La prospection commerciale à l’étranger en tête des priorités pour François Legault

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, prenait la parole lundi lors d’un déjeuner-causerie organisé par le Conseil des relations internationales de Montréal.
Photo: Catherine Legault Le Devoir Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, prenait la parole lundi lors d’un déjeuner-causerie organisé par le Conseil des relations internationales de Montréal.

La prospection commerciale figurera en tête des priorités de la machine diplomatique québécoise si la Coalition avenir Québec est portée au pouvoir, promet François Legault.

De ce fait, la présence du Québec à l’international ne ratatinera pas s’il se voit confier les commandes de l’État québécois. « Maintenant, nos délégations à l’étranger doivent en faire beaucoup plus pour aider nos entreprises à exporter davantage », a-t-il plaidé devant les quelque 500 participants d’un déjeuner-causerie organisé par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) lundi.

Prônant un « nationalisme économique légitime et réfléchi », M. Legault a aussi appelé à « accélérer la diversification de nos marchés d’exportation et de nos liens commerciaux » tout en citant l’Europe, l’Amérique latine, l’Asie et l’Afrique où il y a un « bouillonnement ».

Les « poussées protectionnistes » du gouvernement Trump commandent une « intensification » des liens entre le Québec et ses partenaires politiques et économiques aux États-Unis, a-t-il poursuivi.

« Il faut aussi éviter d’être naïfs. Il faut aussi agir avec plus de force chez nous » notamment en exigeant « un minimum de contenu local dans les projets financiers par le gouvernement » à commencer par le matériel roulant des différents projets de transport collectif.

M. Legault a aussi plaidé en faveur d’une « immigration réussie » — qui « correspon[d] d’abord aux besoins de notre marché du travail » pour « ensuite les franciser » — pour pallier la pénurie de main-d’oeuvre appréhendée par les gens d’affaires aux quatre coins du Québec.

Les « limites » du test des valeurs

D’ailleurs, il a réitéré sa promesse d’assujettir les nouveaux arrivants à un test de langue, mais également un « test des valeurs », même si ce dernier présente des « limites ». « Une personne peut apprendre les 5, les 10, 15 valeurs par coeur même si elle n’y croit pas », a-t-il admis à près de six mois des prochaines élections générales. Malgré cela, « il y aura les deux » — un test de valeurs et un test de langue — si la CAQ se voit confier les commandes de l’État québécois le 1er octobre prochain.

À tout le moins, le « test de valeurs » forcera les immigrants à connaître les valeurs définissant la nation québécoise, selon M. Legault. « Pour l’instant, on doit de contenter d’envoyer un signal, de dire : “sachez, si vous voulez vivre au Québec, chez nous, les femmes sont égales aux hommes”», a-t-il déclaré après une allocution devant le CORIM lundi après-midi. « Il y a quand même un certain engagement qui est pris de la part du nouvel arrivant », a-t-il ajouté.

Un demandeur de citoyenneté canadienne pourra « apprendre par coeur les valeurs » de la culture québécoise, mais pas les rudiments de la langue française. « Donc, en pratique, ce qui va être difficile, c’est de réussir le test de français », a fait remarquer le chef caquiste.

Cela dit, « près de 100 % » des Québécois de langue maternelle française, y compris la vaste majorité des analphabètes (niveaux -1 et 1 de littératie) qui forment près de 20 % de la population québécoise, réussiraient l’évaluation des compétences linguistiques destinée aux nouveaux arrivants, qui se trouve dans les cartons de la CAQ, a précisé François Legault. « On veut un test de base, pour être capable de se débrouiller en français. On ne va pas exiger des connaissances en littérature », a-t-il dit à la presse. Un immigrant devra le réussir tout au plus trois ans après son arrivée au Québec.

Quelques minutes plus tôt, il avait insisté sur le « devoir » du premier ministre québécois, qui « représente la seule nation francophone en Amérique du Nord », d’« afficher avec fierté ce fondement de notre identité ».

L’hydroélectricité est « l’affaire du siècle », selon Legault

François Legault propose la formation d’une « alliance énergétique » avec l’Ontario et les provinces de l’Atlantique, qui permettra notamment de trouver de nouveaux débouchés à l’hydroélectricité québécoise. « [Les provinces de l’Est] ont un poids immense à l’intérieur du Canada. En s’alliant autour de la question de l’énergie, ce bloc deviendrait vite incontournable », a-t-il fait valoir.