Philippe Couillard défend la démocratie de la FMSQ

Le premier ministre Philippe Couillard ne s’offusque pas du processus décisionnel de la FMSQ, qui a confié à une assemblée de 130 délégués le mandat d’entériner l'entente.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le premier ministre Philippe Couillard ne s’offusque pas du processus décisionnel de la FMSQ, qui a confié à une assemblée de 130 délégués le mandat d’entériner l'entente.

Le premier ministre Philippe Couillard ne s’offusque pas du processus décisionnel de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), qui a confié à une assemblée de 130 délégués le mandat d’entériner l’entente de plus de 2 milliards avec le gouvernement.

« C’est l’essence même de la démocratie représentative », a tranché le chef du gouvernement mercredi, au Salon bleu.

Il répondait à une question du chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, au sujet de la représentativité de la FMSQ et du malaise exprimé par certains médecins, qui disent ne pas avoir besoin des hausses de rémunération que Québec leur a octroyées.

« Qu’est-ce que le premier ministre pense d’une démocratie, au sein d’une fédération médicale […], qui ne consulte pas ses 10 000 membres, mais laisse la décision à seulement 133 d’entre eux ? Il ne trouve pas qu’il y a un problème ? Deux milliards de dollars en jeu et le “non” de médecins spécialistes qui sont en train de dire que cette entente-là ne devrait pas exister ? » a lancé le chef de l’opposition officielle.

« Si je compte bien, on est 125 pour représenter plus de huit millions de personnes et prendre des décisions sur des dizaines de milliards de dollars. Franchement, c’est l’essence même de la démocratie représentative », a répliqué Philippe Couillard.

Un gouvernement « agressif »

Le chef du gouvernement, qui a fait carrière comme neurologue, s’est auparavant défendu d’avoir mal négocié avec les médecins spécialistes.

« Le fait que je sois issu de la profession médicale, comme mon collègue [le ministre de la Santé, Gaétan Barrette], n’a absolument rien à voir avec ce qui a été fait, au contraire », a affirmé le premier ministre. « Je vous mets au défi de trouver un gouvernement qui a été aussi agressif envers la profession médicale qu’on l’a été depuis 2014 », a-t-il ajouté, pendant que s’exclamait l’opposition.

Les hausses de rémunération octroyées aux médecins spécialistes sont le résultat de l’étalement d’une entente conclue en 2007 entre Gaétan Barrette et Philippe Couillard, qui étaient alors respectivement président de la FMSQ et ministre de la Santé.

Cette entente prévoyait un rattrapage salarial de 25 % jusqu’en 2016. Gaétan Barrette a reconnu la semaine dernière que cette entente avait été conclue sur la base de prévisions erronées, qui surestimaient la rémunération des médecins hors Québec pour les années à venir.

La FMSQ n’a pas répondu à la demande d’entrevue du Devoir mercredi. Elle est restée muette depuis la signature d’une entente qui prévoit des hausses de rémunération de 11,2 % sur huit ans, en plus d’un montant non récurrent de 1,5 milliard de dollars, pour les médecins spécialistes.