La communauté attikamek de Manawan obtient une ambulance

Depuis la noyade d’une enfant de huit ans en septembre 2016, le chef Jean-Roch Ottawa et les maires des municipalités avoisinantes ont multiplié les sorties médiatiques et les appels aux élus afin qu’une ambulance desserve la communauté de 2000 personnes.
Photo: Missatikamekw CC Depuis la noyade d’une enfant de huit ans en septembre 2016, le chef Jean-Roch Ottawa et les maires des municipalités avoisinantes ont multiplié les sorties médiatiques et les appels aux élus afin qu’une ambulance desserve la communauté de 2000 personnes.

Ça aura pris 20 ans de négociations et les noyades de deux fillettes, mais la communauté attikamek de Manawan, dans Lanaudière, aura finalement son ambulance, a annoncé le ministère de la Santé jeudi.

Depuis le 1er septembre 2016, la nécessité d’obtenir une ambulance avait pris davantage de signification pour le chef de Manawan, Jean-Roch Ottawa, et les maires des villes avoisinant sa communauté.

Cette journée-là, la noyade de Sakay-Ann Ottawa, huit ans, a bouleversé la communauté de 2000 personnes, qui s’est trouvée à revivre des événements survenus huit ans plus tôt.

Le 3 septembre 2009, la mort par noyade de Jaylia Jacob, deux ans, avait mis en lumière la déficience des services ambulanciers à Manawan. Il avait fallu un peu plus d’une heure avant qu’une ambulance arrive dans la communauté, puis une autre avant que la fillette soit admise dans un CLSC.

C’est finalement six heures et demie après que Jaylia Jacob est tombée dans l’eau qu’elle a pu être admise dans un hôpital de Montréal. Son décès a été constaté le lendemain matin.

Déjà, à l’époque, le coroner Jean Brochu suggérait de « réfléchir à des moyens de réduire » les délais des ambulances, précisant néanmoins ne pas être « certain » que la diminution de ceux-ci aurait pu améliorer les chances de survie de l’enfant.

Colère et discrimination

Devant la Commission sur les relations entre les autochtones et certains services publics, le père de Jaylia Jacob a témoigné il y a dix jours concernant cet épisode. « Parce que nous sommes des autochtones, nous n’avons pas droit aux mêmes services », a déploré Jean-Roch Ottawa.

Dans l’attente d’un geste de Québec, le chef attikamek a dit croire que sa communauté était victime de discrimination. Les maires des villes voisines se sont ralliés à sa cause, notamment parce que l’envoi d’une ambulance vers Manawan signifiait jusqu’ici que leur région se retrouvait à découvert.

Mais voilà : après les avoir ignorés dans une première annonce concernant l’ajout d’ambulances en novembre, Québec a finalement choisi d’assurer la desserte ambulancière de Manawan.

« Le ministre a pris la décision qui s’imposait, au nom de l’équité et de la justice, s’est réjoui Jean-Roch Ottawa. En plus d’assurer notre sécurité, la présence d’une ambulance à Manawan permettra assurément d’agir plus tôt dans les moments les plus critiques et pourra potentiellement sauver des vies. »

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