Vague de départs au Parti québécois

Le doyen de l’Assemblée nationale, François Gendron, ainsi que la députée Nicole Léger annonceront sous peu qu’ils prendront leur retraite de la vie politique.
Photo: Clément Allard Le Devoir Le doyen de l’Assemblée nationale, François Gendron, ainsi que la députée Nicole Léger annonceront sous peu qu’ils prendront leur retraite de la vie politique.

L’ancien chef d’Option nationale Jean-Martin Aussant peut désormais rentrer d’exil, disent des militants du Parti québécois, tout en pointant la circonscription de Pointe-aux-Trembles. Cumulant plus de 20 ans de vie politique, Nicole Léger renonce à y briguer une nouvelle fois les suffrages le 1er octobre prochain.

Les députés d’Abitibi-Ouest et de Bertrand, François Gendron et Claude Cousineau, tireront également un trait sur leur carrière politique, selon les informations du Devoir.

Ancienne ministre de la Famille (déléguée de 1998 à 2001 et en titre de 2012 à 2014) et de la Lutte contre la pauvreté et l’exclusion (2001-2003), Nicole Léger fera le point sur son « avenir politique » à l’occasion d’une conférence de presse à Montréal ce mardi avant-midi.

L’annonce du départ de Mme Léger survient alors que Jean-Martin Aussant songe sérieusement à effectuer un retour sur la scène politique québécoise.

En effet, l’économiste envisage un retour au sein du PQ, mais non sans conditions, a-t-on expliqué au Devoir à huit mois et demi du scrutin. La disponibilité d’une « bonne » circonscription dans la région métropolitaine fait partie du lot. « Les astres s’alignent », a dit un membre influent du PQ contacté par Le Devoir lundi soir. « Mais ce n’est pas encore attaché à 100 % », a-t-il ajouté.

Plusieurs misent sur le retour de M. Aussant afin de gonfler les appuis au PQ. Au début du mois de décembre, la formation politique recueillait 19 % des intentions de vote, selon un sondage Léger-Le Devoir. Le chef péquiste, Jean-François Lisée, avait alors appelé les indépendantistes démobilisés par sa promesse de ne pas tenir de référendum sur l’indépendance dans un premier mandat à se serrer les coudes autour du PQ. « Si on veut l’indépendance, il faut prendre le train du Parti québécois en 2018. Parce que si on vote pour la CAQ ou pour le Parti libéral, on va dans le sens inverse », avait-il martelé. M. Aussant n’a pas répondu aux appels ni aux courriels du Devoir lundi soir afin de dire si M. Lisée l’a convaincu.

Au printemps 2016, le directeur général du Chantier de l’économie sociale n’avait pu s’empêcher de partager son étonnement face à la promesse de Lisée de reporter à un second mandat (2022-2026) la tenue d’un nouveau référendum sur l’indépendance du Québec. Sur sa page Facebook, il avait appelé les partis politiques à « assume [r] face à l’électorat » leur « raison d’être ». « Ça s’appelle tout simplement être démocrate. Les gens, alors, retrouveront confiance en leurs élus », avait-il écrit, ne nommant toutefois à aucun moment M. Lisée dans son billet.

Changement de garde au PQ

Nicole Léger a été une figure importante de la formation politique, ayant siégé au conseil exécutif national à plus d’une occasion. Elle est demeurée une alliée précieuse de Pauline Marois avec qui elle a bâti le réseau des centres de la petite enfance (CPE). Elle avait d’ailleurs démissionné à l’été 2006 après le revers subi par « Madame » à la course à la direction du PQ suivant la démission de Bernard Landry. Elle est revenue à l’Assemblée nationale lors d’une élection partielle en 2008 — emboîtant le pas à la nouvelle chef du PQ, Pauline Marois. Elle est aujourd’hui la doyenne des élues à l’Assemblée nationale. Elle terminera son mandat, a-t-on précisé au Devoir.

Le doyen (toute catégorie) de l’Assemblée nationale, François Gendron, a aussi choisi de laisser la place à la relève d’ici le 1er octobre prochain. Le député d’Abitibi-Ouest a célébré le 15 novembre dernier 41 années de vie politique active ininterrompue. Élu une première fois dans l’équipe de René Lévesque, il détient aujourd’hui le record de longévité des membres de l’Assemblée nationale. Il a pris part à 11 élections générales et a gagné à tous les coups.

Le député de Bertrand, Claude Cousineau, aurait également choisi d’accrocher ses patins, selon nos informations.

Pour sa part, Agnès Maltais songe sérieusement à « prendre du repos », mais des organisateurs politiques font des pieds et des mains afin qu’elle défende une nouvelle les couleurs du PQ dans la circonscription de Taschereau, qui est dans la mire de Québec solidaire.

8 commentaires
  • Gilles Bonin - Inscrit 15 janvier 2018 23 h 26

    Un perte mais un repos bien mérité

    Monsieur Gendron est sans aucun doute le député le plus estimé de l'Assemblée nationale. Une fois dans sa circonscription j'ai fait une légère critique à son égard et à ma grande surprise, je me suis fait rabroué vertement par deux militants libéraux...Il avait le respect de tous avec son dévouement, sa sagesse et son "parler-vrai".
    Merci monsieur Gendron pour ces 42 ans. Bon repos, profitez de la vie et de vos petits-enfants. Louis XIV disait:"le peuple n'est unanime que dans l'ingratitude". Ce sera faux pour les citoyens de l'Abitibi, ils vous seront tous reconnaissants.

  • Serge Pelletier - Abonné 16 janvier 2018 04 h 04

    Le bateau coule

    Le bateau coule, les rats désertent... mais avec de belles primes de ci et de ça... Sans omettre, pour la plupart, de juteuses pensions indexées vie durant.

    Le "pas plus de deux mandats" pour tous permettrait de palier à cette chose qu'est la politicaillerie de carrière. Si en 10 ans (deux mandats légaux) un député, soit-il PM ou ministre, n'a pas réussi à faire quelque chose, ce n'est certainement pas en étant là pour "l'éternité" qu'il fera quelque chose.

    • Colette Pagé - Inscrite 16 janvier 2018 10 h 36

      Je considère déplacée et blessante cette référence animale aux rats qui désertent. Un qualificatif qui ne s'applique ni à François Gendron, Nicole Léger ou Alexandre Cloutier qui ont tout au long de leur parcours défendu les intérêts du Québec.

      Ce travail de député sous-payé fort exigeant mérite considération et respect.

    • Gilles Bonin - Inscrit 16 janvier 2018 11 h 05

      Les commentaires ici dans les pages du Devoir sont toujours élégants et jamais mesquins. Je vous suggère d'aller vers un autre journal ou le fiel est quotidien.

    • Jean-Luc Pinard - Abonné 16 janvier 2018 15 h 26

      D'accord avec Claude Gélinas. M. Pelletier écrit en son nom personnel. Le titre du Devoir «Les élus péquistes se bousculent vers la sortie» est tout aussi mesquin et n'est pas digne du journal que vous défendez M. Bonin. Un aussi grand nombre de députés libéraux pourraient laisser leur place sans que soit présumée une telle bousculade vers la sortie. On conviendra qu'il n'y a pas le feu en la demeure et que le moment actuel est propice aux annonces de fin de mandat.

  • Lise Bélanger - Abonnée 16 janvier 2018 08 h 04

    Il y a au moins le double de départs au PLQ.

    • Jean Roy - Abonné 16 janvier 2018 10 h 12

      Peut-être... mais il y a de petites différences!

      D’une part, le PLQ est un strict parti de pouvoir dans lequel les députés sont des pièces plus ou moins interchangeables. Et pour notre grand malheur, ce parti est toujours en bonne santé au point de vue électoral.

      D’autre part, le PQ est le parti d’un projet, d’une idée, d’un rêve, dont les députés sont souvent les porte-étendards. Et pour notre malheur, ce parti est en mauvaise santé à tous les points de vue...

  • Tristan Roy - Abonné 16 janvier 2018 11 h 03

    Arrivée de Aussant

    L'arrivée hypothétique de M. Aussant qui, rappellons le, n'a pu aller chercher que moins de un pour cent avec son parti "Option Nationale", nuirait au PQ plus qu'autre chose.

    Les membres de son ex-parti sont déjà passés chez Québec Solidaire. M. Aussant amènera quelques millers de vote de plus à la grandeur du Québec. Peut-être.

    Option Nationale a rallié 0,73 % des votes en 2014, soit 30 000 électeurs. Ce sont des indépendantistes durs, opposés à la politique du PQ de référendum dans un deuxième mandat. La grande majorité voterait QS maintenant.

    L'arrivée au PQ de M. Aussant, qui a laissé tomber le parti qu'il a fondé, contribuerait probablement à faire fuir des électeurs ON pensant voter PQ.

    En plus, M. Aussant contesterait dès son élection le leadership de Jean-François Lisée, entre autre sur le référendum dans un deuxième mandat.

    Le PQ a assez de problèmes comme ça.

    Mais les médias seraient contents. Ils adorent écrire sur M. Aussant, une personnalité grossièrement surexposée par la presse "nationale".