La lutte contre les violences sexuelles doit se faire dès le primaire, estime le CSF

L’éducation au consentement devrait débuter dès les premières années scolaires, selon le Conseil du statut de la femme.
Photo: iStock L’éducation au consentement devrait débuter dès les premières années scolaires, selon le Conseil du statut de la femme.

Le Conseil du statut de la femme (CSF) estime que la politique pour lutter contre les violences sexuelles du gouvernement du Québec doit s’appliquer non seulement aux universités et cégeps, mais aussi aux écoles primaires et secondaires.

« Il faut agir là où l’éducation se fait, là où le savoir se développe et là où les gens risquent d’être des acteurs importants de notre société. […] Agir dans les milieux scolaires est un pas très important, mais il faudrait le faire avec cohérence. Le fait qu’on vise un secteur en particulier nous amène à nous demander si ça prendra 12 projets de loi pour rejoindre toute la société », a commenté la présidente du Conseil, Louise Cordeau.

L’organisme gouvernemental était le dernier groupe à être entendu lors de l’étude du projet de loi 151, en commission parlementaire, jeudi.

Le Conseil demande à Québec d’obliger tous les établissements d’enseignement — primaires, secondaires, collégiaux, universitaires et même les écoles privées, comme l’École nationale de l’humour — à adhérer à la politique qui entrera en vigueur d’ici septembre 2019.

« Bien que les milieux universitaires se soient particulièrement mobilisés dans la dénonciation des violences sexuelles et leur traitement dans les dernières années, cela ne doit pas faire oublier que les principales victimes de violences sexuelles sont les jeunes femmes à partir de l’adolescence », note l’organisme dans son mémoire.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a fait part de son impuissance pour étendre son projet de loi à tous les secteurs d’enseignement.

« Je ne veux pas me justifier, mais personnellement, j’ai essayé d’agir dans le territoire qui est le mien comme ministre. Je ne suis pas ministre au primaire et au secondaire. […] J’ose croire que notre travail va donner l’exemple pour les autres milieux », a fait valoir la ministre David.

Des jeunes sexuellement « démunis »

Au terme de cet exercice, Mme David a confié avoir été surprise de constater la solitude des jeunes quant à leurs questionnements sexuels.

« Les cégépiens ne se sentent pas équipés pour comprendre ce qu’est le consentement. Même après avoir vu la vidéo sur la tasse de thé […] ils avouent ne pas être capables d’évaluer par eux-mêmes s’ils ont toujours donné leur consentement », a-t-elle mentionné.

Qualifiant de « révélations » les constats auxquels elle a été confrontée dans les cégeps durant l’élaboration de la politique, Mme David a avoué croire par moments que la société québécoise « l’a échappé durant les 30 dernières années ».

« Je pense qu’on a collectivement — comme parents, comme adultes qui pourtant se disaient très ouverts, très modernes — oublié de leur parler de ce petit bout-là. On a peut-être été plus silencieux qu’on aurait dû », a-t-elle dit.

Mme David a ouvert la porte à un cours de « consentement » obligatoire, sans toutefois donner plus de détails.

« Certains cégépiens nous ont dit qu’ils ont trois cours de philosophie, est-ce qu’ils pourraient avoir un cours sur le consentement et tout ce qui s’ensuit ? Je pense à une formation obligatoire, parce que si ce n’est pas obligatoire, qui va vraiment aller assister à ça ? » a-t-elle lancé.