Le débat s’annonce houleux à Québec solidaire

Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, les co-porte-parole de Québec solidaire
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, les co-porte-parole de Québec solidaire

Gabriel Nadeau-Dubois subira ce week-end un premier test important depuis son arrivée retentissante à Québec solidaire au printemps dernier.

Quelque 550 délégués se prononceront samedi sur l’entente de principe de fusion entre Option nationale et Québec solidaire conclue entre Sol Zanetti (ON) et lui. « Est-ce qu’il y aura des déchirements ? Je ne crois pas », a dit la co-porte-parole de QS Manon Massé, avant le coup d’envoi du 13e congrès de QS vendredi soir à Longueuil. « [Mais] que ce soit d’un bord ou de l’autre, il y aura certainement des déceptions. Mais c’est ça, la démocratie : des débats et ensuite la décision », a-t-elle ajouté.

L’entente intervenue entre Gabriel Nadeau-Dubois (QS) et Sol Zanetti (ON) en octobre dernier stipule notamment que QS s’engagera à mettre sur pied une assemblée constituante dite « fermée », c’est-à-dire qui aboutira nécessairement avec la rédaction de la Constitution d’un État québécois souverain. Les membres de QS se sont toujours refusés à modifier leur programme en ce sens, y compris au printemps dernier lorsqu’ils ont rejeté la « feuille de route » d’accession à l’indépendance adoptée par les quatre principaux partis politiques indépendantistes (PQ, QS, ON et Bloc québécois).

« Les gens vont quand même pouvoir influencer le sens que la Constitution va prendre, même si au bout du compte ils disent : “Bien, non, on ne votera pas pour l’indépendance” », a soutenu le militant de longue date à QS François Saillant. Il se dit favorable au projet de fusion QS-ON, y voyant une occasion à ne pas manquer pour les « indépendantistes progressistes ».

En revanche, le comité de coordination de QS dans la circonscription montréalaise de Saint-Henri–Sainte-Anne refuse de voir l’assemblée constituante « ligotée à l’indépendance ». « L’entente QS-ON qui nous est proposée va d’une part cannibaliser le PQ à la recherche de votants indépendantistes et, d’autre part, éloigner de QS les immigrants et les indécis, laissant ces derniers aux libéraux et à la CAQ », appréhende-t-il.

Des délégués ont cherché vendredi soir à modifier les règles afin que le projet de fusion QS-ON se concrétise seulement si au moins deux tiers des délégués votent en faveur, mais en vain. La majorité simple prévaudra. « Si c’est bon pour un pays, je pense que c’est bon pour une fusion », a fait valoir un militant.

D’autres délégués promettent de revenir à la charge samedi en demandant de soumettre l’entente non pas à un seul vote, mais bien à une quinzaine.

Débat à huis clos

Le débat sur la fusion QS-ON se tiendra samedi à huis clos, contrairement à celui sur la négociation d’alliances stratégiques avec le Parti québécois, qui avait soulevé les passions en mai dernier. Les médias seront gardés à distance du Théâtre de la Ville afin que les délégués puissent s’exprimer librement sans crainte de voir par la suite leurs détracteurs les prendre à partie sur les réseaux sociaux, explique l’état-major de QS. « Ce sont des débats qui ne sont pas toujours faciles. [Aussi] on est rendu à une époque de notre existence, de notre croissance où il y a des éléments [stratégiques] qu’on veut préserver entre nous. […] On grandit. On apprend », a affirmé la députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques dans une mêlée de presse. « La transparence, ce n’est pas ce qui manque à Québec solidaire. Mais en même temps, on n’est pas fous : après cela, ça sert les autres. »

Meilleur premier ministre

Les Montréalais préfèrent Gabriel Nadeau-Dubois ou encore Manon Massé au chef péquiste, Jean-François Lisée, pour occuper le poste de premier ministre du Québec, selon un coup de sonde effectué par Léger.

Cela dit, à peine un électeur montréalais sur dix croit que l’un ou l’autre des co-porte-parole de QS ferait le « meilleur premier ministre ». C’est toutefois plus que l’appui dont bénéficie M. Lisée dans la métropole (8 %). Le libéral Philippe Couillard et le caquiste François Legault sont considérés par les Montréalais comme les meilleurs candidats en lice pour le poste (21 % d’appuis chacun).

Les délégués de QS décideront seulement au printemps prochain qui assumera les responsabilités de chef de gouvernement si la formation politique remporte les prochaines élections générales. Il s’agit d’un scénario hautement improbable à l’heure actuelle. En effet, le parti politique recueille 11 % des intentions de vote, soit quatre points de moins qu’en juin dernier (15 %).


Une « bonne » entente de fusion QS-ON

Il s’agit d’une « bonne » entente à la fois pour QS, le mouvement indépendantiste et la « gauche », a plaidé Gabriel Nadeau-Dubois vendredi soir. « L’histoire de la gauche indépendantiste au Québec, c’est une histoire de rassemblements, d’unions, de fusions. On peut, en fin de semaine, faire un nouveau pas. »
16 commentaires
  • André Chevalier - Abonné 2 décembre 2017 04 h 00

    Un huis clos frileux

    Nous ne pourrons donc pas être témoins des applaudissements des partisans de QS devant le disours raciste de Dalila Awada à l'endroit des québécois francophones nationalistes en faveur de la laïcité.

    • Maxime Parisotto - Inscrit 2 décembre 2017 14 h 16

      le ver est dans le fruit...

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 décembre 2017 15 h 29

      À André Chevalier,

      Vous pouvez être témoin des applaudissements des partisans de QS lors du vote pour la fusion avec ON en tous cas.


      https://www.facebook.com/groups/250819208319856/permalink/1473287349406363/

      .

  • Léonce Naud - Abonné 2 décembre 2017 04 h 14

    À Ottawa, on aime beaucoup Québec solidaire

    Si l'on peut juger un arbre à ses fruits, Québec solidaire roule pour Ottawa. En effet, il n'est pas dans l'intérêt des modestes et méprisés débris de l'Empire français d'Amérique de se quereller entre eux dans leur Réserve québécoise de l'Est du continent pour des questions de Gauche ou de Droite comme ce parti y prend un suicidaire plaisir.

    Observé à partir d’Ottawa, Québec solidaire offre un spectacle des plus divertissants, question d'oblitérer l'avenir national des Québécois au moyen de luttes fratricides et par conséquent en finir pour de bon avec le problème de la minorité francophone au pays.

    • Jean-Sébastien Garceau - Abonné 2 décembre 2017 10 h 05

      Oui.
      On se demande s'ils aiment le PQ des dernières années.
      Probablement que oui : cela permet de dire (sans nécessairement avoir besoin de prouver quoi que ce soit) que "nous au Canada, on n'est pas borné ou corrompu."
      Image négative offerte sur un plateau d'argent.

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 décembre 2017 10 h 44

      Selon Bernard Drainville,

      Les péquistes ne quittent pas le PQ pour QS.

      Ils quittent le PQ pour la CAQ.

      C'est ce qui arrive quand on ne cesse de répéter que le plus important est de battre les libéraux.

      Les péquistes se rangent derrière la CAQ pour battre les libéraux..

      lol!

    • Clermont Domingue - Abonné 2 décembre 2017 14 h 45

      !- Le vieillissement tire les électeurs vers le conservatisme ( la droite ).

      2- Les allophones tirent les électeurs vers le fédéralisme.

      Pronostique 2018: CAQ, PLQ, PQ, QS.

  • Jacques Lamarche - Abonné 2 décembre 2017 06 h 11

    J'aimais Gabriel! Mais ... !

    Quelle déception! J'avais toujours apprécié ces idées, ces exposés, à Radio-Canada come ailleurs!

    Mais je ne m'en suis jamais remis lorsqu'il dérailla en faisant du PQ un traître de la souveraineté, alors même que le parti échoua par un nez et que les libéraux pendant plus dix ans lui faisaient à barbe au nez! Il prit le Parti québécois en grippe et en fit le premier ennemi à abattre, voulant en être le roi! Les torts causés ne seront pas faciles à réparer, tant Gabriel s'est discrédité! Misère!!

    • Jacques Patenaude - Abonné 2 décembre 2017 09 h 14

      « Ce sont des débats qui ne sont pas toujours faciles. [Aussi] on est rendu à une époque de notre existence, de notre croissance où il y a des éléments [stratégiques] qu’on veut préserver entre nous. […] On grandit. On apprend » Manon Massé.

      Le problème c'est que QS a déjà tout près de 15 ans et qu'ils en sont encore à apprendre la politique. Ce parti qui a voulut faire table rase et réinventer la roue en politique est encore loin d'avoir atteint le minimum de crédibilité requise pour susciter l'adhésion de la population.
      Gabriel Nadeau-dubois a le potentiel de devenir un leader politique d'envergure tout comme Manon Massé mais ce parti ne semble pas capable de sortir de son gauchisme.
      Que les dirigeants de QS aient peur des débordement pour un débat qui consiste à avaler un parti qui est invisible dans les sondage démontre le vrai problème.
      Moi j'aime encore GND malgré quelques bourdes au début mais va-t-il survivre dans ce parti de doctrinaires.

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 décembre 2017 16 h 29

      À Jacques Lamarche,

      "Mais je ne m'en suis jamais remis lorsqu'il dérailla en faisant du PQ un traître.." - Jacques Lamarche

      Gabriel Nadeau-Dubois avait dit que "la classe politique" des 30 dernières années avait trahi le Québec. Pas juste le PQ.

      Et sa déclaration avait reçu plus de 50% d'appuis général au Québec dans un sondage suivant. Ce qui est déjà énorme par rapport à ce que tous les partis politiques reçoivent comme appuis depuis belle lurette.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 décembre 2017 16 h 35

      À Jacques Patenaude,

      "Le problème c'est que QS a déjà tout près de 15 ans et qu'ils en sont encore à apprendre la politique. Ce parti qui a voulut faire table rase et réinventer la roue en politique est encore loin d'avoir atteint le minimum de crédibilité requise pour susciter l'adhésion de la population." - Jacques Patenaude

      1) QS est né en février 2006 et a 11 ans pas 15 ans.

      2) Et il y a quelque mois à peine, QS recevait 18% d'appuis général au Québec, ce qui n'est qu'à un point de différence avec le 19% du PQ d'aujourd'hui qui a près de 50 ans.

      Ça..fa.. que..

      Pour les leçons de crédibilité..

      On repassera.

      Christian Montmarquette

    • Jacques Patenaude - Abonné 2 décembre 2017 19 h 10

      @ Montmarquette
      Va pour onze ans si on tiens compte de la date officielle . Même si elle a été précédée de quelque années de débats. Mais enfin QS a au moins onze ans et en est encore à faire des apprentissage sur le Béaba de la politique..
      Pour que le parti ai assez peur de ses militants pour décréter le huis clos sur une question comme d'avaler un parti plus que marginal il y a un problème. Dommage car un parti qui présenterait une option aussi bien en phase avec la population que Projet Montréal ferait à mon avis un malheur au national surtout avec des leader aussi inspirant que Nadeau-Dubois et Massé.

  • Raynald Rouette - Abonné 2 décembre 2017 07 h 35

    Pierre Vadeboncoeur avait raison (2)


    Sa conclusion...

    «Le Québec, par sa structure idéologique à part, par ses réflexes souvent réfractaires, représente, grâce à son nationalisme, un potentiel de résistance qu'on ne trouve pas ailleurs au Canada, sauf pour une part au NPD. Le Canada est bien plus conformiste que le Québec. Ce dernier est d'ailleurs tenu pour potentiellement plus réformateur par les milieux réactionnaires qui comptent au Canada et aux États-Unis. L'indépendantisme est une force qui va dans ce sens-là. Il faut faire attention à cela.

    On ne remplacera pas le PQ et le Bloc par quelque chose qui lui succéderait après avoir contribué à leur chute. C'est de l'illusion pure que de croire le contraire et le pire calcul impolitiques, le plus insidieux d'ailleurs.

    La contestation, loin de se solidariser, se fractionnerait. Une large politique tout simplement serait rompue».

    Pierre Vadeboncoeur, DÉRAPAGES, L'Action nationale mai 2006

  • Christian Montmarquette - Abonné 2 décembre 2017 09 h 43

    8% des péquistes «totalement satisfaits » du gouvernement Couillard

    Selon le dernier sondage Léger..

    8% des péquistes se disent «totalement satisfaits » du gouvernement Couillard..

    Prenons le temps de déguster.

    lol!

    Source :

    http://www.ledevoir.com/documents/pdf/sondage_qcpo