Québec crée une «SAQ du cannabis»

La ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, aux côtés des ministres des Finances, Carlos Leitao, et des Transports, André Fortin
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, aux côtés des ministres des Finances, Carlos Leitao, et des Transports, André Fortin

La ministre déléguée à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, a déposé jeudi matin le projet de loi constituant la Société québécoise du cannabis (SQC), une filiale de la Société des alcools du Québec. 

Cette société d’État sera la seule à pouvoir acheter, assurer le transport, l’entreposage et la vente du cannabis lorsqu’il sera légal. Aucun Québécois d’âge mineur ne pourra posséder de la marijuana. 

Les employés de la SQC devront se soumettre à une habilitation sécuritaire et suivre une formation relative à la vente de la marijuana. Les points de vente de cannabis seront interdits d’accès aux mineurs, et les produits vendus seront « limités », a déclaré la ministre lors du dépôt de son projet de loi au Salon bleu. 

Le Code de la sécurité routière sera modifié : un principe de « tolérance zéro » s’appliquera sur les routes du Québec. « S’il y a quelque présence détectable de cannabis ou d’autre drogue dans sa salive » d’un automobiliste, son permis de conduire sera suspendu sur-le-champ, pour une période de 90 jours. 

La culture du cannabis dans les logements sera interdite. La loi restreindra la possibilité de fumer de la marijuana, « essentiellement » dans les lieux où l’usage du tabac est interdit. 

Les revenus associés à la vente de la marijuana seront gérés par le Fonds des revenus provenant de la vente de cannabis. Le gouvernement Couillard mettra aussi sur pied le Fonds de prévention et de recherche en matière de cannabis.

D’autres détails suivront.

17 commentaires
  • Solange Bolduc - Inscrite 16 novembre 2017 12 h 01

    Tout ce qui est défendu est encore plus tentant!

    D'entrée de jeu: Je n'ai jamais fumé, ni cigarette ni pot de ma vie. Ma grande soeur m'avait dit alors que j'avais 13 ans; «Ah, toi tu feras bien comme nous autres (ma mère inclause), tu fumeras!» J'ai répondu;«Jamais»! J'ai tenu, mais cela ne fait pas de moi un ange, bien évidemment!

    Je crois que plus il y aura d'obstacles à la liberté de fumer chez les jeunes, ou de se procurer le dit produit, plus la tentation sera forte de s'en procurer, ailleurs...C'est comme le péché de la chair, plus nos bons curés nous disaient que c'était mal, plus la tentation était forte d'y succomber ! L'interdit est le pire des péchés !

    De toute manière, nos jeunes ratoureux, voire intelligents, trouveront les moyens de s'en procurer en faisant les «beaux yeux» aux adultes !

    La sévérité trop sévère porte à la désobéissance, et c'est tellement plus agréable de désobéir au gouvernement quand les interdits deviennent si ridicules !

    • Solange Bolduc - Inscrite 16 novembre 2017 20 h 37

      Cela passe par l'exemple des paraents : si un parent dit à son fils tu ne peux pas fumer parce que tu es trop jeune , le jeune va tenter de trangesser l'interdit! Mais si on donne l'exemple et qu'on lui fait comprendre que le bien-être n'est ni dans l'alcool ni dans la drogue, et que le plaisir sous toutes ses formes aux sens non frelatés, n'a pas besoin de plaisirs artificiels, il s'adonnera à ses instincts. Rien de pire que d'interdire l'instinct naturel, lles plaisirs les plus naturels : manger, aimer, goûter l'autre en toutes ses dimensions: c'est voire à la vie, s'y enivrer! Et cela, à la seule condition que l'on fasse la différence entre ce qui est instinct ou pulsion sexuelle, en vantant les plaisirs qui vont au-dela du superficiel, en jouissant du plaisir de l'instant en toute complécité avec l'autre! Quand on prend de la drogue pour ressentir du du plaisir, on ne récolte que du vent, la temps nécessaire à s'accomplir dans l'acte d'amour ou l'autre, n'est pas la vie en son devenir, mais des plaisirs éphémères sans importance, et surtout sans finalité, ce qui n'a rien à voir avec les plaisirs naturels, le reste n'étant que boustés par la drogue ressentie dans l'instant, mais le plus vite oublié pour passer à une autre drogue tout aussi éphémère! La rencontre d'un homme et d'une femme dans leur vérité première ne nécessite pas de se droguer artificiellement, il s'agittout simplement de sentir le parfum de l'autre pour en être drogué! Vile les Jardins d'Adomnis, le dieu d'amour, ses arômates !

  • Benoît Landry - Abonné 16 novembre 2017 12 h 41

    D'une mafia à l'autre

    Un des objectifs de la légalisation de la marijuana (ou cannabis) était de se libérer du contrôle des mafieux qui abusent d'un monopole illégal.

    En interdisant, la culture pour une consommation domestique notre cher gouvernement ne fait qu'occasionner un changement de main à ce monopole.... en somme on ne fait en quelques sortes que blanchir le marché noir. Même si la distribution se fera pas une société d'État, la production elle sera permise seulement aux meilleurs lobbys auprès du gouvernement. On a vu ça cette semaine, même d'anciens ministres du gouvernement Harper opposé à la légalisation, se lancent maintenant dans la production du cannabis.

    Alors pour nos élites politiques, les problèmes étaient-il vraiment lié à la santé et sécurité publique ou un manque à gagner pour des amis du pouvoir dans une marché très lucratif. Dépénaliser une certaine possession en même temps que de réserver la production à des amis... est-ce une stratégie de mise en marché sortie des hautes écoles commerciales ?

    • Benoît Landry - Abonné 16 novembre 2017 13 h 05

      Je complète en signalant que nous assistons encore une fois à une manière de faire tellement digne du PLQ.

      Partout dans notre société, les forces néolibérales, le PLQ en tête privatisent la production des services que ce soit par exemple avec les éoliennes ou les GMF. Le privé fait une production qu'elle vend à l'État et c'est notre cher gouvernment qui a la tâche de faire payer la population.

      Le privé empoche les profits et tous les risques reposent sur les épaules de l'État, donc de nous tous.

      C'est encore la même chose qui est reproduite ici avec l'interdiction de la production domestique, on vient d'offrir un marché captif aux amis du pouvoir sans le risque réel que n'importe qui devrait affronter en se lançant en affaire. Les producteurs de légumes du Québec aimeraient bien avoir autant de protection afin de bien nourrir la population, mais ils devront se contenter de regarder de nouveaux producteurs «agricoles» s'en mettre plein les poches sans prendre de réels risques

  • Nadia Alexan - Abonnée 16 novembre 2017 12 h 47

    Une décision sage qui mérite l'éloge de la ministre Charlebois.

    Je félicite la ministre, Lucie Charlebois, pour sa décision très sage de limiter la vente, l'achat, le transport et la distribution du cannabis dans la sphère publique. Bravo aussi pour la loi qui restreindra la possibilité de fumer de la marijuana, «essentiellement » dans les lieux où l’usage du tabac est interdit.
    Je suis aussi ravie de la décision gouvernementale d'interdire l'usage du cannabis à la maison.
    Ce n'est pas souvent qu'on retrouve une raison pour féliciter le gouvernement Couillard, mais cette fois-ci l'éloge est bien mérité. Le gouvernement à écouter les experts contre les cris du secteur privé qui veut toujours accaparer le marché au détriment de l'intérêt public.

    • Luc Le Blanc - Abonné 16 novembre 2017 16 h 36

      Vous écrivez:

      «Je suis aussi ravie de la décision gouvernementale d'interdire l'usage du cannabis à la maison.»

      L'usage du cannabis ne sera pas interdit à la maison, seulement sa production. Vous pouvez donc aussi féliciter la ministre qu'elle ait choisi de protéger les lobbies et amis du régimes des pertes possibles si les consommateurs décidaient d'ajouter le cannabis à leur potager.

    • Patrice Bolatre - Abonné 16 novembre 2017 16 h 45

      De ce commentaire, Mme Alexan, vous venez de vous mériter une place sûre pour votre accession à l'ordre de l'autruche.

      Comme le disais Mme Charlebois «Ce n'est pas d'hier qu'il y a de la drogue dans le chemin!» ...Et que doit-on comprendre? Qu'il n'y en aura plus, qu'il n'y en aura plus ou que l'on va en profiter pour monter une structure collectrice de taxes, laquelle va évidemment fortement favoriser le marché noir.

      L'un des buts de cette loi - féderale - est de désorgenger les tribunaux, les policiers vont-ils donc continuer à courir après les trafiquants? Auquel cas ce sera un ratage total et je dirais, prévisible et habituel dans notre société qui se distingue, surtout par ses contradictions.

    • Nadia Alexan - Abonnée 16 novembre 2017 22 h 16

      À Patrice Bolatre et Luc Leblanc: Je pense que j'ai mal compris la loi. J'avais pensé que la production et la distribution seraient dans les mains du gouvernement.

  • Jean-Marc Plante - Inscrit 16 novembre 2017 15 h 46

    Plante en pot

    "La culture du cannabis dans les logements sera interdite"
    On se revoit devant la Cour suprême...

  • Pierre Robineault - Abonné 16 novembre 2017 16 h 05

    Retrouvailles

    Ce n'est que comme si le cannabis retrouvait sa canabière! Rien de plus logique ... comparativement à tout le bordel qu'il s'apprète à provoquer.
    Comment ne pas verser dans la dérision?