Des transactions de la SIQ comportent de nombreuses irrégularités, selon la VG

Guylaine Leclerc
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Guylaine Leclerc

La vente d’immeubles par la Société immobilière du Québec (SIQ) a contrevenu à « des règles élémentaires de saine gestion », relève la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc. Une négligence qui a coûté au minimum 18,6 millions au gouvernement. 

 

« Il y a eu définitivement mauvaise gestion », a résumé Mme Leclerc en conférence de presse évoquant de « l’imprudence » et une « multitude d’erreurs inacceptables ». 

 

Rappelons que la vérificatrice avait été mandatée par l’Assemblée nationale pour faire la lumière sur des transactions passées réalisées par la Société immobilière du Québec. Son rapport conclut que la SIQ a négocié des contrats de vente désavantageux, privant « minimalement » le gouvernement de 18,6 millions de dollars.  

 

Entre 2003 et 2017, la SIQ a vendu 117 immeubles pour un total 417 millions.

 

Volontaires ou involontaires ?

 

Les trois immeubles au coeur de cette affaire ont été vendus à l’époque à l’homme d’affaires George Gantcheff et au groupe SOLIM-Accurso. La vérificatrice générale n’a toutefois pas voulu se prononcer sur les raisons qui ont poussé la SIQ à les céder à des conditions désavantageuses. « Je ne suis pas en mesure de dire si les lacunes effectuées sont volontaires ou non », a-t-elle dit, en ajoutant que cela faisait l’objet d’une enquête policière.  

 

Le rapport déposé jeudi révèle notamment que la SIQ a transmis une « documentation erronée » au Conseil du trésor pour obtenir 6,5 millions afin de financer le déménagement des effectifs du ministère des Transports.  

 

Dans le document, la vérificatrice détaille les nombreuses modifications aux conditions de vente concédées par la SIQ aux acheteurs. Elle souligne notamment que les « démarches de sélection des acheteurs et de négociations avec ces derniers » s’étaient « écartées des meilleures pratiques ». 

 

Soulignons que ce rapport n’est qu’une première étape dans l’enquête de Mme Leclerc, à qui le Parlement a aussi demandé de se pencher sur les liens commerciaux (baux et contrats de location) entre le gouvernement et le collecteur de fonds Marc Bibeau. Jeudi, elle a dit espérer pouvoir présenter des résultats à ce sujet en 2018.  

 

Rappelons que la SIQ gère tous les immeubles du gouvernement à l’exception des bâtiments des réseaux de la Santé et de l’Éducation. Elle a été fusionnée en 2013 avec Infrastructure Québec pour devenir la Société québécoise des infrastructures. 

 

L’opposition dénonce des « magouilleurs »

 

Le sujet n’a pas tardé de rebondir en Chambre jeudi matin, où le premier ministre Philippe Couillard a plaidé que le « problème [décelé par la VG dans la vente d’immeubles publics] remonte à 10 ans ». 
 

Il s’est désolé de voir ses adversaires politiques, dont, au premier chef, les caquistes, « conjuguer le passé au présent ». « On est dans une autre époque », a-t-il insisté lors de la période des questions.
 

Des « enquêtes policières » feront toute la lumière sur « les agissements inacceptables » rapportés dans le rapport de la VG. « Il y aura éventuellement des poursuites pour qu’on récupère les sommes », a précisé M. Couillard.
 

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a accusé le gouvernement libéral d’avoir fait « un cadeau de 11 millions de dollars à George Gantcheff ». « Les Québécois se sont fait flouer de 11 millions de dollars », a-t-il dénoncé.
 

La députée péquiste Agnès Maltais a déclaré de son côté que « les Québécois se sont fait voler, mais à l’os » par « des magouilleurs d’allégeance libérale ». « Pourquoi? Parce que les Bartlett, Fava, les Rondeau, les Gantcheff, les Fournier, il valait mieux pour eux de donner des concessions inacceptables, scandaleuses pour se garder la plus grande commission possible », a-t-elle déclaré en Chambre. Elle a pressé le gouvernement libéral d’intenter des « poursuites civiles pour récupérer cet argent volé aux Québécois ».


 
10 commentaires
  • Lucien Cimon - Abonné 23 novembre 2017 10 h 56

    Mai où donc était notre actuel premier ministre à cette époque?
    Et Fournier, et Moreau, et Arcand, Lessard, Blais, Boulet, Vallée, St-Pierre, D'Amour, Thériault? Tous de petits nouveaux ou des anciens complices?

    • Donald Bordeleau - Abonné 23 novembre 2017 23 h 44

      Bibeau, Fava et Accurso étaient les favoris de Monsieur Charest amener l'argent dans la caisse du PLQ. Cela a payé le salaire caché de Monsieur Charest de 750,000$ en 10 ans.

      On se souvient du scénario Bastarache en 2010 qui finit abrutement.

      Chacun avait son pouvoir pour obtenir soit des contrast pour un barrage de Hydro ou encore des baux de location de 20 ans.

    • Donald Bordeleau - Abonné 24 novembre 2017 00 h 01

      Tout cela comme l'UPAC et ses enquêtes sur le PLQ vont finir en queue de poisson.

      De 2003 à 2012, la proximité des entrepreneurs avec les fonctionnaires des villes et des ministères ont souvent faits gonflés les coûts de 30 % pour payer la cote de 3% Trépanier et etc ... Ici il faut voir l'image ou à Laval et à MTL il a fallu plusieurs coffres forts pour ranger les millions pour la caisse Occulte.

      Nos apprentis sorciers du PLQ nous ont fait perdre 12 milliards avec la vente de feux avec Rousseau à la Caisse de dépôt du Québec en 2008. La corruption nous a couté aux bas maux plus de 35 milliards.

      En plus avec la SIQ, on comprend pourquoi les collecteurs du PLQ font un travail admirable avec toute les nominations pour assurer un bouclier contre les poursuites.

      Fava rencontrait Lafrenière dans le bureau du PM. Des acteurs qui se connaissent très bien, certains comme Lafrenière devrait se récuser.

  • Marguerite Paradis - Inscrite 23 novembre 2017 11 h 20

    ENCORE... ÉMISSION « ENQUÊTE »

    Il faudrait réécouter l'émission « Enquête » de Radio-Canada...
    M.P.

  • André Labelle - Abonné 23 novembre 2017 11 h 42

    PATHOLOGIE PARLEMENTAIRE

    Un syndrome déplorable de la politique c'est qu'une fois élu et surtout devenu ministre on perd la mémoire et on change de valeurs éthiques.

    On ne voit plus ce qu'on dénonçait avant d'arriver au pouvoir. Les odeurs qui empestaient l'atmosphère hier semblent s'être évanouies.

    Pour se faire élire on invoquait l'intelligence des citoyens mais pour se maintenir au pouvoir on mise leur supposée incapacité à distinguée la vérité des supercheries électoralistes avec lesquelles on tente de les appâter. Mais ce manque flagrant de respect qui alimente le cynisme des électeurs est une importante erreur qui aura un impact important.


    «Les politiciens et les couches doivent être changés souvent … et pour les mêmes raisons.»
    [George Bernard Shaw]

  • André Labelle - Abonné 23 novembre 2017 11 h 50

    Un syndrome déplorable de la politique c'est qu'une fois élu et surtout devenu ministre on perd la mémoire et on change de valeurs éthiques.

    On ne voit plus ce qu'on dénonçait avant d'arriver au pouvoir. Les odeurs qui empestaient l'atmosphère hier semblent s'être évanouies.

    Pour se faire élire on invoquait l'intelligence des citoyens mais pour se maintenir au pouvoir on mise leur supposée incapacité à distinguée la vérité des supercheries électoralistes avec lesquelles on tente de les appâter. Mais ce manque flagrant de respect qui alimente le cynisme des électeurs est une importante erreur qui aura un impact important.

    «Les politiciens et les couches doivent être changés souvent … et pour les mêmes raisons.»
    [George Bernard Shaw]

  • Patrick Daganaud - Abonné 23 novembre 2017 12 h 40

    Tricher, mentir, falsifier, se parjurer...

    La tricherie est dans la génétique libérale.

    « Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés...»
    Les animaux malades de la peste
    Jean de la Fontaine

    • Robert Beauchamp - Abonné 23 novembre 2017 15 h 03

      Et le ''veau d'or'' est porteur d'une bactérie éminemment contagieuse.