Québec annonce 44 millions pour moderniser le taxi, mais dédommagera les chauffeurs plus tard

Le programme de modernisation sera alimenté par les redevances payées par Uber.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le programme de modernisation sera alimenté par les redevances payées par Uber.

Québec ne dédommagera pas tout de suite les chauffeurs de taxi pour la perte de valeur de leur permis, mais il crée un groupe de travail pour établir le montant de cette future compensation.

Le ministre des Transports, André Fortin, en a fait l’annonce vendredi à Montréal, devant plusieurs chauffeurs de taxi réunis.

Les chauffeurs de taxi ont souvent payé leur permis 200 000 $, il y a quelques années, et se retrouvent aujourd’hui avec un permis qui peut valoir 75 000 $, parfois moins. Ils attribuent cela à une concurrence accrue, particulièrement celle d’Uber.

Il a annoncé, du même souffle, un programme de modernisation de l’industrie du taxi de 44 millions sur cinq ans.

Le programme de modernisation sera d’ailleurs alimenté par les redevances payées par Uber. Sa mise en oeuvre doit commencer dès le début de 2018.

Le programme doit permettre aux taxis d’utiliser les applications technologiques récentes, d’avoir accès à des véhicules électriques et aux infrastructures de recharge, par exemple, d’accroître l’accessibilité pour les personnes handicapées et de présenter une image de marque.

Réactions

Sur place, Me Marc-Antoine Cloutier, négociateur en chef pour l’industrie du taxi, s’est réjoui des fonds octroyés pour moderniser l’industrie, qu’il voit comme « une bonne première étape ».

Mais il compte bien veiller à ce que ces fonds soient adéquatement distribués.

« Ce qui nous inquiète, c’est à quels joueurs ça va aller, à qui ça va profiter, à quel nombre de compagnies cet argent-là va pouvoir être distribué et est-ce que ça va aider les chauffeurs, les propriétaires, et comment on va le faire », a-t-il résumé.

Sur la question de la compensation financière à venir pour la perte de valeur des permis, il admet que la question est plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord.

« Ils le savent depuis longtemps que les permis ont perdu de la valeur. Mais là, la question qu’on se pose, c’est qu’on ne veut pas se cantonner simplement dans la question de la valeur des permis. Le principal élément qui a un impact sur la valeur des permis, c’est ce qu’on fait pour le futur. Est-ce qu’Uber reste ou pas ? Qu’est-ce qu’on fait avec les permis ? » a résumé Me Cloutier.

2 commentaires
  • Raymond Chalifoux - Abonné 15 décembre 2017 10 h 43

    La distribution des prix, à la fin de la session parlementaire

    Rigolos, ces Libéraux!

    De quoi d'autre peut bien parler le Parti du $? Le Parti du 100,000$, pour être un peu plus descriptif?

    Ramasse du cash, coupe le cash, reconfigure l'emploi du cash, débloque du cash, recompte le cash, quémande du cash...

    Or quand survient la nécessité de démontrer qu'on est aptes à gouverner, à assurer, à améliorer (l'avenir prévisible), on fait ce qu'on sait, on discoure cash.

    Le problème, c'est que bien souvent, les meilleures questions sont plutôt "quoi" et "comment", que "combien".

    Mais pour bien répondre aux deux premières, de questions, il faut réfléchir - de préférence en dehors du cadre - consulter, écouter, analyser, re-réfléchir... Pas facile pour un Parti qui ne sait que.. compter.

    Mais on leur en veut pas, ils sont de bonne foi (enfin, leur type de..) et comme dirait le quidam, "Une belle fille donne ce qu'elle a!"

    (Dans la phrase précédente, libre à vous de remplacer fille par "gars", par "neutre", par "LGBTQ au carré", ou de dire "Une belle fille donne son matrimoine!")

  • Robert Beauchamp - Abonné 15 décembre 2017 13 h 12

    Tassez-vous

    Tassez-vous, le néo-libéralisme va vous ''buldozer''. Uber par l'intermédiaire des redevances va vous permettre de recevoir des miettes. Des semblants de cadeaux en période pré-électorale qui va durer une éternité, les libéraux ont mis la table pour stimuler le cynisme. La recette est garantie.