Raphaël Fortin élu chef du NPD Québec

Le nouveau chef, Raphaël Fortin (photo), a devancé son adversaire, Raymond Côté, en obtenant 62 % des voix.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le nouveau chef, Raphaël Fortin (photo), a devancé son adversaire, Raymond Côté, en obtenant 62 % des voix.

Le Nouveau Parti démocratique du Québec (NPDQ), qui compte prendre part à la prochaine élection provinciale, a maintenant un chef. Raphaël Fortin, 37 ans, a été élu dimanche à la tête de la formation politique qui n’aura que quelques mois pour attirer vers elle les fédéralistes de gauche.

« L’échéance est courte, a déclaré le vainqueur devant la cinquantaine de militants réunis dans un centre communautaire de Montréal. Je vais avoir besoin de vous. »

M. Fortin a devancé son adversaire, Raymond Côté, en obtenant 62 % des voix. Environ 67 % des quelque 600 membres du NPDQ se sont exprimés.

Le nouveau chef de la formation politique travaille depuis douze ans dans le secteur hôtelier et de la restauration. Il a mordu la poussière à deux reprises en tentant de se faire élire comme député lors des élections fédérales de 2008 et 2015.

Nouvelle voix

Raphaël Fortin veut que le NPDQ devienne le véhicule politique des fédéralistes de gauche et des nombreux électeurs québécois qui ne vont pas voter. « Je pense qu’il y a une place pour être la voix de ces gens-là et parler à cette population-là. Je faisais partie de ceux qui ne se retrouvaient pas [dans les partis actuels] », dit-il.

Lors de la course à direction, il a notamment proposé de mettre fin graduellement au financement des écoles privées et de modifier la rémunération des médecins pour en faire des salariés. Il a appuyé l’idée du salaire minimum à 15 $ l’heure, tout en privilégiant d’abord l’instauration d’un revenu minimum garanti.

Maintenant, on va pouvoir dire que nous avons un visage, que nous avons un nom. On va pouvoir construire à partir de là.

« Je ne peux pas m’avancer sur des montants, mais c’est clair que je suis partisan du revenu minimum garanti, a-t-il affirmé dimanche. On va s’atteler à développer une plateforme qui va expliquer pourquoi ce serait bénéfique pour l’ensemble des Québécois. »

À son avis, son parti se distinguera de Québec solidaire, « qui a fait un virage vers la souveraineté » en acceptant de fusionner avec Option nationale. La différence était d’ailleurs notable dimanche : les affiches et les chandails des sympathisants étaient mauves plutôt qu’orange, puisque cette couleur associée au NPD fédéral est déjà utilisée par les solidaires.

Huiler la machine

Pour le NPD Québec, le défi sera maintenant de construire et d’huiler la machine électorale à temps pour l’élection d’octobre 2018. « L’élection d’un nouveau chef est une étape importante dans la vie d’un parti. Parce que, maintenant, on va pouvoir dire que nous avons un visage, que nous avons un nom. On va pouvoir construire à partir de là », soutient le président de la formation politique, Denis Blanchette.

La plateforme électorale sera élaborée au cours des prochains mois lors d’un congrès, et le travail commence dès maintenant pour recruter des membres, remplir les coffres et attirer des candidats.

« Nous sommes encore un petit parti avec des moyens modestes, mais ça ne nous empêche pas de travailler », souligne-t-il, en précisant que le NPDQ garde une « saine distance » avec le grand frère fédéral. « Chacun respecte la cour de l’autre. »

Raphaël Fortin a indiqué dimanche qu’il veut présenter le plus de candidats possible aux prochaines élections, mais pas des « poteaux ».