À Paris, Couillard annonce des ententes économiques de 125 millions de dollars

Le premier ministre Philippe Couillard poursuit sa visite en France.
Photo: Gonzalo Fuentes Archives Associated Press Le premier ministre Philippe Couillard poursuit sa visite en France.

Entre un saut à Toulouse et une rencontre ce jeudi avec le premier ministre Édouard Philippe, le premier ministre québécois a annoncé mercredi à Paris des ententes économiques de 125 millions de dollars. Devant la Chambre de commerce et d’industrie de Paris–Île-de-France, il s’est livré à une défense tous azimuts du libre-échange et du traité entre l’Union européenne et le Canada qui est entré en application partielle et temporaire le 27 septembre dernier, en attendant d’être ratifié par les 27 États membres.

Reçu en grande pompe dans le chic hôtel particulier Potocki, à deux pas des Champs-Élysées, le premier ministre était entouré de deux de ses prédécesseurs, les anciens premiers ministres Jean Charest et Pierre Marc Johnson, qui avaient eu droit aux mêmes honneurs à leur époque. Il a été accueilli par le secrétaire d’État Jean-Baptiste Lemoyne, responsable de la Francophonie. Le nouveau secrétaire d’État connaît bien le Québec puisqu’il a été dans sa jeunesse stagiaire au ministère québécois des Relations internationales. Sous les moulures art déco, Philippe Couillard s’est livré à un échange décontracté avec la journaliste française Valérie Expert, vantant tous les aspects d’un libre-échange qui n’a pourtant plus vraiment la cote aujourd’hui dans une majorité de pays européens et aux États-Unis. Le premier ministre a particulièrement dénoncé les menaces de guerre commerciale sur l’aluminium lancées par le président américain, Donald Trump.

Plus tôt, accompagné d’une forte délégation d’hommes d’affaires, il avait assisté à la signature qu’une trentaine d’ententes de collaboration et de partenariat entre des entreprises françaises et québécoises. Bon nombre de ces ententes sont des déclarations d’intention. Mais, parmi les investissements concrets, citons le prêt de 34 millions accordé par le gouvernement du Québec au boulanger français Bridor.

Le projet qui totalise 88 millions de dollars permettra à l’entreprise française qui exporte du pain et des viennoiseries dans le monde entier de moderniser ses installations de Boucherville. Cette usine est l’une des trois que possède en Amérique du Nord ce fabricant de pâtes congelées destinées à être levées ou cuites sur place. Bridor avait, précise son président Francis Bon, déjà bénéficié d’un prêt semblable il y a quelques années. « Pour l’industriel qui s’implante, jouir d’un tel prêt consenti par l’État, c’est une sécurité, une garantie » incontournable, dit-il.

Le fabricant québécois de moteurs hybrides Effenco a aussi signé une entente avec la compagnie française Derichebourg, qui possède des flottes de camions de nettoyage ou de collecte des ordures dans 14 pays. À partir du mois de mai, plus de 250 camions de la flotte française seront équipés de cette technologie québécoise qui permet de réduire de 30 % la consommation d’essence, et donc d’autant les émissions de gaz à effets de serre.

« Pour nous, c’est fantastique, dit le directeur des ventes d’Effenco, Simon Poulin. Il s’agit d’une première entrée sur le marché européen. En accompagnant la compagnie Derichebourg, qui est notamment présente au Maroc et en Italie, nous avons bien l’intention de vendre notre technologie dans d’autres pays. » Ce partenariat est né en 2016 au Québec, où Effenco équipe déjà plus de 80 camions Derichebourg. Un chiffre qui attendra bientôt une centaine.

L’École des hautes études commerciales de Montréal (HEC) a aussi conclu une entente avec l’École supérieure de commerce de Paris (ESCP), la doyenne mondiale des écoles de commerce qui possède aujourd’hui des campus dans plusieurs capitales européennes. Les étudiants admis dans l’une de ces deux écoles pourront obtenir une double maîtrise en management reconnue sur les deux continents.

Après ce volet économique, le premier ministre Philippe Couillard rencontrera ce jeudi à Matignon son homologue français, Édouard Philippe, avec qui il doit signer une déclaration faisant suite à la 20e rencontre alternée des premiers ministres français et québécois. Il se rendra ensuite au ministère des Affaires étrangères pour célébrer les 50 ans de l’Office franco-québécois pour la jeunesse, qui a permis à 150 000 jeunes Français et Québécois de traverser l’Atlantique et de faire un stage en France ou au Québec.