Pointe-aux-Trembles: Aussant peut compter sur Nicole Léger

Nicole Léger, qui cumule 22 ans de vie politique, estime que Jean-Martin Aussant a tous les atouts qu’il faut pour représenter Pointe-aux-Trembles à l’Assemblée nationale.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Nicole Léger, qui cumule 22 ans de vie politique, estime que Jean-Martin Aussant a tous les atouts qu’il faut pour représenter Pointe-aux-Trembles à l’Assemblée nationale.

La « machine » de Nicole Léger se met en marche au service de Jean-Martin Aussant. Maxime Laporte, son adversaire dans la course à l’investiture du Parti québécois dans Pointe-aux-Trembles, ne s’en formalise pas, d’autant moins que les « mots d’ordre » appelant à voter pour un candidat ne sont pas nécessairement respectés de nos jours.

« C’est moins à la mode qu’avant », a souligné M. Laporte dans un entretien avec Le Devoir vendredi après-midi. « Faut aussi dire que les gens de Pointe-aux-Trembles et de Montréal-Est, c’est du monde indépendant d’esprit. »

Quelques heures plus tôt, la députée sortante Nicole Léger ainsi que 10 des 12 membres de l’exécutif local du PQ se sont rangés derrière l’ex-chef d’Option nationale.

La population de l'est de l’île de Montréal « a besoin » d’un député au « profil économique », a fait valoir Mme Léger à l’occasion d’une conférence de presse. « Tu sauras prendre soin de mon monde ici, à Pointe-aux-Trembles et Montréal-Est, et porter leurs désirs et leur vision du quartier vers les hautes instances. Tu incarnes bien ce bagage de l’économique, du social et de la culture », a-t-elle déclaré, avant de gratifier d’une franche accolade M. Aussant. « C’est un privilège pour nous d’avoir Jean-Martin dans Pointe-aux-Trembles », a-t-elle ajouté.

L’ancien directeur général du Chantier de l’économie sociale a dit avoir « bien hâte de mettre son expérience politique et économique » au profit des Pointeliers. « Il est temps que l’est de Montréal et Pointe-aux-Trembles reprennent leur place et leur importance dans le paysage économique et politique du Québec », a déclaré Jean-Martin Aussant.

Les membres du PQ dans « PAT » choisiront le 15 avril prochain la personne qui portera les couleurs de leur formation politique lors des prochaines élections générales. Jean-Martin Aussant a annoncé sa candidature à l’investiture mardi, soit plus d’un mois après que le président de la Société Saint-Jean-Baptiste, Maxime Laporte, eut amorcé son porte-à-porte.

L’avocat de 30 ans est arrivé dans Pointe-aux-Trembles « comme un cheveu sur la soupe », a dit Mme Léger. L’élue, qui cumule plus de 22 ans de vie politique, se dé-sole de ne pas avoir pu échanger avec M. Laporte comme elle l’a fait avec M. Aussant dans les jours qui ont suivi l’annonce de son retrait de la vie politique. « J’aurais aimé ça qu’on puisse partager et parler ensemble préalablement », a-t-elle dit à la presse. L’état-major du PQ aurait également souhaité être avisé de la volonté du président de la SSJB de sauter dans l’arène politique, a ajouté Mme Léger. « Le parti a quand même 125 circonscriptions à pourvoir. Peut-être qu’il aurait été intéressant qu’il y ait des discussions », a-t-elle fait remarquer.

M. Laporte bénéficie de l’appui d’une membre de l’exécutif de « PAT », Pierrette DeGuise. « On ne pouvait pas espérer mieux ! » lance-t-elle à l’autre bout du fil. L’avocat de 30 ans défend devant les tribunaux l’intégrité de la Loi sur l’exercice des droits fondamentaux(loi 99), a-t-elle rappelé. « S’il réussit, il deviendra un grand héros pour le Québec », dit-elle.

Comment expliquez-vous que tous les autres membres de l’exécutif appuient M. Aussant, à l’instar de Mme Léger ? « C’est difficile d’affronter Mme Léger. Il faut être solide. Moi, à mon âge, je n’ai plus rien à perdre », a-t-elle répondu au Devoir. « D’ailleurs, combien de temps M. Aussant resterait-il à Pointe-aux-Trembles ? Comme il l’a déjà dit, M. Laporte n’est pas un sauveur, mais au moins, il ne se sauvera pas ! »

M. Laporte compte plusieurs alliés au Bloc québécois, à commencer par le député de La Pointe-de-l’Île, Mario Beaulieu. « C’est le PQ de Pointe-aux-Trembles qui va faire l’investiture. Ce n’est pas le Bloc québécois », a averti Nicole Léger.

« Je suis très honoré de compter sur l’appui de Mario, mais il est important de souligner que, moi, j’ai toujours été un rassembleur », a dit pour sa part M. Laporte. « Mario a son propre réseau. J’ai le mien. À bien des égards, ils se recoupent. »

Par ailleurs, le candidat se défend de compter sur l’« aide amicale » de l’« organisateur de grand talent » Louis-Philippe Dubois en vue de l’investiture du 15 avril prochain. M. Dubois était au coeur de la première crise qui a secoué le Bloc québécois dans la foulée de l’arrivée de Martine Ouellet. Au printemps 2017, le directeur de cabinet avait coulé des informations afin de nuire à la réputation de l’ancien chef intérimaire Rhéal Fortin. « Il a fait une grosse erreur », convient M. Laporte, avant d’ajouter : « On ne peut réduire toute l’implication d’un militant comme Louis-Philippe Dubois à cette seule erreur. On peut tourner la page. C’était en 2017. »