La porte est «grande ouverte» pour Péladeau au PQ

Interrogé sur ses ambitions politiques mardi matin en entrevue radiophonique, Pierre Karl Péladeau s’est dit «en réserve de la République».
Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne Interrogé sur ses ambitions politiques mardi matin en entrevue radiophonique, Pierre Karl Péladeau s’est dit «en réserve de la République».

Pierre Karl Péladeau pourra brandir le poing aux côtés de Jean-François Lisée s’il le souhaite : le chef du Parti québécois (PQ) a déclaré mardi que la porte de son parti « est grande ouverte » pour le retour en politique du grand patron de Québecor.

Elle semble donc révolue, cette époque — en février 2015 — où le candidat Lisée qualifiait le magnat des médias de « bombe à retardement » pour le PQ.

Quelques heures après une entrevue au cours de laquelle Pierre Karl Péladeau s’est dit « en réserve de la République », Jean-François Lisée a « dévoilé son jeu », disant être en discussion avec l’ex-chef du PQ afin qu’il reprenne du collier sous la bannière péquiste.

« On s’envoie des signaux. Il le sait, que je souhaite qu’il vienne », a déclaré le chef du PQ aux médias qui l’attendaient en Mauricie, où s’ouvre ce mercredi le caucus présessionnel de son parti. Le patron de Québecor n’a cependant pas fait son nid, selon lui. « Je sens que c’est une réflexion qu’il mène. Pour l’instant, c’est non. Ce qu’il nous envoie comme signaux, c’est non », a répété M. Lisée.

Au micro de Radio-Canada, Pierre Karl Péladeau a fait le point sur sa situation familiale, qui l’a contraint le 1er mai 2016 à annoncer son retrait de la vie politique, le trémolo dans la voix. « Ce n’était pas mon souhait, bien au contraire », a-t-il rappelé.

« Évidemment, les choses ont bien évolué depuis mon départ. J’ai une garde partagée qui est sanctionnée par le tribunal, donc tout se passe bien. Et Romy, ma fille […] m’a dit la semaine dernière : “Il faut que tu te présentes. Il faut que tu y ailles” », a-t-il révélé plus tard.

Jean-François Lisée s’en est réjoui. « Moi, ce que je ne savais pas, c’est que j’avais Romy avec moi. J’ai appris ça ce matin et ça m’a mis de bonne humeur ! » a-t-il lancé.

Les prises de bec « derrière nous »

En 2015, la course à la chefferie du PQ avait révélé des lignes de fracture entre les candidats Lisée et Péladeau. « Bombe à retardement », « énorme problème » : Jean-François Lisée avait fait grand cas de la position délicate de son adversaire, propriétaire d’une vaste entreprise de presse et aspirant au titre de chef de l’opposition.

« Je pense que ça, c’est derrière nous », a affirmé le chef du PQ mercredi, ajoutant que Pierre Karl Péladeau était « prêt à aller plus loin, même, que ce que la loi lui demandait », puisqu’il avait placé en 2015 ses actifs dans une fiducie sans droit de regard.

À l’époque, le commissaire à l’éthique Jacques Saint-Laurent avait recommandé de « préciser les obligations du député et les pouvoirs du commissaire à l’égard des situations exceptionnelles relatives aux intérêts détenus par un élu ».

En avril dernier, la Commission des institutions de l’Assemblée nationale s’est avouée « préoccupée » par les enjeux que soulève cette recommandation, « difficilement applicable » à son avis.

Toujours au micro de Radio-Canada, Pierre Karl Péladeau a confié qu’il s’est finalement senti « très bien » à l’Assemblée nationale à partir du moment où il a pris du galon comme chef de l’opposition. Mais il n’y a pas là de raison de craindre un « putsch » au sein du PQ, a assuré Jean-François Lisée.

« Je suis un chef qui aime s’entourer d’équipes fortes et de gens qui ont des ambitions pour la suite, bien sûr », a-t-il déclaré, évoquant le nom d’un autre ex-péquiste — Jean-Martin Aussant — au détour d’une phrase.

Chose certaine, la déclaration de M. Péladeau s’inscrit bien dans le calendrier — aux airs de crescendo — que suit le PQ depuis le retour des vacances de Noël. D’une série de départs annoncés le 17 janvier, le parti est passé à l’annonce de la candidature de Nathalie Leclerc, le lendemain, puis au lancement d’une offensive publicitaire, trois jours plus tard.

Si ce n’est pas déjà prévu au programme, il ne devrait donc pas se révéler hasardeux de trouver une place pour le candidat Péladeau dans la campagne menant au scrutin d’octobre 2018.

« Ça ne sera pas un problème [de lui trouver une circonscription] ! » a lancé le chef Lisée au sujet de celui qui avait obtenu 37 % des voix dans Saint-Jérôme en 2014, tout juste devant la Coalition avenir Québec.

Avec Marco Bélair-Cirino à Sainte-Adèle

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