Jean Charest galvanise les libéraux… et écorche les médias

L’ex-premier ministre libéral Jean Charest
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne L’ex-premier ministre libéral Jean Charest

L’ex-premier ministre libéral Jean Charest a été accueilli en vedette samedi soir au congrès du Parti libéral du Québec, où il a livré une allocution humoristique truffée d’attaques contre la Coalition avenir Québec (CAQ) et les médias.
 

« Je suis revenu parmi vous ce soir pour vous annoncer mon retour… », a-t-il commencé, avant que la foule ne l’enterre d’applaudissements. « Pour ce soir, pour une soirée », a-t-il ajouté, le sourire en coin.

Le ton était donné ; la foule était conquise. Même l’enquête policière dont l’ex-chef libéral fait l’objet a été tournée à la blague. « Je sais que vous aussi, vous suivez mes activités, qui sont rapportées de temps en temps dans les journaux », a-t-il lancé aux militants libéraux dans la salle. « Moi aussi, j’apprends ce que je fais dans les journaux, en les lisant », a-t-il ajouté, avant d’éclater de rire.
 

Jean Charest a alimenté divers reportages au cours des derniers mois, notamment parce qu’il est visé par l’enquête Mâchurer de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), qui s’intéresse à l’octroi de contrats publics et au financement politique.
 

Divulgation et présomption d’innocence

Dans un court point de presse, l’ex-chef libéral a pris un ton plus sérieux. « On a eu une espèce de spirale d’informations “coulées” à mon sujet et, à mon avis, on doit se poser des questions sur la façon dont on traite les gens dans notre société sur ces questions-là », a-t-il affirmé.
 

« Il faut faire des choses dans notre société en respectant la vie des gens, [dont] la mienne », a-t-il plaidé. « En respectant les règles, aussi, parce que ce n’est pas en “coulant” en série, aux journaux, des informations, en les montant en épingle dans certains cas — c’est vraiment monté [sic] à l’hélium, on présente des affaires comme si c’était très grave… », a-t-il ajouté, sans terminer sa phrase.
 

L’ex-premier ministre a rappelé que « tout le monde », au Québec, jouit de la présomption d’innocence. Il a refusé de répondre à une question sur les liens qu’il entretient avec l’ex-argentier du PLQ Marc Bibeau, aussi visé par une enquête de l’UPAC. « Vous voyez, c’est un exemple d’informations qui sont rendues publiques, qui n’ont aucune espèce de contexte… C’est rendu public, on présente ça comme si c’était quelque chose de grave », a-t-il répliqué. Il a ensuite promis de s’expliquer « en temps et lieu ».
 

Jean Charest a également souligné qu’à son avis, « l’UPAC subit une pression extrêmement forte ». « Et honnêtement, les médias imposent une pression constante et très forte [à l’UPAC] », a-t-il dit.
 

Des attaques ciblant la CAQ

L’allocution de Jean Charest était la première que prononçait l’ex-premier ministre du Québec devant des militants libéraux depuis 2013. « Vous êtes extraordinaires », leur a-t-il lancé, en évoquant la « grosse bataille » qui les attend « dans la prochaine année », à l’approche de l’élection.
 

Après avoir dit s’inquiéter de « cette tendance au populisme, cette tendance aux excès de rhétorique et de ressentiment », l’ex-chef libéral s’en est pris à la CAQ, première dans les sondages des derniers mois. « Ils veulent dans la prochaine année augmenter le stress », a-t-il dit, dans une référence à une intention annoncée de la CAQ de mettre de la pression sur le gouvernement en place. « Les Québécois n’ont pas besoin de nous pour déprimer, ils n’ont pas besoin de la CAQ pour être stressés. Ils sont capables de faire ça tous seuls, avec l’aide des médias québécois », a-t-il déclaré.
 

À « la division, le ressentiment, le dénigrement, la démagogie » qu’offre selon lui la CAQ, il a opposé la capacité du PLQ à « préparer l’avenir », à « voir l’avenir » et à « s’adapter aux changements que nous vivons au Québec ».
 

Ce même thème — celui de l’avenir — a été repris par le premier ministre, Philippe Couillard. « Chez nous, la mémoire éclaire le chemin de l’avenir », a-t-il dit au cours de son allocution, devant les militants réunis pour célébrer les 150 ans du PLQ.
 

Mais le chef libéral ne s’est pas empêché de jeter un regard vers le passé pour autant. « On a devant nous quelqu’un qui a fait beaucoup pour le Québec », a-t-il souligné, en vantant une fois de plus le bilan de son prédécesseur, qu’il a appelé amicalement appelé « Jean ».

27 commentaires
  • Jean-Marc Simard - Abonné 25 novembre 2017 19 h 26

    Il veut la guerre , il va l'.avoir...

    L'arrogance à son meilleur...Aucune classe ce Charest...Tout le monde a tord sauf lui...Peut-on être aussi déconnecté...Il est de retour...Bonne nouvelle...Il veut la guerre, il va l'avoir...

  • Solange Bolduc - Abonnée 25 novembre 2017 21 h 51

    JEAN CHAREST, EN RECUL DE LUI-MÊME, SÉDUIT ENCORE, SAUF QUE…!

    Les libéraux applaudissent un tel séducteur, pour ne pas perdre le pouvoir, ce que leur aurait appris Charest : cachons les apparences, ça rapporte des gros sous !

    Comment Charest pourait-il parler contre celui qui l’a succédé quand on observe que Couillard suit les mêmes politiques du «premier», déchu de ses fonctions de premier ministre du Québec? Les Québécois s’étant montrés plus que tannés des magouilles de l’ancien, se tournent vers du pareil au même, mais sous une autre forme !

    CHARESTserait UN PRODUIT DE LA TROMPERIE ENVERS LE PEUPLE QUÉBÉCOIS, osant même proférer des menaces, à mots couverts, digne d’un moi-même enflé par sa si vanité délétère !

    Faut-il se demander pourquoi Charest menace de revenir sur ce qui n'aurait jamais existé: la corruption au sein de son propre parti ?

    Quand Charest se montre sur la défensive, et surtout après avoir tant donné pour le Québec (ses amis en particulier) faut-il s'étonner qu’il soit sur la défensive devant la critique des médias !

    Oh, la réputation de ce délicieux Charest, que la majorité libérale aurait tant appréciée! Il fut si conciliant, à condition que ça l'’enrichisse, et ses petits ou grands amis ?

    Charest va tous nous poursuivre pour avoir entaché la belle réputation qu’il s’est lui-même forgée, avec l’aide de ceux qu’il a nommés pour qu’ils protègent sa réputation de magouilleur, qu’il niera au tribunal des juges qu’il aurait lui-même nommés! !

    Pourquoi menace-t-il? Il aurait si peu à se reprocher, notre séducteur invétéré, à faire pleurer de rire, vu son manque de sérieux ou d’honnêteté intellectuelle ?

    C'est facile de comprendre pourquoi Couillard vante Charest avec tant de désinvolture, ou de fauseté ? Ils se protègeraient entre magouilleurs ?

    Le peuple serait-il ignare au point de croire les tromperies de ces politiciens? Et les membres du PLQ, ces serviteurs de si basses œuvres, fêtant le 150è anniversaire de leur magouille ancrée dans les moeurs du PLQ ?

    • Jean-Marc Simard - Abonné 25 novembre 2017 22 h 24

      Charest , c'est un signe de piastre sur deux pattes...Le signe de piastres c'edst sa seule copnscience sociale...Petit être minable et pitoyable...

    • Michel Thériault - Abonné 26 novembre 2017 08 h 40

      "Le peuple serait-il ignare au point de croire les tromperies de ces politiciens?"

      -Oui.

  • Gilbert Troutet - Abonné 25 novembre 2017 22 h 50

    Du déjà vu

    S'en prendre ouvertement aux médias et aux institutions, me semble qu'on a vu cela de la part d'un candidat au sud de la frontière...

    Aujourd'hui, l'émission de Radio-Canada « À la semaine prochaine » caricaturait à dessein Jean Charest : « Une de nos priorités au parti libéral a toujours été la lutte à la corruption ». Imaginez un instant ce qui serait arrivé si ça n'avait pas été une priorité.

    • Marc Therrien - Abonné 26 novembre 2017 14 h 03

      Ou encore, ils ont combattu la corruption, mais c'est la corruption qui a gagné.

      Marc Therrien

  • Claude Bariteau - Abonné 25 novembre 2017 23 h 09

    Monsieur Canada # 3

    Pour mettre au pas le Québec, il y eut Monsieur Canada # 1, Pierre Elliott Trudeau trônant à Ottawa, puis Monsieur Canada # 2, Jean Chrétien, l'homme de main du # 1 trônant avec ses couteaux meutriers, qui poussa au Québec Monsieur Canada en personne, Jean Charest, pour qu'il trône au Québec après l'avoir servi en 1995, en prenant la direction du PLQ pour transformer le Québec à l'image du Canada et assurer l'arrivée de Monsieur Canada #4, Philippe Couillard, pour qui le Canada est, comme pour ses prédécesserus, LA planche de salut, car le Canada protègera toujours ses serviteurs comme l'a fait la Grande-Bretagne en les honorifiant avec des titres de noblesse britannique.

  • Gilles Bonin - Abonné 25 novembre 2017 23 h 34

    Ça sent...

    Ça sent le roussi... alors on crie au loup ou on fait de l'humour facile. De bonnes pages et extraits vidéo pour la prochaine campagne électorale pour... principalement la CAQ, advenant que l'UPAQ ou le procureur fasse quelques petits gestes d'ici quelques semaines - biensûr après février, mars nos sherifs n'oseront probablement pas faire quoi que ce soit avant les élections.