Projet de loi 128: la consultation polarise le débat sur les pitbulls

Selon les médecins vétérinaires, établir une liste de races de chiens dangereux est «utopique et inapplicable».
Photo: iStock Selon les médecins vétérinaires, établir une liste de races de chiens dangereux est «utopique et inapplicable».

Le projet de loi 128, qui vise à bannir les pitbulls, suscite des opinions très tranchées : il y a les pour et il y a les contre.

C’est ce qui ressort de la première journée de consultation menée sur ce projet de loi controversé, qui vise à définir un meilleur encadrement pour les chiens jugés dangereux ou qui ont le potentiel de le devenir.

Sur le plan politique, un projet de loi qui polarise autant l’opinion publique, à quelques mois d’une échéance électorale, devient un pari risqué.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, qui pilote le dossier, se dit d’ailleurs bien conscient de l’enjeu.

Pas question de porter « des lunettes roses » et d’espérer faire l’unanimité, a-t-il commenté lors d’une mêlée de presse, mardi. Ce projet de loi « est polarisant, on le sait », a-t-il ajouté, espérant que la consultation de trois jours débouche malgré tout sur « un point de ralliement du plus grand nombre ».

Il reste cependant peu de temps au ministre pour bâtir des consensus, le calendrier parlementaire prenant fin à la mi-juin, alors que l’étude de son projet n’est même pas encore commencée. Les premiers intervenants entendus mardi laissent croire que le consensus sera difficile à atteindre.

Le projet de loi 128 a été rédigé à la suite de la tragédie qui a frappé Christiane Vadnais, cette Montréalaise attaquée et mordue à mort par un pitbull en juin 2016.

Mardi, sa soeur Lise est venue dire au gouvernement qu’il ne devait pas reculer et qu’il devait adopter la loi au plus vite pour protéger la population.

Mais tout le monde n’est pas de cet avis. Les médecins vétérinaires sont venus dire au ministre qu’établir une liste de races de chiens dangereux est « utopique et inapplicable ».