Jean-Marc Fournier tire sa révérence

Jean-Marc Fournier a été élu pour la première fois en 1994 dans Châteauguay.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Jean-Marc Fournier a été élu pour la première fois en 1994 dans Châteauguay.

Le député de Saint-Laurent, ministre responsable des Relations canadiennes et leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, ne sollicitera pas de nouveau mandat à l’élection d’octobre 2018 afin de laisser la place à « de nouveaux visages ».

Seul devant les médias, loin du premier ministre dont il est le bras droit, l’élu du nord de l’île de Montréal a dit céder sa place pour permettre à son parti d’incarner le « changement », au moment où il se relève difficilement du fond historique de 19 % qu’il a atteint dans les sondages il y a quelques mois.

Je ne fuis pas. Je suis convaincu qu’on va gagner les prochaines élections.

Pendant la campagne, Jean-Marc Fournier restera très près du chef libéral, Philippe Couillard, puisqu’il fera partie du groupe de conseillers installés dans son autobus. Et son départ pourrait permettre au Parti libéral du Québec (PLQ) de présenter un candidat vedette dans le château fort qu’est Saint-Laurent. « C’est une possibilité, c’est vrai », a-t-il convenu. « Mais [il] revient à l’organisation du parti, et pas à moi, d’y répondre. »

À quelques reprises, le ministre a misé sur l’importance de recruter de « nouveaux visages » au sein du PLQ. « Il est clair que la question du changement est une question aujourd’hui, et je crois que le PLQ est encore celui qui peut le mieux l’offrir avec de nouveaux visages », a-t-il affirmé.

L’élu libéral a refusé de parler d’un « exode » au sein de son équipe. Il est devenu lundi le deuxième ministre à annoncer son départ de la politique, après Stéphanie Vallée. Au total, cinq députés libéraux ont choisi de ne pas se représenter à l’élection d’octobre, tandis que huit autres, dont deux ministres, sont toujours « en réflexion ».

Sa décision, a-t-il expliqué, est due au sentiment d’avoir « fait le tour » après plus de 20 ans de politique active.

De 1988 à 2018

Avocat de formation, Jean-Marc Fournier a fait sa toute première incursion politique en 1988, quand il a tenté — sans succès — de se faire élire sous la bannière du Parti libéral du Canada dans la circonscription de Châteauguay.

Il est entré à l’Assemblée nationale en 1990 à titre de conseiller, pour accompagner les élus libéraux qui participaient à la commission Bélanger-Campeau, dans le climat tendu d’après-Meech. Il devait rester « deux mois », a-t-il rappelé.

Quatre ans plus tard, en 1994, il est retourné à l’Assemblée nationale par la grande porte, élu avec une majorité de près de 2000 voix dans Châteauguay. Il a été à la tête de six ministères, en plus d’être ministre responsable de la Montérégie. Il a quitté la politique brièvement, entre 2008 et 2010, année de sa réélection à la partielle de Saint-Laurent.

Cette courte absence de la vie politique lui a permis d’empocher une indemnité de départ. Il recevra à nouveau cette allocation — qui équivaut grosso modo à son salaire actuel de 164 197 $ — une fois l’élection d’octobre 2018 terminée. « Ce n’est pas parce que j’ai été ici pendant 14 ans, que j’avais ce droit-là [et] que je serai ici ensuite pendant huit ans, que je n’y ai plus droit », a-t-il justifié.

Des rumeurs depuis septembre

Jean-Marc Fournier a évoqué son désir de renoncer à la vie politique pour la première fois au mois de septembre. Il s’était alors présenté devant la presse, l’air décontenancé, pour réfuter des allégations de trafic d’influence le concernant. Cet épisode a « fait partie de la réflexion », mais il n’a pas été un « élément majeur » dans sa décision, a-t-il assuré lundi.

En juin, Jean-Marc Fournier s’est vu confier le dossier de l’offensive constitutionnelle tranquille du gouvernement Couillard. Il s’est depuis attelé à faire la promotion de la Politique d’affirmation du Québec et de relations canadiennes au Québec et dans le reste du Canada. Vingt-sept ans après avoir produit une maîtrise critiquant la formule d’amendement de la Constitution de Pierre Elliott Trudeau, il estime donc… que la « boucle est bouclée ».

L’équipe du PLQ en bref

Le caucus libéral compte 69 députés, incluant 30 ministres.

Nombre de ministres ayant choisi de quitter la politique : 2 (Stéphanie Vallée, Jean-Marc Fournier)

Nombre de ministres en réflexion : 2 (Geoffrey Kelley, Laurent Lessard)

Nombre de députés ayant choisi de quitter la politique : 5 (Karine Vallières, Norbert Morin, Pierre Reed, André Drolet, Guy Hardy)

Nombre de députés en réflexion : 6 (Jacques Chagnon, Ghislain Bolduc, Raymond Bernier, Michel Matte, Germain Chevarie et Serge Simard)