démontre que Québec solidaire, on commence à être pris au sérieux en tabarnouche », a-t-elle lancé en point de presse mardi.