Le PLQ poursuit sa descente

Si le premier ministre Philippe Couillard a souvent réitéré sa confiance en son controversé ministre de la Santé, celui-ci paraît être un boulet pour les libéraux, selon le nouveau sondage.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Si le premier ministre Philippe Couillard a souvent réitéré sa confiance en son controversé ministre de la Santé, celui-ci paraît être un boulet pour les libéraux, selon le nouveau sondage.

Le rouge est la couleur de la marque libérale : c’est aussi celle des voyants qu’un nouveau sondage Léger allumera ce samedi sur le tableau de bord des stratèges de Philippe Couillard. À sept mois des élections, le Parti libéral du Québec (PLQ) poursuit une glissade qui se mesure à plusieurs indicateurs qui prennent des airs de signaux d’alarme.

Les intentions de vote de ce sondage réalisé pour Le Devoir et Le Journal de Montréal placent toujours la Coalition avenir Québec (CAQ) loin en avance, avec 37 %. Les libéraux se situent maintenant à 26 % — le plus bas résultat jamais récolté par Philippe Couillard depuis qu’il a été élu chef du parti.

Après avoir touché un fond historique à 19 % il y a trois mois, le Parti québécois reprend tranquillement pied : à 22 %, il est en hausse de deux points par rapport au dernier sondage. Cette stabilisation peut s’expliquer par la promotion de la députée Véronique Hivon comme vice-chef, de même que par le retour de Jean-Martin Aussant dans le giron péquiste. Néamoins, s’il y a eu un effet Hivon-Aussant, il demeure dans la marge d’erreur. Québec solidaire pointe toujours à 9 %.
 

 


En soi, la baisse de deux points des libéraux n’est pas significative : là aussi, c’est dans la marge d’erreur — et la CAQ suit le même mouvement par rapport au dernier sondage. Sauf que les libéraux glissent aussi vers le bas ailleurs dans le sondage. Ce qui fait dire à Jean-Marc Léger, président de la firme de sondage, qu’il « y a une tendance générale au déclin pour le PLQ »… et une « tendance de fond » qui porte la CAQ vers le haut. En détail ?
 

Insatisfaction. À 71 %, l’insatisfaction à l’endroit du gouvernement est en hausse de cinq points depuis le mois dernier. Un sympathisant libéral sur quatre se dit insatisfait de la performance du gouvernement.

Vote francophone. À 16 % dans les intentions de vote des francophones, les libéraux sont loin derrière la CAQ (42 %) et le PQ (27 %). Un autre indicateur montre la faiblesse actuelle du vote libéral : un non-francophone sur trois n’aurait pas voté pour le PLQ si les élections avaient eu lieu cette semaine.

Le boulet Barrette. Si Philippe Couillard a souvent réitéré sa confiance en son controversé ministre de la Santé, Gaétan Barrette, celui-ci paraît être un boulet pour les libéraux. Le sondage montre que 66 % des Québécois estiment que Gaétan Barrette a fait un « mauvais travail » au cours des trois dernières années. Seulement 19 % des répondants du sondage jugent qu’il a fait un « bon travail ».

Une autre question montre que pour 44 % des répondants, c’est un désavantage que le ministre de la Santé soit un médecin. François Legault (2002-2003) fut le dernier non-médecin à être titulaire.


Dans les dernières semaines, l’actualité politique a le plus souvent été marquée par des polémiques entourant le système de santé : infirmières exténuées, vif débat sur les hausses de rémunération consenties par Québec aux médecins spécialistes, effets des réformes Barrette…

 

Un réseau « détérioré ». Globalement, 53 % des répondants estiment que le système de santé s’est détérioré depuis 15 ans (date de l’arrivée au pouvoir de Jean Charest), alors que 31 % croient qu’il est demeuré le même. Selon 12 % des Québécois sondés, le système s’est plutôt amélioré.

Pourtant, 80 % des répondants qui ont été soignés dans le réseau au cours des trois dernières années (soit les trois quarts de l’échantillon total) se disent satisfaits de la qualité des soins reçus.

Volonté de changement. Les libéraux devront aussi se battre contre un vent de changement souhaité par une majorité de Québécois. À la question de savoir si les répondants souhaitent un changement de gouvernement, 70 % ont répondu « oui », alors que 18 % ont indiqué préférer « continuer avec l’équipe en place ». Pour 30 % des répondants, la CAQ est par ailleurs le parti qui représente le plus le changement.

Chances de gagner. Selon 36 % des répondants, c’est la CAQ qui est le parti le plus susceptible de gagner les prochaines élections. Un répondant sur quatre croit plutôt que le PLQ a de meilleures chances, alors que 10 % mettent leurs billes sur le PQ.

Meilleur premier ministre. Dans cette catégorie où l’on mesure lequel des chefs ferait le meilleur premier ministre, c’est encore François Legault qui domine, à 27 %. Il est loin devant… mais tout de même en baisse de quatre points par rapport à janvier. Philippe Couillard est à 15 % (en baisse d’un point, ce qui n’est pas significatif statistiquement), et Jean-François Lisée à 14 % (hausse de quatre points).

« Aucun chef ne tire son parti vers le haut », note Jean-Marc Léger. Selon lui, la progression de M. Lisée de même que celle du parti dans les intentions de vote représentent « la première bonne nouvelle depuis que Jean-François Lisée est chef. Le PQ a arrêté de descendre, et l’arrivée de Véronique Hivon et Jean-Martin Aussant donne un peu d’air frais au parti ».

Vote par région. La CAQ domine les intentions de vote tant dans la région de Montréal (34 %, quatre points devant les libéraux) que dans celle de Québec (43 %, soit 20 points devant le PQ). Ailleurs au Québec, c’est encore la CAQ qui est devant, avec 39 % d’appuis. Le PQ est crédité de 25 %, et les libéraux de 22 %.

Les libéraux auront une chance de renverser une partie de ces tendances avec la présentation du dernier budget Leitão, qui devrait être déposé d’ici trois semaines.

Le sondage a été mené en ligne entre le 26 février et le 1er mars, auprès de 993 répondants. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de 3,1 % dans 19 cas sur 20.

Alexandre Taillefer serait bienvenu

Un retour en politique pour Mario Dumont ou Pierre Karl Péladeau ? Pourquoi pas, indiquent les résultats du sondage Léger. Mais si un nom fait plus largement consensus, c’est celui de l’entrepreneur Alexandre Taillefer.

À la question « Souhaitez-vous que les personnes suivantes se présentent en politique provincial dans un avenir rapproché ? », c’est Mario Dumont qui a obtenu le plus haut taux de réponse positive (45 %). Environ un répondant sur trois ne souhaite pas un retour de M. Dumont.

Les résultats sont plus polarisés pour Pierre Karl Péladeau — qui laisse entendre qu’il aimerait revenir en politique. Un nombre égal de répondants aimeraient le voir revenir ou souhaitent qu’il ne le fasse pas (41 %).

Quant à Alexandre Taillefer, 39 % des répondants souhaiteraient le voir en politique, contre 25 % qui répondent non à la question. M. Taillefer transcende les lignes de parti : les péquistes, les caquistes et les solidaires aimeraient tous qu’il fasse le saut.

Autrement, Léger a aussi sondé les répondants pour savoir si certains députés sont un atout (ou pas) pour leur parti. Sur les dix noms cités, c’est Véronique Hivon qui obtient les meilleurs résultats (44 % disent un atout, contre 19 %). Gabriel Nadeau-Dubois (43 % un atout, contre 31 %) et Jean-Martin Aussant (34 % contre 27 %) suivent.
 
12 commentaires
  • Marie Nobert - Abonnée 3 mars 2018 04 h 16

    Les «4 chevaliers» de... , la semaine des «4 jeudis»; sans oublier les «calendes» grecques ou romaines (au choix du chef) où les poules auront des dents. (!)

    Excellent(s) «son(s) d'âge(s)». Du grand «tintamarre». Parfait «sociobruitage». Misère. Que ne faut-il pas faire (faire dire) pour des «thunes»? Certes, nous sommes en «démocratie», mais nous vivons dans un espace avec + de 50% d'analphabètes fonctionnels. Je me prends un verre d'eau. Je renonce.

    JHS Baril

    • Marcel Lemieux - Abonné 3 mars 2018 10 h 21

      Je fait sûrement parti des 50% des analphabètes fonctionnels. Reste cependant que mon handicap ne m’empeche de faire le constat suivant monsieur: On récolte ce que l’on sème. Votre conclusion me chagrine beaucoup. Nous n’avons pas eu toutes les mêmes opportunités.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 3 mars 2018 11 h 51

      Il n'y a pas 50% d'analphabètes fonctionnels au Québec. Ceux qui nous rebattent les oreilles avec cette ânerie depuis des années n'ont pas de leçons à donner.

    • Raymond Labelle - Abonné 3 mars 2018 22 h 21

      Tout dépend de la définition de "pourcentage d'analphabètes fonctionnels". Si on définit ainsi ce syntagme: "Total des pourcentages indiqués dans un sondage donné d'intentions de vote attribués à des partis qui déplaisent au définissant"... alors il se pourrait que le "pourcentage d'analphabètes fonctionnels", selon un définissant donné quant à un sondage donné, égale ou dépasse 50%.

  • Lucie Dessautels - Abonnée 3 mars 2018 07 h 25

    Sondage probabiliste ?

    Le sondage de ce matin n'est pas un sondage probabiliste, est-il écrit. Or comment alors certains résultats peuvent se retrouver dans la marge d'erreur (ex; Baisse des Libéraux) ? On dit que le sondage s'il étyait probabiliste, aurait une marge d'erreur de 3,1 % (19/20); mais il ne l'est pas. Donc, il n'y a pas de marge d'erreur ?

    • Raymond Labelle - Abonné 3 mars 2018 09 h 30

      On trouve ici une explication sur la différence entre un échantillon probabiliste et un échantillon non probabiliste à partir duquel on fait un sondage. C'est un peu compliqué.

      https://www.statcan.gc.ca/edu/power-pouvoir/ch13/nonprob/5214898-fra.htm

      Ce que je comprends (avec "marge d'erreur" dans ma compréhension :0)). Les termes "probabiliste" ou "non-probabiliste" réfèrent à l'échantillon choisi pour faire le sondage (le choix des personnes qui répondent au sondage). Il y a donc des sondages à échantillon probabiliste et d'autres à échantillon non-probabiliste.

      Dans un échantillon probabiliste, on essaie de se constituer un échantillon partageant les mêmes caractéristiques que la population dans des proportions comparables (âge, sexe, revenus, etc.). Dans l'échantillon non-probabiliste, on construit l'échantillon au hasard en se disant que, de cette façon, il y a de bonnes chances qu'il représente la population. Toutefois, comme on ne peut pas être certain de la mesure dans laquelle un échantillon non-probabiliste représente effectivement la population, il est impossible d'évaluer la marge d'erreur d'un sondage fait à partir d'un tel échantillon.

      Ça ne serait donc pas qu'il n'y a pas de marge d'erreur dans un sondage à échantillon non-probabiliste, mais plutôt qu'il est impossible de déterminer cette marge d'erreur.

      Si je comprends bien...

    • Raymond Labelle - Abonné 3 mars 2018 09 h 56

      Réponse à votre excellente question - l'explication précédente était nécessaire pour y arriver.

      On ne peut en théorie évaluer la marge d'erreur d'un échantillon non probabiliste. L'échantillonnage non-probabiliste fait le pari que son échantillon serait représentatif de la population. En d'autres mots, si ce pari était gagné, l'échantillonnage non-probabiliste nous donnerait un échantillon probabiliste de la taille du nombre de répondants. Si ce pari était gagné, la marge d'erreur de ce sondage à échantillon non-probabiliste aurait la même marge d'erreur qu'un sondage à échantillon probabiliste de la même taille. Et on veut nous dire quelle serait cette marge d'erreur lorsqu'on écrit: "Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de 3,1 % dans 19 cas sur 20."

      Le non-dit de cette affirmation: on croit que les chances sont bonnes que ce pari soit gagné, même si en théorie on ne peut ni calculer les chances que ce pari soit gagné ni la marge d'erreur - sinon il ne vaudrait pas la peine de faire des sondages à partir d'échantillons non-probabilistes.

    • Lucie Dessautels - Abonnée 3 mars 2018 12 h 08

      Merci de votre explication très claire. De plus en plus les sondages sont non-probabilistes pour touites sortes de raisons (dont la difficulté à rejoindre les gens par téléphone entre autre). Les sondages qui sont faits sur le web (je ne me souviens plus si celui-ci l'est) rejoignent des personnes qui peut-être diffèrent de la pôpulation générale.

    • Raymond Labelle - Abonné 3 mars 2018 18 h 26

      De rien Mme Dessautels. Votre excellente question a piqué ma propre curiosité.

      "Les sondages qui sont faits sur le web (je ne me souviens plus si celui-ci l'est) rejoignent des personnes qui peut-être diffèrent de la population générale." Ça se pourrait fort bien. Très bon point. Les personnes qui passent plus de temps sur le Web ont peut-être plus de chance de vouloir répondre ou d'être rejointes, exclusion des personnes qui y ont moins ou pas accès, ou que sais-je - différents facteurs qui peut-être peuvent faire différer un échantillon non-probabiliste d'un échantillon probabiliste et donc, augmenter la marge d'erreur.

      Dans l'ancien temps où les cellulaires n'existaient pas ou étaient rares et où presque chaque foyer avait le téléphone terrestre et se retrouvait dans un bottin, il était plus facile de constituer un échantillon probabiliste. La situation contemporaine rend presqu'impossible, ou en tout cas beaucoup plus difficile, la constitution d'un échantillon probabiliste ce qui, comme vous le mentionnez, affecte peut-être la valeur des sondages, leur marge d'erreur.

      Ça serait bien que des journalistes fouillent cette question, avec une bonne dose de scepticisme et d'esprit critique par rapport aux maisons de sondages, et avec l'aide de statisticiens. Et vulgarisent le résultat de leur enquête. On a souvent et beaucoup recours aux sondages (très souvent et beaucoup beaucoup en fait), drapés d'un aura "scientifique". Qu'on se penche sur si on peut encore faire des sondages aussi fiables qu'avant et dans quelle mesure mérite examen et divulgation publique.

      C'est quand même difficile pour les citoyennes et citoyens, comme vous et moi, de tirer ça au clair. Le Devoir entendra peut-être cet appel.

  • Gilles Gagné - Abonné 3 mars 2018 14 h 05

    Changement?

    Et ce changement se fera au niveau des hommes et des femmes, ceux-ci et celles-ci appliqueront le même traitement que les libéraux au pouvoir et il est systémique. On semble s'en ficher, l'important est d'effacer tout ce qui a été construit dans le passé. Que disait donc ce personnage démissionnaire du plq... ''on inventera pas les roues à 3 trous'', plus de 50% d'analphabètes n'en déplaise à certains m'apparait assez réaliste au regard de la profondeur du discours ambient et de son effet sur les masses.

  • Jean Lapointe - Abonné 4 mars 2018 08 h 03

    A quoi ça sert ce genre de sondages?

    «Le sondage a été mené en ligne entre le 26 février et le 1er mars, auprès de 993 répondants. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de 3,1 % dans 19 cas sur 20.»

    Mais il ne serait pas probabiliste. Donc il serait impossible de déterminer une marge d'erreur.

    Si de l'aveu même des sondeurs, le sondage dont il est question ici serait très approximatif, à quoi ça sert alors de faire des sondages?

    Est-ce que les sondages ne pourrraient pas avoir une utilité si on était pas mal sûr qu' ils seraient conformes à la réalité du moment et si on savait dans quels buts ils ont été faits. Normalement avant de faire un sondage on fait des hypothèses d'après moi. Les hypothèses si elles ont été faites, est-ce qu'on les connaît?

    Pour le moment moi j'ai l'impression que ce sondage a été commandé pour des raisons politiques de la part des commanditaires.

    Mais quels but poursuivent-ils donc ?

    Je me pose de plus en plus de questions sur le sérieux des sondages.

    Il ne faut donc pas leur accorder trop d'importance. Nous avons plus important à faire.

    • Pierre Samuel - Abonné 4 mars 2018 15 h 58

      Si les dits sondages démontraient que les péquistes sont largement en tête seraient-ils alors plus favorable à vos yeux ?