Le député François Gendron s’excuse d’avoir utilisé le mot «nègre» devant des élèves

François Gendron a utilisé l’expression « travailler comme un nègre » devant une classe d’élèves de l’école La Camaradière.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir François Gendron a utilisé l’expression « travailler comme un nègre » devant une classe d’élèves de l’école La Camaradière.

Le député péquiste et vice-président de l’Assemblée nationale François Gendron s’est excusé, mercredi matin, d’avoir utilisé le mot « nègre » devant des élèves d’une école secondaire de Québec.

« En 2017, par rapport à la présence légitime de la diversité, c’est une expression qu’on n’a pas d’affaire à utiliser », a-t-il convenu. « On n’a pas le droit d’utiliser cette expression-là dans le contexte d’aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Le réseau CTV a révélé mardi que François Gendron a utilisé l’expression « travailler comme un nègre » devant une classe d’élèves de l’école La Camaradière, à qui il présentait le fonctionnement de l’Assemblée nationale. Il faisait référence à la grande charge de travail qui lui incombait quand il était ministre des Ressources naturelles.

Il l’a dit sans vouloir offenser qui que ce soit, il s’en est excusé, ne l’utilisera plus et pour moi, ça suffit.

 

Dans une lettre de plainte, la direction de l’école a écrit que « certains élèves haïtiens et africains ont été choqués par l’emploi de cette expression », selon CTV.

Le choix des mots du vice-président de l’Assemblée nationale était « déplacé, parce que le mot “nègre” est péjoratif », a fait valoir l’école secondaire.

« Elle voulait avoir une lettre d’excuses, je lui en ai fait une, et c’est réglé », a tranché François Gendron.

« Il l’a dit sans vouloir offenser qui que ce soit, il s’en est excusé, ne l’utilisera plus et pour moi, ça suffit », a aussi réagi son chef, Jean-François Lisée. « À mesure que la société évolue, qu’on a plus conscience de l’importance de l’égalité et de l’impact de certains mots face à certaines communautés, surtout lorsqu’on est des personnalités publiques, on doit faire attention. Et ça, c’est une expression à bannir », a-t-il conclu.

Le ministre de l’Immigration, David Heurtel, a dit souhaiter que cet épisode devienne une occasion de « sensibiliser et d’éduquer » la population sur les raisons pour lesquelles « ce mot-là est complètement inacceptable ».

« On a eu un épisode semblable autour de l’émission Occupation double. Qu’est-ce qu’on a fait ? On a réagi, a-t-il rappelé. Le fait est que nous sommes en 2017. Peu importe la génération à laquelle on appartient, on doit tous évoluer. »

— Avec Marco Bélair-Cirino

12 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 29 novembre 2017 12 h 41

    Oh là là, monsieur Vil va faire une crise d'apoplexie dans le Devoir de vendredi...

    La rectitude politique a de ses exigences.

    Tenez, il ne faut plus dire «patrimoine», et un tas d'autres mots, qui sont purement innofensifs. Si l'on écoute Manon bien entendu!

    Mais tout cela crée un énorme malaise. Que les Québécois se fassent rabattre le caquet chaque fois qu'ils comettent un impair, et qu'ils battent leur coulpe à l'infini, cela relève de la psychiâtrie rien de moins!

    Yen a marre de la rectitude politique.

  • Michel Lebel - Abonné 29 novembre 2017 12 h 49

    Petite histoire et négritude...

    Ce qui me fait penser à une histoire vraie: elle se passe dans les années 60 à l'Université Laval. Une délégation africaine y était venue pour proposer un programme d'échanges, semble-t-il, assez complexe. Un administrateur( blanc) de l'Université Laval, lors d'une réunion conjointe pour discuter de ce programme, s'écria: '' Voilà bien un programme de nègre''! Le silence remplit la salle et les adminstrateurs de Laval durent longuement s'expliquer sur le sens québécois du mot nègre à l'époque...

    L'histoire semble se répéter avec le député Gendron. Je doute que ce dernier ait toutefois connu le grand Léopold Senghor, homme politique, poète et académicien, apôtre de la négritude... Pour lui, ce mot n'était aucunement négatif.


    Michel Lebel

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 29 novembre 2017 14 h 55

      Nos ancêtres utilisaient au XIXe siècle avant la guerre de Sécession l'expression "faire des plans de nègres" en reconnaissance des stratagèmes que devaient effectuer les noirs pour s'échapper de l'esclavage aux É.-U. et fuir au Canada. Faudra-t-il renommer le livre de Pierre Vallières "Nègres blancs d'Amérique" qui dit bien ce qu'il annonce sous prétexte d'ignorance de notre Histoire? Moi dont la grand-mère paternelle mariée au Vermont a quitté celui-ci où l'on y pratiquait l'eugénisme (stérilisation des femmes) à l'encontre des Canadiennes françaises et des Abénakises jugées de "race inférieure".

    • Gaétan Fortin - Abonné 29 novembre 2017 14 h 56

      Vous m'enlevez les mots de la plume. J'allais précisément citer
      Senghor...

  • Clermont Domingue - Abonné 29 novembre 2017 13 h 21

    Confessionnal.

    Il y a 70 ans, le confessionnal était un garde-robe sombre derrière la nef à l' église. Aujourd'hui, c'est l'opinion publique.On te pardonne François. Tu diras trois " Je vous salue Marie"

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 29 novembre 2017 13 h 42

    Esclave

    Je crois qu'il voulait dire travailler comme un esclave, dont malheureusement une très grande partie étaient autrefois de race noire. (Est-ce que je peux encore dire race noire?)

  • Maxime Parisotto - Inscrit 29 novembre 2017 14 h 00

    L'égalité ça n'existe pas, arrêtez d'utiliser ce mot.

    Le bon terme est équité.

    • Tristan Roy - Inscrit 29 novembre 2017 21 h 12

      Bon, un autre mot à bannir

    • Jean-Paul Carrier - Abonné 29 novembre 2017 23 h 04

      Égalité : Égalité de fait, entre des individus possédant les mêmes aptitudes, les mêmes avoirs, la même fortune, les mêmes avantages naturels.

      Équité :Impartialité, justice naturelle.

      Hum!