«Les libéraux ont commencé à placer leur monde», peste la CAQ

«Les libéraux ont commencé à placer leur monde», a lancé le député caquiste Simon Jolin-Barrette au sujet de la nomination de Dominique Savoie.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne «Les libéraux ont commencé à placer leur monde», a lancé le député caquiste Simon Jolin-Barrette au sujet de la nomination de Dominique Savoie.

La Coalition avenir Québec (CAQ) s’est scandalisée jeudi de la nomination de Dominique Savoie à titre de sous-ministre du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, moins de deux ans après qu’elle fut destituée du ministère des Transports (MTQ) pour avoir prétendument fermé les yeux sur les pratiques douteuses qui avaient lieu dans ce ministère.

« Les libéraux ont commencé à placer leur monde », a lancé le député caquiste Simon Jolin-Barrette au sujet de la nomination, annoncée la veille par le conseil des ministres. « Elle a outrepassé les compétences de son propre ministre, et on la nomme de nouveau. »

 

 

Dominique Savoie est passée à la trappe lors du scandale sur les irrégularités au MTQ, en mai 2016. Elle a ensuite obtenu un poste au Conseil exécutif, assorti d’un salaire de 210 000 $. Elle retrouvera ses fonctions de sous-ministre le 19 février, au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles cette fois.

En 2016, l’Unité permanente anticorruption s’est saisie du dossier du MTQ, dans lequel Dominique Savoie était mise en cause.

L’année suivante, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a annoncé que l’affaire ne mènerait pas à des accusations.

La sous-ministre a aussi été blanchie par l’Assemblée nationale dans une affaire d’outrage au Parlement. Le président Jacques Chagnon lui a néanmoins reproché son « attitude désinvolte », ses « inexactitudes » et le « cafouillage administratif » dont elle a été responsable lors de sa comparution en commission parlementaire.

Même le ministre des Transports dont elle relevait à l’époque, Robert Poëti, avait remis sa compétence en doute. À sa sous-ministre qui avait « étiré le temps à outrance » selon lui, le ministre avait réclamé davantage d’imputabilité.

Débats houleux au Salon bleu

La CAQ s’est affairée à le rappeler jeudi. « Est-ce qu’elle est une criminelle ? Apparemment, non. Est-ce qu’elle est une bonne gestionnaire ? Très clairement, non. Comment pouvez-vous la renommer sous-ministre après tout ce qu’elle a fait ? », a demandé le député caquiste Éric Caire en Chambre.

« Quelle compétence avez-vous pour remettre en question la décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales ? […] Vous n’avez aucun sens de l’État, vous n’avez aucun sens des responsabilités », a rétorqué le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau, avec aplomb.

Combatif, le ministre a reproché à Éric Caire de vouloir ramener le Québec « à l’époque de Duplessis », en plus de lui reprocher de mépriser la fonction publique. « Vous êtes un bon soldat, un soldat servile, et ceux qui ne pensent pas comme vous, vous allez les mettre à la porte. Ça, c’est une époque qui est révolue, c’est l’époque de la Grande noirceur, c’est l’époque dans laquelle la CAQ nous ramènerait », a lancé Pierre Moreau.

La CAQ a par ailleurs dénoncé la nomination à la Régie de l’Énergie de François Émond — un ex-directeur de cabinet du ministre Pierre Arcand — et la nomination de Mareine Gervais Cloutier — une ex-employée de la députée libérale Maryse Gaudreault — à l’Office des professions du Québec.