Québec: une rentrée parlementaire aux allures de campagne électorale

Philippe Couillard promet d’améliorer la qualité de vie des salariés, notamment en facilitant la conciliation travail-famille-études au moyen de plus longs congés pour les parents.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Philippe Couillard promet d’améliorer la qualité de vie des salariés, notamment en facilitant la conciliation travail-famille-études au moyen de plus longs congés pour les parents.

Le temps court. L’équipe de Philippe Couillard dispose de moins de 50 jours pour compléter son programme législatif, et elle avance en terrain miné. Coup d’oeil sur les projets de loi qui risquent de s’enfoncer dans un maelström préélectoral.

Loi visant à accroître la compétence et l’indépendance du commissaire à la lutte contre la corruption

Le Parti québécois mène la charge contre le projet de loi 107. L’opposition officielle pose comme condition sine qua non à son appui la désignation du prochain grand patron de l’Unité permanente anticorruption par au moins les deux tiers des élus de l’Assemblée nationale, ce à quoi se refuse le gouvernement libéral.

« C’est clair, on va voter contre. Avec l’administration actuelle de l’UPAC, on ne [lui] accordera [pas] plus de pouvoirs. Ça, c’est clair pour le Parti québécois », a dit le leader parlementaire de l’opposition officielle, Pascal Bérubé.

Le PQ ne se contentera pas de l’amendement déposé par le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, qui vise à instaurer un comité de surveillance formé de trois membres nommés par l’Assemblée nationale, qui serait chargé d’« effectuer un suivi approprié quant à l’évolution du climat de travail au sein de l’UPAC ».

Le gouvernement fera-t-il fi de la désapprobation de l’opposition en usant de sa majorité pour adopter ce projet de loi controversé ?

Au moment du vote final, les regards se tourneront vers le député libéral Guy Ouellette, qui a été écarté de la présidence de la commission parlementaire chargée de passer au crible le projet de loi 107 — au lendemain de son arrestation par l’équipe du commissaire Robert Lafrenière.

Loi portant sur la réforme du système de taxation scolaire

Déterminée à « remettre de l’argent dans le portefeuille des familles », la Coalition avenir Québec incarnera l’opposition au projet de loi 166.

Ce projet de loi vise à créer un taux de taxe scolaire unique « basé sur le taux de taxation effectif [qui était] le plus bas en 2017-2018 » dans chaque région. La facture : 670 millions, selon le gouvernement libéral.

Le chef caquiste, François Legault, s’est lancé dans une surenchère. Il a effectivement promis il y a deux semaines d’uniformiser les taux de taxe scolaire au taux le plus bas en vigueur, soit 10,54 ¢ pour 100 $ d’évaluation foncière, d’ici 2022. Il a chiffré sa promesse préélectorale à 700 millions de plus que celle du gouvernement Couillard, soit 1,3 milliard. Il n’est pas question pour autant de couper en éducation, « au contraire », martèle M. Legault.

Le PQ, qui promet de n’abaisser ni les impôts ni les taxes, n’en croit rien.

Les baisses de taxes scolaires promises par le PLQ et la CAQ sont « infinançables [sic] si on ne réduit pas la qualité des services », a fait valoir le chef péquiste, Jean-François Lisée, lundi.

« Il est clair pour nous qu’il n’y a aucun moyen de maintenir ou d’améliorer les services en réduisant les impôts, aucun moyen, et ceux qui disent le contraire mentent », a-t-il déclaré en marge du caucus de la rentrée des élus péquistes.

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Nombre de projets de loi publics du gouvernement inscrits au feuilleton

Loi modernisant les normes du travail

Pour sa part, Québec solidaire ne lâchera pas d’une semelle le gouvernement libéral s’il se lance dans la révision de la Loi sur les normes du travail.

Le gouvernement libéral promet d’améliorer la qualité de vie des salariés, notamment en facilitant la conciliation travail-famille-études au moyen de plus longs congés pour les parents.

« La question de la qualité de vie, de la conciliation travail-famille, du temps pour les familles [est] devenue tellement actuelle, tellement réelle », a souligné M. Couillard jeudi dernier.

Son gouvernement « a l’intention d’agir là-dessus », d’autant plus qu’il dispose « maintenant des marges de manoeuvre pour le faire de façon plus concrète », a-t-il ajouté.

« Ça fait 30 ans que nos normes du travail n’ont pas été modernisées. Il est grand temps de le faire. Il y a bien sûr la question des agences de placement qui va nous préoccuper beaucoup, mais bien sûr les vacances, les congés, les heures supplémentaires, c’est d’actualité », a fait valoir le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, à la veille de la reprise des travaux parlementaires.

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Nombre de projets de loi publics du gouvernement adoptés depuis le début de la 41e législature