Lisée estime que l’effet boule de neige de la CAQ «fondra au printemps»

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée

Des figures importantes du Parti québécois se réunissaient dimanche après-midi au centre-ville de Montréal sur fond de sondage dévastateur.

À moins de 10 mois des élections générales, le Parti québécois est en mauvaise posture, reconnaît Jean-François Lisée. « Dans l’histoire du Parti québécois, ce n’est pas la première fois où on est au pied de la pente. Mais, l’escalade, ça fait partie de l’ADN du Parti québécois », a-t-il reconnu sans ambages dimanche après-midi.

Selon un sondage Léger-Le Devoir, le PQ recueille 19 % des intentions de vote, soit 1 point de moins qu’en novembre dernier. Avec un tel score, le PQ peut escompter 9 des 125 sièges de l’Assemblée nationale, a évalué à première vue Bryan Breguet de « Too Close To Call ». Il s’agit d’un creux comparable à celui dans lequel il se trouvait au lendemain du scrutin du printemps 2014. « On est réalistes : on voit ce qui se passe, on comprend ce qui se passe, mais on est combatifs. On est sortis de situations comme celle-là très souvent dans le passé et on va le faire encore une fois », a ajouté M. Lisée.


Certains militants ne partageaient toutefois pas son enthousiasme dimanche après-midi. « Nous ne sommes plus sur la patinoire », concédait le président de l’association péquiste du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Sabin Gaudreault, à son arrivée au centre Saint-Pierre, à Montréal.

La cote de popularité de M. Lisée auprès de l’électorat québécois — à peine 10 % des électeurs estiment qu’il ferait le meilleur premier ministre — semblait plomber le moral de M. Gaudreault. M. Lisée est-il un plus ou un moins pour le PQ ? « On va débattre de cela. […] Avec Jean-François, lui-même en personne, on va en discuter », a-t-il répondu, avant d’ajouter : « Les discussions vont se faire avec classe et distinction. »

M. Lisée n’a pas la côte non plus chez les sympathisants péquistes. La moitié d’entre eux ne croit pas qu’il ferait le « meilleur premier ministre », selon le dernier sondage Léger-Le Devoir.

« Effet boule de neige »
Le PLQ et la CAQ rallient respectivement 36 % et 32 %. La CAQ poursuit sur sa lancée (+ 2 points), tandis que le PLQ rebondit (+ 3 points) depuis octobre. Le PQ, lui, a dégringolé de 10 points depuis un an. Il accuse aujourd’hui un retard de 17 points sur la CAQ.

M. Lisée appréhendait une montée de la formation politique de François Legault au sommet des intentions de vote. « Pourquoi ? Parce qu’on est dans un effet boule de neige. En ce moment, les Québécois qui suivent plus ou moins l’actualité disent : “On veut se débarrasser des libéraux. Est-ce qu’il y a quelqu’un qui peut le faire ?” Cette saison-ci, la CAQ semble être ce véhicule-là. […] Au printemps, ça fond », a lancé l’ex-stratège politique dans une mêlée de presse.

Voter PQ pour « 3 choses »
M. Lisée a tourné en ridicule le classement des partis politiques qui « représentent le plus le changement ». L’équipe du PQ figure au dernier rang, derrière la CAQ, QS et… le PLQ, qui tient les commandes de l’État depuis 2003 hormis de septembre 2012 à avril 2014. La CAQ et le PLQ sont vus comme des porteurs de « mauvais changement », a-t-il insinué.

Le chef péquiste a toutefois convenu que le message du PQ doit être simplifié d’ici au prochain rendez-vous électoral. « Allez à l’essentiel, c’est ce que les gens nous demandent », a-t-il soutenu devant des élus et des militants du PQ.

D’ailleurs, M. Lisée a centré son discours dimanche après-midi sur les « trois choses » pour lesquelles les Québécois devraient appuyer le PQ le 1er octobre prochain. La première d’entre elles : l’indépendance du Québec. « Si on veut l’indépendance, il faut prendre le train du Parti québécois en 2018. Parce que si on vote pour la CAQ ou pour le Parti libéral, on va dans le sens inverse. […] Nous allons être un gouvernement qui va redonner à la nation la confiance qu’il lui faut pour faire le pas suivant », a-t-il déclaré.

Entre 2018 et 2022, le PQ formera « un gouvernement national qui rend[ra] sa fierté à la nation québécoise », a promis M. Lisée. « [Il sera] à la fois ambitieux et bienveillant. Ça veut dire la fin de l’austérité. »

Le chef péquiste presse les électeurs de ne pas croire les promesses du Parti libéral du Québec et de la Coalition avenir Québec « de baisser les impôts et d’augmenter les services ». Il s’agit d'« inanités » et de « bêtises », selon lui.

   
25 commentaires
  • Solange Bolduc - Abonnée 3 décembre 2017 09 h 02

    Je ne vous lâche pas , M. Lisée !.

    Loin de moi l'idée de lâcher le PQ et son chef, ce n'est vraiment pas le moment, et je vous soutiendrai jusqu'au bout, M. Lisée. J'ai voté pour vous et ce n'est pas pour virer mon capot de bord parce que ça ne va pas bien. Ce serait immoral de le faire !

    Ce serait même lâche de ma part de vous laisser tomber!

  • Danielle Dufresne - Abonnée 3 décembre 2017 09 h 24

    Le PQ

    Le PQ est le seul parti actuellement au Québec qui a un programme clair, cohérent, adapté, moderne et qui réponde aux impératifs de notre développement. M. Lisée est un chef intelligent, structuré, travaillant qui cherche des solutions et qui en propose, jour après jour ses commentaires, ses réponses apportent des éléments importants à l'avancement des dossiers. Comment se fait-il que les Québécois préfèrent un chef dela CQA qui est maladroit, incohérent, cherchant à plaire plutôtvqu'à résoudre. Legault est consevateur et ne cherche qu'à réaliser un défi personnel et non pas à faire avancer le Québec. Couillard et son parti est fini, tout est dit àtous les jours dans tous les médias à ce sujet. Que penser d'un peuple qui veut encore donner son vote à ces personnes sans envergures et sans avenir? Le PQ et M.Lisée sont la seule alternative au Québec, pas seulement pour le pays mais pour le bon gouvernement aussi. Lisez le programme du PQ disponible partout. Écoutez M.Lisée et les députés péquistes qui ont de réelles réponses et SVP cessez de niveler vers le bas. Diriger le Québec pour le faire avancer sur le chemin des victoires est entre nos mains et les solutions sont connues. Le PQ est la seule alternative intéressante dans tous les secteurs de nore vie. MM Legautl et Couillard sont out.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 3 décembre 2017 13 h 19

      De plus, Jean-François Lisée a de la classe...

      Ce ne sont pas tous les "élus" en veston/cravate qui siègent présentement à l'AN qui en ont autant...loin, loin de là .

      Voilà quelqu'un qui peut dignement me représenter partout dans le Monde.

    • Claude Bariteau - Abonné 3 décembre 2017 13 h 57

      Le PQ soulève quand il dénonce, affirme et met de l'avant les choix qui s'imposent. S'il demande du temps, il intrigue. S'il fonce avec un cap en tête, il mobilise. En agissant de la sorte, il énerve le Canada.

      S'il ne le fait pas, il déçoit à l'interne et les électeurs et les électrices regardent ailleurs parce qu'ils hésitent tout autant que le PQ, un parti fondé par René Lévesque et auquel se sont associés des fonceurs.

      Actuellement, la CAQ prend de l'espace parce que le PLQ demeure ce qu'il fut, comme l'a révélé la présence de Jean Charest à son congrès, et parce que le PQ a moins de mordant. Par ailleurs, QS, qui veut sortir de son centre de rayonnement, joue avec des cartes frimées qui ne correspondent pas à celles du PQ des Lévesque et Parizeau.

      Depuis les années 1960, le Québec a changé en partie grâce à ses politiques sociales et économiques, mais aussi avec la présence d'un nombre croissant d'habitants issus de l'immigration et le rapatriement de la constitution complété par l'intégration de la Charte canadienne des droits et libertés.

      Ces changements imposent une révision de la démarche menant à l'indépendance. Axée hier sur la convergence autour du groupe historiquement façonné constitué des descendants des « canayens » devenus « canadiens-français » puis québécois de souche, cette démarche doit se fonder sur la citoyenneté du Québec devenu pays et fonder en même temps les liens entre les Québécois et les Québécoises de toutes origines qui ont fait et font du territoire du Québec leur lieu de vie.

      Un pays se forme dans un contexte et s'affirme avec ceux et celles qui veulent le créer en privilégiant ce qui unira ses citoyens et ses citoyennes, ce qui est foncièrement l'égalité entre eux et leur association pour développer leur « vivre ensemble » qui implique leur appropriation du pouvoir politique et le déploiement de politiques qui en font un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 3 décembre 2017 17 h 43


      Pour faire suite au commentaire de M Bariteau à l’effet que « La démarche menant à l'indépendance … doit se fonder sur la citoyenneté du Québec devenu pays et fonder en même temps les liens entre les Québécois et les Québécoises de toutes origines qui ont fait et font du territoire du Québec leur lieu de vie. » (C.B.)

      Pour concrétiser la conscience de citoyenneté du Québec, mon avis est qu’il faut remettre à la mode les mots patrie, patriotes et Patriotes. Le concept de patrie est en relation directe avec l’identité des peuples. Une identité nationale existe à divers degrés dans la psyché des personnes qui s’y rattachent, qu’elles soient sur le territoire propre de leur nation ou ailleurs dans le monde. La patrie a quant à elle une assise bien matérielle, étant le territoire où la majorité des membres de cette nation vivent et décident de s’y enraciner par choix.

      Cette notion de patrie en rapport avec la gouverne de l’État et en rapport avec l’indépendance devrait logiquement conduire à un nouveau paradigme dans le domaine politique, au-delà des partis traditionnels : la présence d’un fort Mouvement Patriote et d’un Parti Patriote pouvant regrouper toutes les tendances, qu’elles soient de gauche, du centre, ou de droite.

  • Colette Richard-Hardy - Abonné 3 décembre 2017 10 h 44

    Bien commun

    Le Parti Québécois est le parti du peuple.
    Ses politiques sont orientées vers le bien commundepuis sa fondation.
    Son combat du français comme langue commune du Québec fut des plus tenaces.
    Ses référendums pour signifier au monde l'existence d'un peuple fier de sa langue française en Amérique du Nord et de sa propre culture.
    Qu'en est-il devenue de notre signature au bas de la constitution canadienne?
    Qui s'en préoccupe?
    Notre avenir nous appartient.
    Si vous aimez le Québec un seul parti peut vous assurer et répondre à vos désirs
    d'être souverain en votre pays.

    • Tristan Roy - Abonné 3 décembre 2017 12 h 48

      19% du peuple

    • Marguerite Paradis - Abonnée 3 décembre 2017 13 h 05

      Malheureusement, le PQ a largué « le peuple » depuis très longtemps pour les sirènes du pouvoir et « le peuple » a franchement été assez patient.

      M.P.

  • Christian Montmarquette - Abonné 3 décembre 2017 12 h 49

    Prière de ne pas envoyer de fleurs

    Les parents et amis.es du Parti québécois sont priés.es de ne pas envoyer de fleurs, mais de faire un don à Québec Solidaire

    Merci.

    lol!

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 3 décembre 2017 17 h 15

      Rira bien qui rira le dernier.

    • Claude Gélinas - Abonné 3 décembre 2017 19 h 14

      À 11 % dans les sondages Monsieur Montmarquette devrait se garder un petite gêne.

      Tant de triomphalisme pour célébrer son alliance avec ON , un parti microscopique à moins d'un % dans les sondages. Ce qui démontre que les membres de ce parti sont des rêveurs invétérés avec un programme économique soutenu par aucun économiste.

      Tant qu'au PQ si le passé est garant de l'avenir il est raisonnable de penser que ce sondage saura fouetter son chef, les membres du caucus et les militants.

    • Christian Montmarquette - Abonné 3 décembre 2017 19 h 36

      Claude Gélinas,

      Gros sens de l'humour à ce que vois.. lol!


      Lisée propose de remettre l'indépendance au programme du PQ..

      Je lui suggère d'installer une frontière amovible..

      Comme ça..

      Il pourra la retirer les jours où il redeviendra provincialiste..

      lol!

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 4 décembre 2017 01 h 12

      @CM Votre vision de l'Histoire du Québec fait grandement défaut dans vos commentaires...Commentaires alimentés par un cynisme insolent... ou ce qui semble être un esprit revanchard ? Mais j'aimerais plutôt croire que ce que vous dites....vous le dites pour stimuler la fibre nationaliste et indépendantiste des Québécois! (Ai-je tort :-)

  • Hermel Cyr - Abonné 3 décembre 2017 13 h 45

    Proposer une alternative aux libéraux-caquistes et l’espoir aux indépendantistes

    Le PQ ne pourra pas se contenter d’une campagne de publicité … même orchestrée par une très bonne firme de RP.

    Il devra réagir vite et fréquemment avec des arguments massues et une bonne dose de courage pour frapper les imaginations. Ce que veulent les Québécois progressistes, c’est voir un PQ combattif qui présente une réelle alternative aux libéraux-caquistes : économiquement, socialement, éthiquement, culturellement et constitutionnellement.

    Jean-François Lisée a les qualités pour livrer un combat vigoureux de cette nature. Il lui faudra toutefois du renfort. Un des arguments politique qui devra être au rendez-vous est la qualité de l’équipe. M. Lisée doit éviter l’erreur de Mme Marois lors de l’élection de 2014 et mettre de l’avant les personnalités fortes de son équipe dans toutes les régions du Québec.

    Il doit monter une équipe économique crédible d’orientation sociale-démocrate capable de réfuter le libéralo-caquisme, une équipe sociale bien branchée sur les problèmes créés par l’austérité libéralo-caquiste; une équipe culturelle qui ose proposer sans complexe des mesures affirmées pour renforcer le français au Québec. Et il doit recruter de fervents indépendantistes pour prouver que le choix du report de la question nationale vise le renforcement de l’argumentaire et ne constitue pas un recul de l’option, bien au contraire.

    Il est des temps où les réflexes vifs valent mieux que les longues réflexions et où la tactique vaut mieux que la stratégie, sans que les uns n'empêchent les autres. Les prochains mois seront cruciaux à cet égard.