Réactions mitigées à Québec

Le ministre québécois des Finances, Carlos Leitão
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre québécois des Finances, Carlos Leitão

Le troisième budget du gouvernement Trudeau a reçu des réactions divergentes, mardi, à Québec.

Le ministre des Finances Carlos Leitão s’est réjoui de voir le fédéral « rejoin[dre] la position historique du Québec en matière d’équité salariale et de congé parental ». Il s’est en revanche dit « préoccupé du manque de volonté » du fédéral dans la lutte contre l’évasion fiscale. Québec, qui espérait une volte-face d’Ottawa sur le traitement fiscal réservé aux géants comme Netflix, a dit regretter le refus du gouvernement Trudeau de « percevoir la TPS sur les services et les biens incorporels provenant de l’étranger ». « Le Québec se serait attendu à des actions plus énergiques pour la perception des taxes de vente à la frontière », a aussi fait savoir le ministre Leitão.
 

Le Parti québécois s’est indigné de la timidité du budget fédéral sur trois enjeux qui ont alimenté les discussions à l’Assemblée nationale : la lutte contre l’évasion fiscale, l’entente avec Netflix et le train à grande fréquence (TGF). « Ajouter des ressources n’a qu’un impact marginal, parce que l’usage des paradis fiscaux demeure légal », a déploré Nicolas Marceau. Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances a vu dans le maintien de l’entente avec Netflix un désir du gouvernement Trudeau de « protéger les ultrariches et les multinationales ». Quant au TGF, « le fédéral n’annonce que le financement d’une étude », s’est-il désolé.

 

« Ottawa semble avoir abandonné toute ambition de s’attaquer à ceux qui abusent des paradis fiscaux et aux fraudeurs du commerce en ligne », a réagi pour sa part la députée solidaire Manon Massé dans une tirade concernant la lutte contre l’évasion fiscale et l’entente d’Ottawa avec Netflix. L’élue s’est désolée de constater que « l’environnement est le grand absent de ce budget ». Et la future loi sur l’équité salariale ? « Il était temps que le gouvernement Trudeau arrive en 2018. […] Même chose pour les congés parentaux », a-t-elle déclaré.