La CAQ choisit la mairesse comme candidate dans Pointe-aux-Trembles

Le chef de la CAQ, François Legault, et sa candidate dans Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, mairesse de l’arrondissement.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef de la CAQ, François Legault, et sa candidate dans Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, mairesse de l’arrondissement.

Levant l’étendard de la Coalition avenir Québec, la mairesse Chantal Rouleau s’est lancée à l’assaut de la circonscription de Pointe-aux-Trembles alors que les péquistes Jean-Martin Aussant et Maxime Laporte se disputent l’investiture dans ce fief du Parti québécois.

D’ailleurs, M. Aussant et M. Laporte batailleront ferme afin d’obtenir l’appui des militants péquistes dans cette circonscription de l’est de Montréal. Chacun des deux a dit s’inscrire dans la continuité de l’action publique de la députée sortante, Nicole Léger, qui a été réélue avec plus de 5000 voix de majorité lors des élections générales de 2014. « Les gens sont très, très proches de Nicole, on le sait tous. J’entends bien continuer cette proximité avec les gens du coin », a insisté M. Aussant après avoir officialisé sa candidature à l’investiture du PQ, mardi midi.

L’ex-chef d’Option nationale a justifié sa décision d’afficher ses couleurs dans Pointe-aux-Trembles plus d’un mois après l’annonce du retrait de la vie politique de Nicole Léger au terme de la 41e législature « par respect », premièrement pour Nicole Léger, « qui a passé des années ici à développer le terrain et à travailler très fort », deuxièmement pour l’exécutif local du PQ. M. Aussant tenait, a-t-il soutenu, à les sonder sur son intention de succéder à Nicole Léger — ce qu’il a fait.

La première flèche à l’endroit du président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB), Maxime Laporte, était lancée. Rappelons que M. Laporte avait donné le coup d’envoi à sa campagne, sans crier gare, le 22 janvier dernier.

Même s’ils semblaient, l’un autant que l’autre, importunés par la décision de leur adversaire de vouloir en découdre, M. Aussant et M. Laporte ont tour à tour vanté les mérites d’une investiture au PQ.

« Cette investiture démocratique là est tout à fait saine pour un parti démocratique comme le Parti québécois », a affirmé M. Aussant lors d’un point de presse dans le centre communautaire Mainbourg. Puis, il a ajouté : « Si des gens trouvent que c’est premier arrivé, premier servi, il manque peut-être un petit fondement démocratique à leur réflexion. »

L’équipe de campagne de M. Laporte a aussitôt convoqué la presse afin de faire le point sur l’« implication » de l’avocat de 30 ans dans la course à l’investiture du PQ. Moins de deux heures plus tard, M. Laporte a réitéré — « avec enthousiasme », a-t-il précisé à la presse — sa volonté de succéder à Nicole Léger. « Le Parti québécois, c’est un grand parti. Dans ce grand parti, tout le monde à sa place. Du choc des idées naît la lumière, une lumière qui assurément va servir à éclairer tout ce que nous proposent la CAQ et le Parti libéral », a-t-il affirmé, après avoir précisé bénéficier de l’appui de dizaines de personnes, incluant l’ex-premier ministre Bernard Landry. « Vous savez quoi ? Je compte bien l’emporter. »

La mairesse Rouleau affiche ses couleurs

Pendant ce « choc des idées » au PQ, la CAQ a dévoilé l’identité de sa candidate dans « PAT » : la mairesse de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau.

Quatre mois après avoir été réélue à la tête de l’arrondissement de l’est de Montréal, Mme Rouleau fait de nouveau campagne. Elle tentera de se faire élire à l’Assemblée nationale sous la bannière de la Coalition avenir Québec (CAQ) le 1er octobre prochain. D’ici là, elle demeurera mairesse.

« Je souhaite poursuivre mon travail pour les citoyens de l’Est […] mais avec de meilleurs outils », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse. Elle qualifie son choix de solliciter un nouveau mandat électif de « très cohérent » puisqu’elle pourrait, selon elle, « faire plus et mieux pour [ses] concitoyens » au sein du Conseil des ministres.

Le chef de la CAQ, François Legault, s’est dit « honoré » de compter sur une candidate d’une grande « envergure », qui plus est une ex-membre du comité exécutif de la Ville de Montréal, dans son équipe de candidats. « Je n’aurais pas pu rêver d’une meilleure candidate pour nous assurer que Montréal soit bien représentée dans le futur gouvernement de la CAQ », a-t-il déclaré.

La CAQ fonde beaucoup d’espoir sur une percée électorale sur l’île de Montréal à partir de la circonscription de Pointe-aux-Trembles. « La candidature de Chantal Rouleau envoie un message fort et clair aux Montréalais : la CAQ est sérieuse. Montréal peut et doit faire partie du changement le 1er octobre prochain », a poursuivi M. Legault, misant sur le programme économique de sa formation politique afin de faire des gains dans la métropole québécoise.

Montréal doit « jouer mieux son rôle de locomotive économique », a soutenu l’auteur de Cap sur un Québec gagnant : le projet Saint-Laurent. Dans cet ouvrage, le chef caquiste propose « de créer une grande zone d’innovation, possiblement dans l’est de Montréal ».

Chantal Rouleau a été réélue à la mairie de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles le 1er novembre dernier avec 57 % des voix. La candidate d’Équipe Denis Coderre s’est toutefois retrouvée sur les banquettes de l’opposition à l’Hôtel de Ville de Montréal, dépouillée de son titre de responsable de l’eau et des infrastructures de l’eau au comité exécutif.

Durant sa réflexion, Mme Rouleau a sollicité et obtenu un avis du conseiller à l’éthique et à la déontologie de la Ville de Montréal. « Le meilleur scénario, c’est que je demeure mairesse », a-t-elle conclu.

« Pour éviter toute ambiguïté ou tout confit qu’on pourrait pressentir », Chantal Rouleau s’est engagée à verser son salaire à un organisme de charité dès le déclenchement officiel de la campagne électorale. Si elle est élue le 1er octobre prochain, elle démissionnera tout en renonçant à toute indemnité de départ de la part de la Ville. Si elle est battue le 1er octobre prochain, elle poursuivra son mandat à la mairie d’arrondissement comme si de rien n’était.

6 commentaires
  • Alain Larouche - Abonné 28 février 2018 05 h 08

    Est-ce que la démocratie est un luxe? Le titre de l’article est tendancieux. Est-ce que le modèle du PLQ et de la CAQ sert bien la démocratie en nommant, sinon imposant un candidat? Voilà deux concepts qui s’oppose. Pour ma part, lorsqu’on se targue de parti transparent il est clair que le PLQ et la CAQ sont des organisations dont l’élastique de la notion de la démocratie est à deux vitesses. Cela prouve que que le Parti Québécois est un parti de débats et que les deux autres partis-frères fédēralistes sont dans la conformité de l’évitement du choc des idées.

  • Bernard Terreault - Abonné 28 février 2018 07 h 58

    Déplorable

    Abandonner son poste de mairesse en milieu de mandat. De l'opportunisme crasse dans l'espérance d'un poste de ministre. Pour une CAQ dont les valeurs sont tout sauf urbaines et écologistes.

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 28 février 2018 11 h 19

      J’abonde dans votre sens.

      Advenant une victoire de la CAQ aux prochaines élections en octobre prochain, souhaitons-nous vraiment et collectivement - avec la nouvelle recrue Youri Chassin comme ministre des finances de la CAQ - des «projets d’oléoducs pour transporter du pétrole au pays», «privatiser les actifs de la SAQ», «privatiser une partie d’Hydro-Québec Distribution [afin de ] de la rendre plus efficace» et que dire des garderies subventionnées puisqu’elles ne semblent «pas rentables pour le gouvernement et demeurent incertaines»?

      Est-ce vraiment ce type de gouvernement «privatisateur» à souhait que nous voulons pour demain et ainsi balayer aux poussières le modèle québécois acquis de longues luttes depuis les années 60?
      ——
      «Si elle est battue le 1er octobre prochain, elle poursuivra son mandat à la mairie d’arrondissement comme si de rien n’était»... Alors souhaitons-lui de poursuivre son beau travail dans la défunte équipe de Coderre, pour le plus grand bien des néolibéraux.

  • Louis Lapointe - Abonné 28 février 2018 09 h 15

    Vous souvenez-vous de l'investiture libérale dans Ville-Marie où un candidat soutenu par Jean Chrétien s'opposait à un candidat soutenu par Justin Trudeau?

    Cette situation me rappelle l’investiture du parti libéral du Canada dans Ville-Marie où Jean Chrétien appuyait l’avocat Bernard Amyot, une vedette libérale, au candidat de Justin Trudeau, Marc Miller, un autre avocat provenant d’un grand cabinet de Montréal.

    Une situation analogue à celle de Pointe-aux-Trembles où un ancien chef, Bernard Landry, appuie une vedette, et le chef Lisée appuie une autre vedette.

    Une situation qui, à l’époque, était passée relativement inaperçue dans la presse locale.

    On se demande bien pourquoi... ?

  • Gilles Delisle - Abonné 28 février 2018 09 h 22

    Pauvre Madame Rouleau

    Comme bien d'autres candidats à cette élection, vous allez tenter votre chance, comme si vous achetiez un billet de loterie! Vous avez une certaine expérience politique, mais malheureusement, vous n'avez pas compris que l'intérêt supérieur du Québec passe par la voie de l'indépendance. Non, ce qui importe, c'est de tenter sa chance, et peut-être, avoir une promotion comme Ministre d'un gouvernement qui va faire, lui aussi, du surplace pendant quatre ans. Là , maintenant, vous êtes sur les banquettes de l'opposition à Montréal, et cà , c'est ennuyant, alors pourquoi pas essayer avec la CAQ! Vous allez faire partie d'une longue liste de candidats opportunistes, intéressés d'abord, par leur petite carrière d'apprentis-politiciens sans envergure.

  • Paul-Marie Bernard - Abonné 28 février 2018 11 h 36

    Choc du vide!

    Au choc des Idées du PQ, on oppose le choc du vide de la CAQ dans lequel semblent se complaire les journalistes nouvelle-vague du journal Le Devoir. Désolant!