Le PQ veut hausser la limite de vitesse sur les autoroutes

Le PQ a proposé de lancer un projet-pilote qui permettrait de tester, sur un tronçon routier donné, une vitesse maximale de 120 km/h, qui serait modulée en fonction des conditions météorologiques.
Photo: Getty Images Le PQ a proposé de lancer un projet-pilote qui permettrait de tester, sur un tronçon routier donné, une vitesse maximale de 120 km/h, qui serait modulée en fonction des conditions météorologiques.

Le ministre des Transports, André Fortin, a refusé mercredi une proposition du Parti québécois (PQ) pour tester la limite de 120 km/h sur les autoroutes, ce à quoi un député péquiste a répliqué en suggérant de prendre en défaut les automobilistes qui dépassent la limite actuelle de 100 km/h.

« En réalité, ce que je dis, c’est collons-nous sur la réalité qu’on connaît et sinon, appliquons la loi comme il se doit », a lancé le député péquiste de Berthier, André Villeneuve, pendant l’étude du projet de loi visant à moderniser le Code de la sécurité routière.

Dans l’espoir de mettre fin au « système d’hypocrisie, où on laisse aller les choses jusqu’à 120 km/h sans intervenir », le PQ a proposé de lancer un projet-pilote qui permettrait de tester, sur un tronçon routier donné, une vitesse maximale de 120 km/h, qui serait modulée en fonction des conditions météorologiques.

« Certains pourront dire qu’on veut augmenter la vitesse sur les autoroutes, mais en réalité, soyez francs : on ne l’augmenterait pas, on se collerait à la réalité actuelle. Présentement, il y a une tolérance à 118, 119, voire 120 km/h », a expliqué le député Villeneuve, insistant sur son souci d’améliorer la sécurité routière.

Exemple en C.-B.

Le ministre Fortin ne s’est pas rangé à ses arguments, préférant se rallier à des études qui illustrent que, « dès qu’on augmente la limite de vitesse, on met à risque la sécurité sur nos routes », selon ce qu’il a déclaré. « Ça nous semble être une mesure qui augmenterait les risques sur les autoroutes du Québec, donc ce n’est pas quelque chose qu’on veut mettre en avant », a-t-il affirmé.

11 %
Sur 14 des 33 portions où la vitesse avait été changée, une augmentation de 11 % des collisions sérieuses et mortelles avait été observée en Colombie-Britannique.

Il a notamment fait référence à la tentative mitigée du gouvernement de la Colombie-Britannique d’augmenter la limite de vitesse sur 33 tronçons d’autoroute, en 2014. Deux ans plus tard, le gouvernement a abaissé la limite de vitesse dans deux de ces secteurs. Sur 14 des 33 portions où la vitesse avait été changée, une augmentation de 11 % des collisions sérieuses et mortelles avait été observée.

André Fortin a aussi dit souhaiter se fier au bon jugement des policiers, qui profitent d’un « seuil de tolérance » leur permettant de juger de la pertinence d’interpeller les automobilistes « en fonction de certaines circonstances », comme la congestion ou les conditions météorologiques.

Mais « quelle est la vitesse véritablement tolérée par les policiers ? » a demandé le député péquiste Martin Ouellet. « C’est un mystère. […] C’est complètement absurde, et ça démontre que la loi doit absolument être ajustée à la réalité sur le terrain », a-t-il martelé.

Avec Marco Bélair-Cirino