Indépendance: les opposants à la fusion ON-QS s’organisent

Le chef d’Option nationale, Sol Zanetti
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef d’Option nationale, Sol Zanetti

Le chef d’Option nationale, Sol Zanetti, fait face à une fronde menée par des opposants à la dissolution de leur parti politique au sein de Québec solidaire.

Des militants — dont trois siègent au Conseil national — appellent les membres d’ON non pas à saborder, mais plutôt à « refonder » le parti politique mis sur pied il y a six ans sous l’impulsion de l’ex-député péquiste Jean-Martin Aussant afin de « promouvoir sans détour et sans arrêt l’indépendance du Québec et ses avantages pour le peuple québécois ».

« Entre l’échec des négociations des OUI-Québec, l’épuisement de plusieurs hauts dirigeants du parti, plusieurs ont cru que la fin d’Option nationale était arrivée. Devant la lente agonie annoncée par le statu quo ambiant, certains ont vu Québec solidaire comme une planche de salut : si Option nationale n’est plus en mesure de promouvoir l’indépendance du Québec à la grandeur du territoire, alors mieux vaut tenter d’influencer un autre parti politique. Ce raisonnement, aussi noble puisse-t-il sembler, est malheureusement fallacieux », fait valoir l’ex-président du conseil national d’ON Jocelyn Beaudoin, à l’approche du congrès extraordinaire du 10 décembre prochain à Sainte-Foy.

L’avocat spécialisé en droit du travail a rédigé à l’insu de M. Zanetti un « plan de relance d’Option nationale ». Le document de huit pages — chacune arborant le logo du parti — est coiffé du titre « Pour une meilleure solution ». Près d’une vingtaine de personnes l’ont signé, y compris le président de la commission politique d’ON, Denis Monière.

D’ailleurs, M. Monière menace de créer un nouveau parti indépendantiste à temps pour les prochaines élections générales si une majorité des membres d’ON et de QS entérine l’entente de principe intervenue entre Sol Zanetti (ON) et Gabriel Nadeau-Dubois (QS) le 5 octobre dernier. « Comme en 2012 et en 2014, je veux voter pour un parti voué uniquement à la réalisation de l’indépendance. Ce sera Option nationale ou un autre parti », a-t-il promis.

Non à la fusion, non au statu quo

Les signataires du « plan de relance » rejettent le projet de fusion, sans pour autant appuyer le statu quo. En effet, ils fixent cinq objectifs : recentrer l’action et le discours d’ON sur sa plateforme indépendantiste, améliorer le fonctionnement et l’efficacité du conseil exécutif, établir un véritable comité des communications, remobiliser les membres ainsi que préparer les prochaines élections générales.

M. Beaudoin déplore notamment que « les ressources humaines et financières limitées d’Option nationale [aient été] éparpillées dans divers projets » au fil de la dernière année. Il cite en exemple la décision de l’état-major de la formation politique de « dilapider la moitié de son budget annuel en communication » dans la promotion de sa candidate à l’élection partielle du 29 mai dernier dans la circonscription de Gouin. Celle-ci a terminé la course au 3e rang, recueillant l’appui de 7,83 % de l’électorat. Le candidat de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, l’avait emporté haut la main.

Si le feu vert est donné à la fusion, Option nationale prendra la « forme d’un collectif » au sein d’un « parti unifié » qui gardera le nom de Québec solidaire, mais adoptera une « nouvelle identité visuelle ». En échange, QS s’engage à soumettre à la population québécoise un projet de Constitution d’un Québec indépendant au cours d’un premier mandat s’il est porté au pouvoir.

Débat annulé

Sol Zanetti trouve « tout à fait normal » que des opposants au projet d’alliance entre ON et QS se mobilisent autour de M. Monière ou encore de M. Beaudoin. Cela dit, « il y a aussi beaucoup, beaucoup de gens qui sont très enthousiastes par rapport à ce projet d’entente », souligne-t-il dans une entrevue avec Le Devoir. « Patrick R. Bourgeois », « Catherine Dorion », « Pierre-Luc Bégin », énumère-t-il.

« Est-ce que ces deux partis indépendantistes s’entendent sur une stratégie commune ? Sont-ils mieux de travailler ensemble ou de se faire compétition aux prochaines élections générales ? Pour moi, c’est ça, la question fondamentale », poursuit M. Zanetti.

Les tenants du « Oui » et du « Non » à la fusion QS-ON devaient débattre en public lundi prochain à Montréal. Le « panel » a toutefois été annulé cette semaine après l’inscription de M. Beaudoin et le désistement de M. Zanetti. Pourquoi ? « Je veux qu’on ait un beau débat sain, qui reste à la hauteur des idées et qui ne divise pas le parti », répond le chef d’ON.

7 commentaires
  • Raynald Rouette - Abonné 24 novembre 2017 06 h 31

    QS a été fondé pour nuire au PQ et au Québec!


    Lire Pierre Vadeboncoeur dans l'Action nationale, mai 2006.

    Nous devons lui donner raison. Le Québec n'est plus l'ombre de lui-même,

    Le Québec a été replacé au niveau de province comme les autres.

    Aujourd'hui à Ottawa, tout se décide sans les provinces. Projet colonial réussi?

    L'abstention de QS cette semaine, sur le vote du Kirpan dans les avions est un autre signe révélateur. Pour le bien de tous, il faut éloigner «séparer» le religieux du politique!

    ON doit se saborder pour ne pas nuire davantage au Québec!

    • Bernard Plante - Abonné 24 novembre 2017 10 h 25

      Et que le PQ, qui devrait être le leader de la question nationale, n'ait rien fait de concret pour promouvoir la souveraineté depuis plus de vingt ans n'aurait rien à voir avec le fait que le Québec recule sans cesse? Ce n'est pas un parti que se proclame souverainiste sur le bout des lèvres une fois aux quatre ans qui nous fera avancer.

      Le jour où le PQ remettra ses culottes et ne sera plus mené par des affairistes se fiant aux sondages pour bouger, nous redémarrerons. Mais ce jour là, le parti qui le fera ne se nommera peut-être plus PQ.

      Il est temps pour les vrais souverainistes d'enfin comprendre que la situation qui se dégrade est due au PQ lui-même et à son inertie! Arrêtons de mettre le blâme sur ceux qui cherchent une issue face à cette immobilisme du faux leader. Et arrêtons de dire que tout le monde doit travailler ensemble en ne cessant de dénigrer tout ce qui se fait.

      Avançons une fois pour toute avant qu'il ne soit trop tard!

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 novembre 2017 11 h 50

      À Raynald Rouette au Devoir :

      "L'abstention de QS cette semaine, sur le vote du Kirpan dans les avions est un autre signe révélateur.." - Raynald Rouette

      Et l'abstention de référendum dans le programme du PQ durant 27 ans jusqu'en 2022.. ça.. ce n'est pas "révélateur?

      ..lol!..

      Christian Montmarquette

  • Claude Bariteau - Abonné 24 novembre 2017 06 h 50

    Questions à Mme Dorion et messieurs Bourgeois et Bégin

    J'ai voté ON en 2012 et 2014 et je ne voterai pas QS en 2017 même si Mme Dorion, messieurs Bourgeois, Bégin et Zanetti sont candidats sous la bannière de QS.

    Aussi je me demande à quel projet d'entente ces quatre membres de QS se sont révélés enthousiastes. Au projet initial qui impliquait que QS s'associe sans conserver un droit de rejet par son assemblée générale de faire de la constitutante une projet d'indépendance ou au projet final qui rend cette assemblée générale celle qui pourra ramener le projet de constituante conçu par QS.

    Il s'agit d'un point fondamental. Or, sur ce tel point, tout est nébuleux de même que d'autres, plus secondaires, qui font que ON, par cette entente, est intégré dans QS et doit composer avec les instances de QS.

    Je doute que cette perspective ait enthousiasmé Mme Dorion et messsieurs Bourgeois et Bégin. J'aimerais connaître leur point de vue.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 24 novembre 2017 08 h 47

    Se diviser comme si on en avait les moyens

    En lisant cet article sur leur foutu projet de fondation d'un xième parti indépendantiste, l'image qui me vient , c'est un local communautaire quelconque, sans fenêtre sur la vraie vie, dans lequel il y a tellement peu de personnes à discuter dans le dit local que les paroles se font écho et personne ne se comprend, ni ne comprend son voisin.

  • Carol Létourneau - Abonné 24 novembre 2017 08 h 57

    Le problème du projet indépendantiste

    La dispersion des forces indépendantistes est à la fois le symptome et la cause de l'effritement des appuis au mouvement indépendantiste. Qu'on vienne me convaincre qu'elle sert la cause. Je suis demeuré fidèle à l'immense majorité des militants indépendantistes du PQ malgré que je privilégie l'élection référendaire. Comment convaincre les Québécois de joindre les rangs des plus ardents défenseurs de la cause si nous offrons l'image de désaccords et de l'incapacité d'accepter le choix démocratique majoritaire. M. Aussant à tenté le grand coup honorablement. On connaît le résultat. Pourquoi persister devant le désenchantement populaire? Rentrer au bercail et faire valoir son point de vue courageusement et méthodiquement, voilà qui me paraît ce qu'il y a de plus honorable et annonciateur d'un Québec fort et fier lorsque devenu indépendant.

    • Bernard Plante - Abonné 24 novembre 2017 10 h 32

      Lorsque "rentrer au bercail" signifie revenir dans un parti qui fait semblant d'être souverainiste une fois aux quatre ans, on peut comprendre qu'il devienne moins intéressant de revenir à la maison...