Les délégués solidaires dressent leurs priorités et donnent le feu vert à une fusion QS-ON

Le député solidaire Gabriel Nadeau-Dubois et le chef du parti Option nationale, Sol Zanetti, lors d'une conférence de presse le 5 octobre dernier
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le député solidaire Gabriel Nadeau-Dubois et le chef du parti Option nationale, Sol Zanetti, lors d'une conférence de presse le 5 octobre dernier

Les délégués de Québec solidaire établissent leurs priorités en vue de la campagne électorale, qui battra son plein dans moins de 10 mois. La mise de côté de l’expression « patrimoine » au profit de celle d’« héritage culturel » n’en est pas une, a statué une majorité des 550 membres rassemblés en congrès.

 

Sur fond de sondage décevant, les solidaires se sont abstenus d’inclure dans leur plateforme électorale la promesse de « mettre en valeur la contribution des femmes dans l’héritage culturel et la rendre visible », notamment en biffant l’expression « patrimoine », qui est « issue du patriarcat ». « L’origine des mots qu’on utilise, la présence ou non de préjugés sexistes dans le langage, c’est un vaste débat […] qu’il ne faut pas faire à la va-vite », a fait valoir le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, samedi après-midi. « C’est un débat important qu’il ne faut pas ridiculiser et qu’il faut faire sereinement », a-t-il ajouté.

 

En revanche, les délégués ont inclus dans leur plateforme électorale l’engagement de « nationaliser la distribution Internet » au Québec afin de « réduire son prix » et d’« assurer un accès haute vitesse » dans toutes les régions.

 

Ils ont aussi promis de « modifier la loi pour favoriser le pluralisme syndical » dans le secteur agricole dans un premier mandat, quitte à briser le monopole de l’Union des producteurs agricoles (UPA).

 

Sondage décevant

 

Les délégués de QS sont rassemblés en congrès préélectoral ce week-end à Longueuil alors que l’appui populaire à leur formation politique s’effrite. Québec solidaire recueille 11 % des intentions de vote, soit 4 points de moins qu’en juin dernier (15 %).

 

La Coalition avenir Québec a quant à elle le vent en poupe. Le parti de François Legault se voit crédité de 36 % des intentions de vote, selon le dernier coup de sonde de Léger. Il s’agit de 2 points de plus qu’en octobre.

 

La CAQ carbure au « désespoir » d’une frange de l’électorat québécois de voir le Parti libéral du Québec (32 % des intentions de vote) être réélu le 1er octobre prochain, estime non sans inquiétude M. Nadeau-Dubois. « Beaucoup de gens veulent du changement, c’est clair. Il y a beaucoup de gens qui sont même désespérés [tellement] ils veulent du changement. Je pense que c’est ce désespoir qui actuellement nourrit la CAQ. Sauf que le désespoir en politique, comme dans la vie de tous les jours, ça ne fait pas toujours prendre de bonnes décisions », a-t-il affirmé à la presse.

 

Il s’agit d’un effet pervers du mode de scrutin actuel dans lequel « celui qui projette l’idée qu’il est capable de battre le pouvoir en place recueille une bonne partie du vote de contestation », a poursuivi le député de Mercier, Amir Khadir.

 

Feu vert à la Fusion QS-ON

 

Les délégués de QS ont donné leur bénédiction samedi au projet de fusion entre Québec solidaire et Option nationale, au terme d’un débat tenu à huis clos samedi avant-midi.

 

 

Après s’y être toujours refusé, QS s’engage désormais à mettre sur pied une assemblée constituante dite « fermée », c’est-à-dire qui aboutira nécessairement à la rédaction d’une Constitution d’un État québécois souverain, au lendemain d’une victoire électorale. Il s’agissait d’une condition sine qua non posée par Option nationale. « Aujourd’hui, en congrès [les membres de QS], disent : « Oui à cette modification à notre programme. Si c’est le compromis qu’il faut faire pour permettre un rassemblement des forces progressistes indépendantistes, nous sommes prêts à le faire », a fait valoir M. Nadeau-Dubois, après l’annonce du résultat du vote. « GND » ― qui a fait la promotion d’une « union » QS-ON dès sa première sortie médiatique comme candidat au poste de co-porte-parole le 9 mars dernier ― a remporté son pari.

La fusion entre Québec solidaire et Option nationale, ce n’est pas seulement une question de mathématique électorale. Ce n’est pas seulement une question d’additionner des votes ou d’échanger des comtés. Il y a ici une dynamique [de rassemblement] qui se crée. Il y a ici un mouvement qui se crée.

Les délégués de QS se sont par la suite prononcés en faveur de l’inclusion dans leur plateforme électorale de cinq des six propositions soumises par Option nationale, dont celles de réaffirmer le français comme seule langue officielle et commune du Québec, d’abolir la Loi sur l’équilibre budgétaire et de créer un directeur parlementaire du budget, de charger une commission parlementaire spéciale de « calculer une part juste et équitable de la dette fédérale » qui incomberait à un Québec-pays.

 

Les solidaires ont toutefois refusé d’inclure dans leur programme l’engagement de revoir le « financement des réseaux d’éducation francophone et anglophone afin qu’il corresponde davantage au poids démographique de chaque groupe ».

 

Option nationale aura le dernier mot

 

Le député de Gouin appelle les membres d’ON à prendre part, de pair avec leurs confrères et consœurs de QS, à « la création d’une réelle alternative [qui plus est] crédible et rassembleuse comme il ne s’en est pas vu au Québec depuis longtemps ». « On vous attend les bras grands ouverts pour construire ensemble le Québec », a-t-il lancé durant une conférence de presse transmise en direct sur la page Facebook de QS.

 

Les délégués d’ON auront le dernier mot. En effet, ils se prononceront sur la dissolution de leur formation politique au sein de QS lors d’un congrès extraordinaire, le 10 décembre prochain à Sainte-Foy. L’issue du vote apparaît plus incertaine dans les rangs du parti créé il y a six ans par l’ex-député péquiste Jean-Martin Aussant , les partisans et les opposants à la fusion se livrant une rude bataille.

 

Le chef d’ON, Sol Zanetti, invite les membres de son parti politique à approuver à leur tour le projet de fusion, y voyant une « occasion historique » à ne pas manquer. « Les solidaires ont fait le choix d’aller vers une démarche d’accès à l’indépendance qui est claire et assumée comme celle d’option nationale », a-t-il souligné en marge du congrès de QS. M. Zanetti est l’un des quelque 200 observateurs invités à Longueuil ce week-end. Contrairement aux journalistes, il a pu assister au débat des militants solidaires précédant le vote sur le projet de fusion.

 

Les solidaires ont aussi donné le feu vert à l’état-major de leur formation politique pour participer à de nouvelles discussions, sous l’égide des Organisations unies pour l’indépendance (OUI Québec), sur une « feuille de route » d’accession à l’indépendance commune aux quatre principaux partis politiques indépendantistes (PQ, QS, ON et Bloc québécois).

34 commentaires
  • Marguerite Paradis - Inscrite 2 décembre 2017 11 h 08

    LA GAUCHE... « À MOI, À MOI, À MOI » LE POUVOIR

    Je n'en peux plus de voir « la gauche », grand chantre du « peuple », s'entredéchirer.
    Qu'est-ce qui a permis l'élection de Macron en France? Les chicanes des 'tits coqs de la « gauche » sur le dos du « peuple » évidemment.
    Ce n'est pas « le peuple » et le Bien commun qui préoccupent réellement « la gauche », mais l'obtention du pouvoir, point barre.
    Dommages!
    M.P.

    • Jean Duchesneau - Abonné 2 décembre 2017 15 h 40

      Jean-Luc Mélenchon devait assister au congrès de QS mais s’est désisté car il était l’invité de « L’Émission politique » avant hier sur la chaine télé de France 2. Gabriel-Nadeau Dubois est son ami et fils spirituel. Je vous invite à écouter ce débat sur UTube car très révélateur du côté utopiste de cette gauche qui a fait dire au philosophe Pascal Bruckner qu’avec le parti de Mélenchon, La République peut dormir sur ses deux oreilles car ils ont aucune chance de prendre le pouvoir. Un intervenant a même ajouté que Mélenchon est l’idiot de service de Macron. En jouant les idiots de service de Trudeau et Couillard, le couple Nadeau-Dubois et Massé garantissent un statu quo destructeur pour le Québec. Ces gens là devraient prendre conscience de ce qui sera écrit dans les livres d’histoire dans 50 ou 100 ans: qu’ils furent les fossoyeurs du fait français en Amérique.

    • Nicole Delisle - Abonné 2 décembre 2017 15 h 50

      Comme vous avez raison madame! Je suis d’accord avec vous. Je ne pense pas que ce parti est prêt pour le pouvoir, d’ailleurs les sondages le démontrent, les gens doutent toujours!

    • Patrick Boulanger - Abonné 2 décembre 2017 20 h 20

      Mme Paradis, je suis conscient que le mieux est l'ennemi du bien. Cela dit, je présume en lisant votre commentaire que pour vous le PQ fait partie de « la gauche ». Vous n'êtes probablement pas sans savoir que cette formation politique sous Mme Marois a coupé dans l'aide sociale pour équilibrer nos finances publiques. Récemment, elle a même refusé d'abolir les baisses d'impôts du PLQ. Ce n'est quand même pas rien comme prise de position pour un parti qui souhaite être perçu comme étant progressiste.

  • Nadia Alexan - Abonnée 2 décembre 2017 11 h 41

    Une fusion de QS avec l'ON et le PQ aurait pu nous donner une victoire électorale au lieu de ces deux choix délétères que nous avons maintenant avec la CAC et le PLQ. C'est dommage qu'on ait raté une occasion en or d'accéder au pouvoir!

    • Marc Therrien - Abonné 2 décembre 2017 17 h 33

      En supposant que l'accession au pouvoir est la motivation première de QS. M'est avis que s'opposer plutôt que diriger, tout en sachant que la moyenne des électeurs ne souhaite pas tant de profonds changements ou de renversement des valeurs et de l'ordre établi, est une fonction qui sied bien à des penseurs idéalistes qui rêvent de changer le monde plutôt que de simplement le faire fonctionner mieux.

      Marc Therrien

    • Jean-Charles Morin - Abonné 2 décembre 2017 21 h 06

      "C'est dommage qu'on ait raté une occasion en or d'accéder au pouvoir!" dites-vous.

      Je ne suis pas du tout d'accord avec votre analyse. En politique, les marginaux savent très bien se reconnaître entre eux. À preuve la fusion entre QS et ON qui est en train de s'accomplir avec une facilité déconcertante. En comparaison, l'épopée longue et laborieuse des tractations entre le PQ et QS se sont soldées par un échec retentissant planifié de longue date par QS, ce qui prouve qu'en fin de compte, le PQ n'est pas assez marginal au plan politique pour être une proie attirante pour les marginaux. Je vois les Solidaires comme des "loose cannons" avec leur propre agenda pseudo-progressiste et bien-pensant plutôt que comme un apport positif au mouvement indépendantiste. Les "Solidaires" ne seront jamais vraiment solidaires de qui que ce soit; à part eux-mêmes, bien sûr. Quand on se croit seuls possesseurs de la vérité, difficile d'agir autrement vis-à-vis de soi-même et des autres.

      Sérieusement, vous auriez vu GND et notre Manon nationale être ministres dans un gouvernement péquiste? Dieu merci, grâce à l'intransigeance de QS, cette calamité va nous être épargnée. Un grand merci et trois morceaux de lampion à Sainte Françoise pour faveur accordée.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 3 décembre 2017 12 h 58

      Madame Alexan, vous croyez vraiment que ce mélange de la droite et de la gauche aurait pu “sauver” le PQ du naufrage?

      Croyez-vous que le déclin de ce parti proviendrait ou serait la “faute” de la CAQ de Legault ancien ministre péquiste, des libéraux ou des conservateurs d’Ottawa ou de Québec, de QS ou ON ou des Verts?

      Vous savez bien que ni On, ni QS ou tout autre parti n’aurait la force et le pouvoir, devenant une béquille du PQ, de redresser un parti qui nie ses problèmes. Qui au lieu de corriger ses orientations, se désespère dans le court terme à la recherche de formules électorales magiques!

  • Jean-François Trottier - Abonné 2 décembre 2017 11 h 47

    Le temps de déboulonner un peu...

    Avant tout, message à ceux qui voudraient ici dire que "les autres sont aussi pires" : cet article porte sur QS. Faut lire des fois.

    QS a dix ans. QS a permis la réélection du PLQ tout ce temps avec une habileté indéniable.

    Avant et depuis sa fondation QS a défini sa base comme un mouvement indépendantiste de gauche, ce qui a mis en position inconfortable l'aile gauche du PQ, pourtant une force avec laquelle on devrait pouvoir compter.

    Qu'est-ce qu'on peut pas faire avec quelques slogans bien placés, hein!

    On a dit et répété que QS n'est pas indépendantiste. Ben voilà, c'est vrai.

    Ce "parti" ne promeut pas l'indépendance. Voilà.

    Nous somme nombreux depuis des années à dire que la constituante est un piège à cons, une étape vers un cul-de-sac. Soudain les militants le disent aussi. Beau dommage, mame chose!

    Maintenant la réalité toute bête : le programme de QS n'a pas grand-chose de progressif.
    Côté santé on parle de médecine sociale, c'est bien. Mais on garde la même maudite structure faite pour ne pas déplaire au Collège des Médecins, de A à Z. Hé! Je suppose qu'il y a quelques analystes dans ce groupe politique ? Comment ont-ils fait pour laisser passer cette incroyable ânerie?
    Qui a écrit cette partie ? Un médecin ? En tout cas ça en a l'air.

    Côté économie, ce truc qui concerne ce que le gouvernement peut faire, ou pas, pour stimuler l'activité économique sur le territoire (pas le budget, pour les trolls qui font semblant de ne rien comprendre), est-ce que c'est ça, la gauche ?

    Si "gauche" signifie "on tue l'économie et on vend le Québec au poids", alors ce programme est à gauche. Un ramassis de défiance aux forces économiques d'ici, doublé à de l'ignorance crasse.
    QS n'a absolument rien de social-démocrate. En majuscules pour les nuls : ZÉRO.

    C'est avec ces horreurs que le PQ s'est fait couler, en 10 ans.
    Oui, les fédérastes sont forts en ta.

    • Solange Bolduc - Inscrite 2 décembre 2017 16 h 40

      Bravo. M. Trottier ! Dans le mille!

    • Benoît Landry - Inscrit 2 décembre 2017 21 h 34

      Depuis 1994 le PQ est passé de 1 million 700 000 votes à un peu plus de 1 million. Tout ça pendant que le nombre d'inscrits sur la liste électorale a augmenté de 1 million 200 000.


      Avec cette augmentation de l'électorat et en l'espace d'une génération le PQ n'a pas réussi à conserver ses appuis, au contraire il en a perdu près de la moitié et tout ce que vous trouvez à dire c'est que c'est la faute de QS. C'est rigolo de voir votre aveuglement volontaire


      Mon éclat de rire de la soirée

    • Jean-François Trottier - Abonné 2 décembre 2017 22 h 10

      Bravo M. Landry.

      Vous dédouanez votre parti avec un style, un panache qui équivalent au moin à ceux des climatosceptiques.

      Non, je ne donne pas tous les torts à QS, mais une grande partie de ceux-ci aux fédérastes. Sachez lire.

      Qu'ils utilisent QS entre autres et parmi une panoplie de moyens ne fait aucun doute.

      Si vous n'avez pas remarqué que le PLQ est élu et réélu graçe à la division du vote, je vous prie de reprendre quelques cours d'arithmétiques.

      Avant tout, c'est une grande dépression qui a frappé le PQ, et en effet il en est devenu déboussolé. Le PQ est l'endroit où la défaite référendaire a été vécue avec le plus de douleur et s'en est suivi un climat de panique. Que QS depuis mette à parti cette douleur pour prendre son petit ton de conquérant n'est pour moi que dégoûtant.
      Moi, le bullying, je n'aime pas.

      Le pîre restant certaines accusations débiles lancées contre le PQ, alors que le dernier référendum a été volé par des gens extrêmement riches et qui se balancent de la démocratie, rien de moins.

      Il reste que tenter de laver QS come vous le faites, en relançant des accusations au PQ, est assez mesquin merci.

      Un autre preuve du très petit opportunisme de QS.

    • Jean-Sébastien Garceau - Inscrit 3 décembre 2017 00 h 05

      Vous savez M. Trottier, la seule chose que j'entend partout de vous, c'est votre haine de QS.
      Vous n'êtes pas en train de perdre au profit de la CAQ ?
      Laissez-nous notre gauche ridicule faire son truc dans son coin et occupez-vous de la droite, celle de Lulu et des autres qui se mettent soudainement, on ne sait pas trop pourquoi, à aimer le Canada et le néolibéralisme primaire.
      On n'est pas d'accord avec vous, mais nous au moins, on cherche à être cohérent.

    • Christian Montmarquette - Abonné 3 décembre 2017 06 h 11

      À Jean-François Trottier,

      "Si vous n'avez pas remarqué que le PLQ est élu et réélu graçe à la division du vote.." - Jean-François Trottier

      Ça ne vous a jamais traversé l'esprit qu'à 19% des intentions de vote avec l'abandon du référendum, son virage néolibéral et son obsession identitaire, le PQ pouvait être responsable de ses propres malheurs au lieu de blâmer tout le monde et son père pour ses défaites?

      Je veux bien comprendre que ça vous défoule et que ça vous déresponsabilise de blâmer les autres. Mais ça ne vous fait pas avancer d'un iota sur l'analyse des problèmes à régler pour changer cet état de fait.

      Les coureurs d'élites ne passent pas leur temps dire qu'ils ont perdu la course par la faute d'un adversaire qui courait plus vite.

      Ils assument leur défaite en adulte et s'entrainent ensuite pour devenir plus performants.

      Christian Montmarquette

    • Jean Jacques Roy - Abonné 3 décembre 2017 09 h 12

      Monsieur Trottier, vos lecteurs vont bientôt se poser des questions...

      Vous répétez sur tous les tons à qui aiment l’entendre que QS travaille pour le parti de Couillard et que c’est grâce aux solidaires gauchistes que les fédéralistes de droite sont au pouvoir!
      Admettez que pour le commun des mortels il est difficile de comprendre la subtilité des savants raisonnements dont vous êtes passé maître... Faute de comprendre un raisonnement illogique, les disciples font confiance au maître qui dit n’importe quoi pour expliquer le déclin du parti auquel on voue une foi aveugle.

      Mais, qu’allez-vous sortir comme savante explication lorsque vos disciples vous demanderont: Maître, maître, que faut-il penser? Nos amis caquistes montent et montent dans les sondages et nous fidèles au parti, nous descendons et descendons! Depuis la dernière élection, où sont donc passés les frères péquistes? Oh maître, dites-nous, faut-il se réjouir que nos cousins caquistes délogent les méchants libéraux fédéralistes?

  • Pierre Robineault - Abonné 2 décembre 2017 12 h 12

    Dommage

    Une fusion en forme de confusion. Vraiment dommage.

  • Claude Bariteau - Abonné 2 décembre 2017 12 h 25

    Prévisible cette approbation

    Oui, elle l'était, car elle permet à QS de parler d'indépendance à gauche en transformant sa position historique sur la constituante, celle-ci devenant, selon cette approbation, une constituante fermée axée sur l'indépendance, une idée qu'ON avait faite sienne, ce qui n'était pas le cas de son fondateur, M. Aussant.

    Reste à voir ce que feront les congressistes d'ON, dont les membres sont passés de 9 000 à près de 2 000 actuellement. Nous le saurons le 10 décembre. S'ils ratifient l'entente, ce parti disparaîtra. Puis un autre parti naîtra, du moins selon Denis Monière qui entend s'y investir. Si tout se passe ainsi, il ressortira que M. Zanetti n'a pas été à la hauteur pour succéder à M. Aussant.

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 décembre 2017 12 h 53

      À Claude Bariteau,

      "Si tout se passe ainsi, il ressortira que M. Zanetti n'a pas été à la hauteur pour succéder à M. Aussant." -Claude Bariteau

      L'Histoire a démontré qu'un parti qui n'avait QUE l'indépendance comme programme ou comme priorité n'avait pas d'avenir au Québec.. Comme c'est le cas pour Option nationale comme pour le Parti indépendantiste d'ailleurs.

      Or donc, cette fusion aura l'avantage de redonner une crédibilité de gauche à ON et une crédibilité indépendantiste à Québec Solidaire, ce qui est une bonne chose pour les deux formations. Et ce qui fait aussi que Denis Monière n'irait nulle part avec son parti malgré sa sincère conviction.

      Christian Montmarquette

    • Claude Bariteau - Abonné 2 décembre 2017 16 h 32

      M. Montmarquette,

      vous oubliez deux détails importants : 1) ON disparaît avec la fusion et la crédibilité indépendantiste d'ON devient celle de QS pour deux ans puisqu'ON aura un espace à QS pour en parler pendant deux ans; 2) le programme d'ON avec M. Aussant avait un volet économique social-démocrate différent de celui, socialiste, de QS.

      Qunat à Denis Monière, il est possible qu'il ne fasse mieux qu'ON aux dernières élections. On en sait rien. On sait seulement qu'ON avec M. Zanetti allait nulle part malgré sa bonne volonté.

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 décembre 2017 17 h 15

      À Claude Bariteau,

      " ON disparaît avec la fusion et la crédibilité indépendantiste d'ON devient celle de QS" - Claude Bariteau

      Je ne crois pas du tout que ce sera le cas, puisque non seulement, ON aura sa place comme collectif chez QS, qui plus est, changera de manière permanente sa position sur la constituante qui semblait faire tant problème pour certains.

      Et tout ceci, sans compter que toute la section Option nationale sera là pour tenir le fort, et qu'en plus, GND porte lui-même la flamme de ce changement.

      Considérant que le PQ a abandonné la question nationale au profit d'une position électorale, il y a aussi fort à parier que les indépendantistes déçus du PQ rejoignent à raison cette nouvelle terre d'accueil souverainiste issue de la fusion QS-ON. Ce qui renforcera d'autant la permanence de ce changement.


      Christian Montmarquette

    • Raymond Labelle - Abonné 2 décembre 2017 20 h 24

      ON a été créée essentiellement dans le but d’avoir un parti politique qui propose nécessairement un référendum sur l’indépendance dans un premier mandat.

      QS satisfait pleinement à cette aspiration en adoptant la position d’une constituante fermée.

      Si QS fait cette concession, les militants d’ON peuvent confortablement, en gros, vivre avec le programme de QS. D'ailleurs, les modifications de programme demandées par ON non seulement n'ont rien pour choquer QS mais, voire, participent d'un esprit commun. Sauf pour la révision mesquine du financement du réseau anglais, auquel se sont opposés les militants de QS. Et qui ne semble pas être fondamental pour ON - 5/6 c'est quand même pas mal.

      Les militants d'ON sont intelligents et enthousiastes et, malgré ses faibles résultats électoraux, ce parti titille la conscience des indépendantistes.

      Peut-être un bon coup du point de vue de QS.

      En somme, les délégués de QS ont choisi de sacrifier leur préférence pour la constituante ouverte pour cette fusion. Cette préférence s'était manifestée à l'occasion de deux congrès de QS, suite à de longs débats sur cette question fondamentale (constituante ouverte ou fermée?).

      Le Comité de coordination de QS (et non un congrès de QS, à qui la question n'a pas été soumise) avait quant à lui jugé que la feuille de route incluant le PQ ne valait pas ce sacrifice.