Québec donne 18 mois et 50 millions aux villes pour se préparer aux catastrophes

Les inondations du printemps 2017 ont touché des citoyens de 291 municipalités. Québec a reçu 6090 réclamations.
Photo: Annick MH de Carufel Le Devoir Les inondations du printemps 2017 ont touché des citoyens de 291 municipalités. Québec a reçu 6090 réclamations.

Les municipalités québécoises auront 18 mois pour se doter d’un plan de sécurité civile en cas de sinistre et Québec s’engage à les aider financièrement à mieux se préparer aux catastrophes en débloquant immédiatement près de 50 millions de dollars.

Le plan d’action présenté jeudi par le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, près d’un an après les inondations qui ont touché plusieurs régions du Québec, réjouit les municipalités, mais pas les sinistrés du printemps dernier, qui se sentent oubliés.

Dans le cadre de ce plan, 20 millions serviront à aider les villes dans l’élaboration de leur plan de sécurité civile et 20,5 millions seront consacrés à l’actualisation de la cartographie des zones inondables.

Un montant de 6,9 millions financera la réalisation par l’organisme Ouranos d’études sur les zones inondables et sur les crues historiques avec l’élaboration de scénarios et d’analyses climatiques.

À l’heure actuelle, seulement 30 % des villes québécoises se sont dotées d’un plan d’urgence, a précisé le ministre : « C’est nettement insuffisant, mais on comprend la situation. Il y a de grandes villes qui ont des ressources, à la fois financières et humaines, suffisamment étendues pour préparer des plans d’intervention sophistiqués et à jour. Les plus petites municipalités vont avoir besoin d’engager des consultants hyperspécialisés en la matière. »

Le gouvernement entend aussi confier aux municipalités qui le souhaitent la gestion — complète ou partielle — du Programme général d’aide financière lors de sinistres. Québec souhaite ainsi alléger les démarches afin de faciliter aux citoyens l’accès à des compensations financières.

Les sinistrés se sentent oubliés

Les sinistrés des inondations printanières de 2017 déplorent que les mesures annoncées jeudi ne les concernent aucunement. Près d’un an plus tard, la grande majorité d’entre eux n’ont toujours pas touché la totalité des indemnités qui leur sont dues.

Il n’y a rien pour ceux qui sont encore pris dans la bureaucratie

 

Ce dernier rappelle que plusieurs sinistrés ont vécu et vivent toujours de la détresse psychologique.

M. Cauchon souligne « quelques points positifs » dans le plan d’action de Québec, mais note qu’il s’agit « de mesures d’urgences, pas de prévention ».

Une critique partagée par les partis d’opposition à Québec. Le Parti québécois déplore la « vision à court terme » du gouvernement, ainsi que l’absence de mesures préventives.

« Au mieux, il s’agit d’un plan d’action qui vise la coordination entre la sécurité civile et le monde municipal », a déclaré le porte-parole en matière d’affaires municipales, Stéphane Bergeron.

Pour sa part, la Coalition avenir Québec estime que le plan arrive trop tard et ne règle pas le « coeur du problème : la gestion catastrophique » des inondations de 2017.

« Ce plan d’action est rempli de belles intentions, mais rien ne garantit aux citoyens un traitement des dossiers plus rapide et une bureaucratie plus humaine », affirme la députée Sylvie D’Amours.

Les villes satisfaites

Du côté des municipalités, on accueille favorablement les investissements annoncés. Outre l’Union des municipalités du Québec et la Communauté métropolitaine de Montréal, des villes fortement touchées par les inondations de l’an dernier estiment avoir été entendues par le gouvernement.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, se réjouit notamment des mesures concernant le partage des données entre les différents paliers de gouvernement ainsi que celles visant à simplifier la communication. « Il y avait trop de courroies de transmission », dit-il.

La simplification du programme d’aide financière est également bien reçue par le maire, qui affirme que sa ville est prête « à jouer un plus grand rôle » pour intervenir auprès des sinistrés.

La prochaine étape sera de se doter d’un plan pour le long terme, soutient-il.

« Les enjeux d’aménagement du territoire ne sont pas réglés. On aura des choix difficiles à faire dans les prochaines années. »

Les gouvernements de proximité seront plus impliqués, se réjouit pour sa part le maire de Rigaud, Hans Gruenwald Jr., qui estime également que le plan d’action « va simplifier les procédures pour les citoyens touchés ».

Les inondations du printemps 2017 ont touché des citoyens de 291 municipalités. Québec a reçu 6090 réclamations.