La CAQ veut être plus représentative de la diversité culturelle du Québec

François Legault et ses députés ont réservé un accueil digne d’un candidat vedette à Lionel Carmant, qui n’a toutefois pas encore confirmé qu’il porterait les couleurs de la Coalition avenir Québec lors des prochaines élections générales.
Photo: Marco Bélair-Cirino Le Devoir François Legault et ses députés ont réservé un accueil digne d’un candidat vedette à Lionel Carmant, qui n’a toutefois pas encore confirmé qu’il porterait les couleurs de la Coalition avenir Québec lors des prochaines élections générales.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, promet de redoubler d’efforts afin de recruter des Québécois issus de la diversité culturelle en vue des prochaines élections générales. « Je voudrais que le gouvernement de la CAQ soit le gouvernement de tous les Québécois. Donc, je voudrais que tous les groupes au Québec soient représentés dans notre équipe », a-t-il déclaré en marge du caucus présessionnel de la CAQ, lundi dans les Laurentides.

À l’heure actuelle, la CAQ ne comprend aucune minorité visible. À l’exception du député de Drummond–Bois-Francs, Sébastien Schneeberger, qui est né en Suisse, tous les élus de la CAQ ont grandi au Canada.

Le neuropédiatre Lionel Carmant s’est dit lundi disposé à participer aux efforts déployés afin d’accroître les appuis de la CAQ auprès des immigrants, et de leurs enfants. Briguera-t-il les suffrages sous la bannière de la CAQ le 1er octobre prochain ? Le fils d’immigrants haïtiens, qui est « fier d’être québécois et canadien », y songe sérieusement. « J’appuie les idées de la CAQ », a-t-il affirmé, après avoir été interpellé sur la promesse de M. Legault de réviser à la baisse les seuils d’immigration au Québec.

Le Dr Carmant s’est dit « déçu » de l’absence d’« amélioration » dans l’accessibilité aux soins de santé malgré les réformes opérées par le ministre libéral Gaétan Barrette depuis le printemps 2014. « Il faut donner à tout le monde l’accès à des soins de qualité au moment approprié. On n’a pas ça au Québec. On n’a pas encore ça. Pourtant, on a tout ce qu’il faut pour le faire », a-t-il déclaré à la presse. « Le secret passe par l’interdisciplinarité. [On] est tous des soignants — médecins, infirmières, professionnels, pharmaciens… — et c’est ensemble qu’on va réussir à améliorer l’accès aux soins », a soutenu l’homme, dont le curriculum vitae s’étend sur 73 pages.

Dépistage et intervention précoce

 

À huit mois et demi des élections générales, M. Legault a chargé M. Carmant de jeter les bases d’un « programme de dépistage précoce et d’intervention précoce des problèmes de neurodéveloppemment de tous les enfants au Québec » conjointement avec les députés François Paradis, Jean-François Roberge et Geneviève Guilbault. « Combien de fois a-t-on entendu des parents qui soupçonnent des problèmes de développement chez leur enfant de deux ans ou trois ans, et qui sont obligés d’attendre 12 mois, 18 mois, 24 mois pour avoir un diagnostic à l’hôpital? Ça ne s’arrête pas là. Une fois qu’ils ont obtenu le diagnostic, ils doivent ensuite se mettre sur la liste d’attente pour obtenir des services d’orthophonistes et autres. Ça n’a pas de bon sens, en 2018, dans une société civilisée », a-t-il dénoncé.

Lionel Carmant, directeur médical du Centre intégré du réseau en neurodéveloppement de l’enfant (CIRENE), propose de dépister les enfants éprouvant des problèmes de neurodéveloppement et d’intervenir le plus tôt possible auprès d’eux. « Dès qu’un parent, un grand-parent ou un intervenant trouve qu’un enfant a un retard au niveau de son développement, [il faut] qu’on puisse l’identifier, déterminer sa cause et donner l’intervention appropriée au moment approprié », a-t-il fait valoir. Il s’agirait de « la plus grande avancée » en matière d’« accès aux soins [de santé] au Québec depuis la RAMQ », selon le chef du Service de neurologie du CHU Sainte-Justine.

François Legault mise sur un dépistage précoce des problèmes de neurodéveloppement, qui sont responsables des troubles d’apprentissage, afin d’accroître le taux de réussite des élèves québécois. Le taux de diplomation dans les écoles secondaires du Québec est de 10 points inférieurs à celui dans les écoles secondaires de l’Ontario, a-t-il fait remarquer lundi. « Ça, ça veut dire des milliers d’enfants qui décrochent, qui n’auront pas les outils pour prendre leur place dans la société pour faire leur contribution. »

Les élus caquistes sont rassemblés à Sainte-Adèle, dans les Laurentides, en prévision de la reprise des travaux parlementaires, le 6 février prochain. La CAQ compte y faire le plein de nouveaux élus le 1er octobre prochain. « On veut que les Laurentides deviennent complètement caquistes ! », a lancé M. Legault, résumant ainsi le programme de la CAQ pour les Québécois : une « meilleure qualité de vie », de « meilleurs services » et « plus d’argent dans leur portefeuille ».

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