Liaison Québec-Montréal: Philippe Couillard revient sur ses positions

Le dernier budget fédéral, déposé en mars, prévoyait des fonds destinés à l’étude d’un TGF (train à grande fréquence) dans le corridor Windsor-Québec.
Photo: François Pesant Le Devoir Le dernier budget fédéral, déposé en mars, prévoyait des fonds destinés à l’étude d’un TGF (train à grande fréquence) dans le corridor Windsor-Québec.

Le premier ministre Philippe Couillard révise son projet de liaison « futuriste » reliant Québec et Montréal : il le rend tributaire de la participation financière d’Ottawa et souhaite dorénavant l’arrimer avec un lien en partance de l’Ontario.

« Il y aura un projet Québec-Montréal si le fédéral embarque », a-t-il statué dans un point de presse organisé mercredi. « Si le gouvernement fédéral soutient le TGF [train à grande fréquence] concrètement — pas par des mots, par des investissements —, parfait, allons dans cette direction-là », a-t-il annoncé.

Le 26 novembre, à la clôture du congrès du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard a lancé aux Québécois le « défi d’élaborer un projet de liaison rapide entre Montréal et Québec aussi emballant que le REM », le Réseau électrique métropolitain. « Une liaison moderne, durable, futuriste entre notre capitale nationale et notre métropole », a-t-il suggéré aux militants.

Devant les journalistes, le premier ministre a dit vouloir « quelque chose de plus moderne » que le train. « L’idée du monorail circule, c’est intéressant », a-t-il affirmé.

L’idée a choqué les gens d’affaires de la Mauricie, qui se sont inquiétés de voir le projet de TGF — qui relierait notamment Montréal, Trois-Rivières et Québec — dérailler.

Un nouveau tracé ?

Mercredi, Philippe Couillard a remis en question le tracé de ce lien. « Sur la question de Montréal-Québec, encore une fois, la balle est dans le camp du fédéral. Ils ont un budget bientôt : ils auront l’occasion de démontrer, chiffres à l’appui, leur soutien pour le projet », a-t-il affirmé.

Le dernier budget fédéral, déposé en mars, prévoyait des fonds destinés à l’étude d’un TGF dans le corridor Windsor-Québec. « Il faut savoir si le fédéral va investir dans le projet de TGF », a martelé Philippe Couillard. S’ils investissent, tant mieux, ça va être le projet qui va aller de l’avant, en passant par la Rive-Nord. »

Et sinon ? « Il est possible qu’ils ne confirment pas leur aide », a reconnu le premier ministre. Il a néanmoins refusé de fermer la porte à un projet de monorail. « Il y a d’autres enjeux de mobilité ailleurs au Québec, où on va vouloir déployer des solutions beaucoup plus modernes que celles du siècle dernier », a-t-il déclaré.

6 commentaires
  • Raymond Chalifoux - Abonné 14 décembre 2017 06 h 56

    "Le premier ministre Philippe Couillard révise..."

    Couillard revise?

    C'est tellement pas lui.. D'habitude il l'a toujours du premier coup!

  • Dominique Roy - Abonnée 14 décembre 2017 07 h 34

    Ah ben, Couillard s'est encore trumpé. Bon, un autre projet (sur cinq ou dix ans) pour faire oublier celui-là.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 14 décembre 2017 08 h 00

    Aucune stratégie industrielle

    Ce n’est pas étonnant que l’économie québécois s’en va chez le diable. Le PLQ n’a aucune stratégie industrielle. En fait oui, il en a une; c’est le Plan Nord, ce colossal projet de gaspillage des fonds publics, destiné à favoriser la mise en valeur de la toundra québécoise, au coût de 60 milliards sous Charest, réduit à 20 milliards sous Couillard.

    Le projet de VIA Rail stagne depuis des années. Augmenter la fréquence d’un train dont la lenteur demeure la même ne fait que disperser la même clientèle dans un plus grand nombre de trains.

    Or le projet du PQ de construire un réseau panquébécois de monorail à grande vitesse (dont la liaison Montréal-Québec serait le premier tronçon) est deux à trois fois moins cher, plus rapide et serait une occasion de développer une grappe industrielle basée sur une technologie dont le Québec aurait la propriété intellectuelle.

    Si Montréal n’est qu’un arrêt dans une liaison Toronto-Québec (comme le veut M.Couillard et la CAQ), cette liaison (dont le tronçon québécois) devient de juridiction fédérale.

    Donner le pouvoir au fédéral, c’est lui permettre de dresser des critères d’admissibilité hostiles aux entreprises québécoises (comme la Davie a été exclue des contrats du fédéral). C’est lui donner le véto sur le développement du reste de ce réseau panquébécois.

    Rappelez-vous que le fédéral a accordé un prêt de 370 millions$ à Bombardier (remboursable, ce qui finalement ne coûtera rien au fédéral) et une subvention (c’est-à-dire un don) de 100 million$ à Ford un mois plus tard.

    En soumettant tout projet de liaison entre Montréal et Québec à la participation financière du fédéral, cela bloque de développement d’un monorail à grande vitesse, une technologie beaucoup plus économique qu’un train, et que le Québec peut et doit mettre au point seul.

    Encore une fois, Couillard soutient l’étouffement de l’économie québécoise par le fédéral. Doit-on s’en étonner...

  • Bernard Terreault - Abonné 14 décembre 2017 08 h 07

    Comme le dit le proverbe

    Difficile de faire plaisir à tout le monde et à son père en même temps!

  • Serge Gauthier - Abonné 14 décembre 2017 13 h 41

    Avancez en arrière !

    Avancez en arrière! Le TGF n'a pas de sens. Il s'agit d'une technologie qui appartient aux siècles passés. Si les trains qui circulent à 100 miles/heure, comme le dit le président de VIA, étaient si efficaces pourquoi n'a-t-on rien fait les 50 dernières années ? On avait envisagé très sérieusement un TGV et on proposerait maintenant une technologie de rafistolage, wow!

    L'idée d'impliquer le financement Fédéral est pertinente. On leur paye des taxes à eux aussi. Toutefois c'est pas parce que VIA brule, par ses immenses déficits d'exploitation, l'argent des contribuables, qu'on doit investir massivement pour les "aider" dans la mise en place de leur nouvelle bébelle. On devrait plutôt mettre fin au système actuel et se doter ensemble d'un nouveau type de transport. On est presque en 2018 monsieur Trudeau !

    L'idée d'un lien inter-provincial est légitime. Cependant il ne faut pas investir uniquement dans les lignes à grand achalandage et laisser tomber les régions. Pour le Québec, et dans une moindre mesure pour l'Ontario, c'est primordial. Le MGV a ce potentiel...