Le PQ fait monter en grade quelques jeunes élus

La députée Catherine Fournier, née en 1992, hérite du portefeuille de l’immigration.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La députée Catherine Fournier, née en 1992, hérite du portefeuille de l’immigration.

Le Parti québécois fait monter en grade quelques élus des générations X et Y pour rajeunir l’image du parti : le chef Jean-François Lisée a annoncé vendredi un remaniement de son équipe.

C’est ainsi que la députée de Marie-Victorin, Catherine Fournier, prend du galon, de même que le leader parlementaire Pascal Bérubé, ainsi que le député de Terrebonne, Mathieu Traversy. Cependant, plusieurs des responsabilités fondamentales restent aux mains des élus plus anciens, comme les finances, la santé et le Conseil du trésor.

Dans ce premier communiqué attribué au chef Jean-François Lisée et à sa nouvelle numéro deux Véronique Hivon, le duo met en place un système complexe qui répartit les dossiers prioritaires péquistes en affectant des lieutenants à ses porte-parole officiels. Le lieutenant, dit-on au parti, épaulera le porte-parole, peut être présent lors des rencontres avec les groupes et peut remplacer le porte-parole en Chambre ou pour des entrevues en cas d’indisponibilité.

Par exemple, la plus jeune élue du PQ, représentante de la génération Y, Catherine Fournier (née en 1992), hérite du portefeuille de l’immigration, autrefois détenu par la députée d’Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, qui sera sa lieutenante.

Mme Poirier devient porte-parole en éducation primaire et secondaire, et Alexandre Cloutier, le député démissionnaire de Lac-Saint-Jean, qui occupait auparavant ces fonctions, devient son lieutenant. Il conserve toutefois l’enseignement supérieur et la recherche, en plus d’être assisté par un lieutenant de la génération X, le député de René-Lévesque, Martin Ouellet (né en 1977), aux affaires autochtones et aux communautés nordiques.

Un Y, Mathieu Traversy (né en 1984), de Terrebonne, prend le portefeuille de la protection des consommateurs que laisse Mme Fournier. Il devient aussi lieutenant en matière d’identité nationale, un nouveau dossier très large qui comprend la question de la langue, mais aussi de la culture et des communications.

Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Pascal Bérubé

Le porte-parole officiel en ces matières est désormais le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, un représentant de la génération X (né en 1975), qui ajoute cette responsabilité à son rôle de leader parlementaire.

Il devient aussi lieutenant en matière de laïcité, pour seconder la porte-parole Agnès Maltais, la députée démissionnaire de Taschereau, mais il abandonne à Stéphane Bergeron, de Verchères, le dossier de la sécurité publique, où il avait souvent fait mouche concernant l’UPAC.

Le député de Saint-Jean, Dave Turcotte, un Y (né en 1983), ajoute aux services sociaux les responsabilités de l’alphabétisation et de l’habitation.

Mme Poirier devient leader parlementaire adjointe à la place de son collègue de Richelieu, Sylvain Rochon, et c’est le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, qui lui succède comme whip en chef — le préfet de discipline du parti.

Plusieurs titulaires de portefeuilles importants qui sont maintenus dans leurs attributions après ce remaniement ne seront pas assistés d’un second. C’est le cas de M. Rochon, à l’énergie et aux ressources naturelles, de Diane Lamarre, à la santé, de Nicolas Marceau, aux finances, de Nicole Léger, au Conseil du trésor, de Harold LeBel, à l’emploi et à la solidarité sociale, d’Alain Therrien, à l’économie, de Martin Ouellet, aux transports, et d’André Villeneuve, à l’agriculture et à l’alimentation.

4 commentaires
  • Pierre Beaulieu - Abonné 2 février 2018 17 h 07

    Du mouvement au PQ

    Du sang neuf en même temps que du renouveau, qui dit mieux? Au PQ tout est sur la table, alors le mouvement est vraiment indicatif de l'orientation que se donne le parti.
    Ce n'est pas au PLQ qu'on peut voir les tendances, il faudrait que les vrais dirigeants du parti se manifestent et rendent des comptes.
    Pour ce qui est de la CAQ, ce n'est pas sérieux, ils n'ont pour seule raison d'être que de se débarrasser du PLQ.

  • Sylvain Martet - Abonné 2 février 2018 19 h 42

    On peux-tu se détendre avec les générations bidons?

    Nan mais ça serait bien aussi de ne pas utiliser la catégorie idiote des Y. S'il vous plait. Les "générations" sont principalement construites par des petits gars du marketing. Ça veut rien dire. En tout cas rien de plus que "jeune". Ou "relativement jeune", parce que 1983, ça lui fait 35 ans cette année à Dave Turcotte, c'est pas mal plus proche de l'âge moyen au Québec (42 ans) que d'un ado.

  • Hermel Cyr - Abonné 2 février 2018 20 h 56

    De bons signes mais …

    La nomination de Véronique Hivon, le rajeunissement du « cabinet fantôme, tout ça va dans le bon sens.

    Mais… il manque trois ingrédients au redressement du PQ.

    Le premier, le plus pressant, c’est de devenir la véritable opposition politique au gouvernement Couillard, ce qu’il ne réussit pas à faire. Par exemple, c’est le silence radio sur les cris d’horreur des infirmières et des gestionnaires du milieu de la santé. Où est le PQ, l’opposition officielle alors qu’il pourrait en tirer beaucoup ?

    Deuxième : les relations publiques. Le PQ a le seul programme digne d’une alternative à la situation actuelle du Québec. Or, il ne trouve pas le moyen de le mettre sur la place publique. Le PQ était jadis le plus efficace communicateur politique au Québec politique. Il est devenu incapable de communiquer quoi que ce soit !

    Troisième : mobiliser l’imaginaire indépendantiste. Ici aussi, il fait patate. C’est bien beau de dire qu’on reporte la question de l’indépendance, encore faut-il annoncer comment on va établir le plan de match et comment on va mobiliser pour la réaliser.

    J’espère seulement que les prochains mois vont me donner tort.

  • Jean Duchesneau - Abonné 4 février 2018 05 h 38

    @Hermel Cyr

    Votre analyse est très juste. J’ai confiance que Véronique Hivon qui sera invitée dans tous les médias saura communiquer adéquatement en ce sens. J’ajouteraià votre commentaire qu’il sera aussi important qu’elle s’adresse aux médias anglophones et allophones car elle peut sans doute bien s’exprimer en anglais elle qui est diplômée en droit de McGill et en maitrise de la prestigieuse London School of Economics.