«Nationalisme ethnique»: Leitão refuse de s’excuser

Le ministre des Finances, Carlos Leitão
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le ministre des Finances, Carlos Leitão

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, refuse de présenter ses excuses à la Coalition avenir Québec, qu’il a accusée dans une entrevue à The Gazette d’être partisane du « nationalisme ethnique ».

« Les propos que j’ai tenus la semaine dernière ne visaient surtout pas à caractériser la CAQ ou M. Legault comme raciste. Je vous mets au défi de trouver ces mots-là », a-t-il déclaré à la sortie d’une séance du Conseil des ministres.

En effet, M. Leitão n’a, à aucun moment, taxé la CAQ de raciste durant son entrevue à The Gazette la semaine dernière. En revanche, le député de Robert-Baldwin a reproché au favori des sondages de s’être drapé d’un nationalisme ethnique. « Le genre de nationalisme que propose la CAQ est, à mon avis, un nationalisme ethnique. Je n’ai pas peur des mots. C’est ça qui est ça. Ils considèrent que la majorité française est attaquée par tous ces étrangers », a-t-il affirmé dans un entretien publié mercredi.

Wikipédia

M. Leitão s’est abstenu de réitérer ces propos à la presse parlementaire mercredi. « [Les caquistes] aiment mieux diviser que mobiliser. […] Ils aiment bien souligner les différences qu’il y a entre les différents groupes de la société », s’est-il contenté de dire avant de s’éloigner au pas de course.

De son côté, un stratège libéral a transmis au Devoir un extrait de l’entrée « nationalisme ethnique » ou « ethnonationalisme » de l’encyclopédie libre Wikipédia : « Le thème central des tenants du nationalisme ethnique est que les nations ont chacune leur identité incontournable, définie par un patrimoine commun qui peut comprendre même une langue, culture, religion ou foi religieuse, histoire, origine ethnique, des mêmes traditions, coutumes, moeurs et un attachement affectif à la terre. Quant à un nationalisme qui se fonderait sur des “liens du sang” ou biologiques, cela renvoie plutôt à une autre idéologie, soit le racisme. » « Personne n’a dit qu’il [M. Legault] était raciste », a insisté le conseiller politique.

« Sale petite politique »

François Legault s’est indigné des propos tenus par M. Leitão dans le quotidien anglophone montréalais The Gazette. « C’est de la sale petite politique. Je pense que là, les libéraux viennent de dépasser les bornes », a-t-il lancé, bleu de colère. La sortie médiatique du ministre des Finances s’inscrit dans une « une campagne préméditée de mensonges organisés, de salissage » du Parti libéral du Québec contre la CAQ. M. Legault a réclamé des excuses, mais en vain.

Le premier ministre Philippe Couillard a accusé dans le passé la CAQ de « souffler sur les braises de l’intolérance » en proposant de resserrer le nombre d’immigrants admis au Québec. « Mais là, dire que la CAQ est un parti de nationalistes ethniques ! » s’est exclamé M. Legault, avant de préciser ne jamais avoir entendu « une déclaration aussi directe » de la part d’un élu libéral. « On va voir c’est quoi l’impact [dans l’opinion publique], mais moi, je ne peux pas croire que Philippe Couillard, que le premier ministre du Québec va cautionner de tels propos », a-t-il poursuivi.

C’est de la sale petite politique. Je pense que, là, les libéraux viennent de dépasser les bornes.

 

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a pour sa part dénoncé l'« intolérance crasse » de M. Leitão et M. Couillard à l’égard des formations politiques qui « offrent d’autres visions de l’identité et du nationalisme » que celle défendue par le PLQ. « La nation, c’est un beau mot. L'identité, c’est un beau mot. Mais “ethnique”, ça n’a rien à voir là-dedans », a-t-il lâché. « Les libéraux pensent faire des gains avec ça chez les non-francophones. Ils le pensent. Mais moi, je fais le pari que les non-francophones en ont aussi soupé de ce cynisme, de ces accusations qui n’ont pas de relations avec la réalité. »

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