Guy Ouellette perd la présidence de la Commission des institutions

Dans une lettre adressée au premier ministre lundi, Guy Ouellette avait demandé de reprendre sa place au caucus, mais aussi son poste de président de la Commission des institutions.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Dans une lettre adressée au premier ministre lundi, Guy Ouellette avait demandé de reprendre sa place au caucus, mais aussi son poste de président de la Commission des institutions.

Le député Guy Ouellette a retrouvé sa place au caucus libéral mardi, mais s’est fait confirmer dès le lendemain son exclusion de la Commission des institutions de l’Assemblée nationale, qu’il présidait depuis septembre 2015.

Une motion déposée par la whip libérale Nicole Ménard est venue sceller son sort mercredi. Le gouvernement Couillard a envoyé Guy Ouellette à la Commission de la culture et de l’éducation et à la Commission de l’aménagement du territoire, où il remplace le libéral Pierre Michel Auger.

Le député de Chomedey, arrêté le 25 octobre par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), subit en effet une perte de salaire. Les 23 457 $ qu’il empochait à titre de président de la Commission des institutions lui sont retirés ; il doit désormais se contenter du salaire de base d’un député, établi à 93 827 $.

Surtout, Guy Ouellette ne pourra pas « poursuivre [sa] recherche de vérité » à la tête de la Commission des institutions, comme il l’avait souhaité dans une lettre envoyée lundi au premier ministre.

On veut clarifier ça avec monsieur Sklavounos. C’est tout.

 

Dans cette missive, il demandait à Philippe Couillard de le réintégrer au caucus libéral, mais aussi dans ses fonctions de président de la commission des institutions. Il faisait valoir que son arrestation ne devait pas l’empêcher de diriger les travaux de la commission parlementaire qui est notamment chargée de passer au peigne fin le projet de loi visant à accroître la compétence et l’indépendance du commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière.

Mercredi, quand la rumeur de son maintien hors de la Commission des institutions a commencé à circuler dans les couloirs du Parlement, le député s’est abstenu de répondre aux questions des journalistes.

Un retour pour Gerry Sklavounos ?

La réintégration de Guy Ouellette a néanmoins inspiré au premier ministre Couillard une certaine ouverture au retour de Gerry Sklavounos au sein des troupes libérales. « On va avoir des discussions avec lui », a-t-il dit au micro du FM93.

Le député de Laurier-Dorion siège à titre d’indépendant depuis le mois d’octobre 2016. Il a été écarté après avoir été ciblé par une plainte pour agression sexuelle et avoir fait l’objet d’allégations concernant des gestes ou des paroles inappropriés.

En février 2016, Philippe Couillard avait annoncé l’expulsion définitive de Gerry Sklavounos du caucus libéral. L’acte de contrition qu’avait fait le député quelques jours plus tôt — une semaine jour pour jour après que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) eut établi qu’il n’avait pas commis d’acte criminel dans l’affaire d’agression sexuelle dont il était soupçonné — « ne correspondait pas aux attentes », avait alors souligné le chef du gouvernement.

Son discours a changé mercredi. « Le rapport du DPCP a dit clairement qu’il n’y a aucun acte qui a été commis. On est tous d’accord là-dessus, a déclaré Philippe Couillard. Mais par contre, il y a d’autres choses qui apparemment circulent. On veut clarifier ça avec monsieur Sklavounos. C’est tout. »

Ces « autres choses », Gerry Sklavounos a refusé de les évoquer au cours d’un entretien avec Le Devoir.

« Je pense que je suis encore fortement identifié au Parti libéral, et oui, mes valeurs correspondent pas mal à ça », a-t-il affirmé.

« Je l’ai dit dans le passé, je le dis encore : je n’ai pas changé mes opinions politiques depuis que c’est arrivé. Pour le reste, c’est une discussion du caucus. […] Le premier ministre va m’annoncer de quoi, j’imagine, quand il va me voir », a-t-il souhaité.

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