Kolber et Bronfman ont donné près de 100 000$ au PLQ, selon le PQ

Le porte-parole du Parti québécois en finances, Nicolas Marceau, soupçonne le gouvernement Couillard de fermer les yeux sur les paradis fiscaux en raison de ses accointances avec des amis du parti qui y ont recours.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le porte-parole du Parti québécois en finances, Nicolas Marceau, soupçonne le gouvernement Couillard de fermer les yeux sur les paradis fiscaux en raison de ses accointances avec des amis du parti qui y ont recours.

Deux riches Canadiens éclaboussés par le scandale des Paradise Papers, Stephen Bronfman et Leo Kolber, ont donné pour près de 100 000 $ au Parti libéral du Québec (PLQ).

L’opposition officielle soupçonne par conséquent le gouvernement Couillard d’être complaisant dans sa lutte contre les paradis fiscaux.

Selon les dernières révélations du Consortium international des journalistes d’enquête (ICIJ), l’ex-sénateur libéral Leo Kolber et le grand argentier du Parti libéral du Canada (PLC) Stephen Bronfman ont contribué à la mise sur pied d’une fiducie de plus de 60 millions $US dans les îles Caïmans, un paradis fiscal, cela afin d’échapper au fisc canadien.

À la période de questions mardi, le porte-parole du Parti québécois en matière de finances, Nicolas Marceau, a fait savoir que M. Kolber avait donné 56 000 $ au PLQ, de 1979 à 2017, tandis que M. Bronfman a versé 38 000 $ à cette formation, de 1995 à 2016.

Le député de Rousseau a rappelé que M. Kolber était impliqué dans le Groupe Medisys depuis 2002, lié à Persistence Capital Partners, une entreprise pour laquelle M. Couillard a travaillé de 2008 à 2012. « Alors, il y a des liens étroits et intimes », a suggéré M. Marceau, en conférence de presse.

En outre, il a également évoqué un projet de loi présenté par le précédent gouvernement Charest concernant la fiducie familiale des Bronfman, qui avait été retiré quand l’opposition avait posé « trop de questions ».

Fermer les yeux

L’élu péquiste soupçonne le gouvernement de fermer les yeux sur les paradis fiscaux en raison de ses accointances avec des amis du parti qui y ont recours.

« Il y a plein de gens qui sont proches du Parti libéral qui perdraient beaucoup si le gouvernement du Québec agissait, il y a plein de monde, a soutenu M. Marceau. Et il y a beaucoup de ces gens-là qui sont très proches du Parti libéral du Québec et du gouvernement du Québec actuel. »

Ulcéré, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a déclaré qu’il se retenait pour ne pas recourir à des propos antiparlementaires proscrits par la présidence.

« La question n’est pas pertinente du tout, d’essayer encore une fois de faire des raccourcis, des accusations par la bande, d’associer deux partis politiques qui sont très différents l’un de l’autre, de mélanger les choses, de mélanger le public. Je m’étonne que le Parti québécois en soit encore rendu là. »

5 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 8 novembre 2017 04 h 38

    Le «Paradise Papers» confirme nos doutes!

    Ce n'est pas surprenant que les hommes d'affaires aient toujours essayé d'influencer la politique en achetant les consciences avec l'argent. Malgré l'effort gigantesque de René Lévesque de sortir l'argent de la sphère politique, la Commission Charbonneau a démontré que la collusion et la corruption chez nos politiciens sont bel et bien vivantes. Et maintenant, la révélation du consortium des journalistes, le «Paradise Papers» confirme nos suspicions!

  • Yvon Beaudoin - Abonné 8 novembre 2017 05 h 39

    La réaction de Leitao?

    Juste un mot pour décrire la réaction de Leitao : HYPOCRITE

  • Raymond Chalifoux - Abonné 8 novembre 2017 07 h 15

    Mieux que les Fonds de Solidarité de vous savez qui...

    Il semble évident que.. dans ce pays, les meilleurs placements que l'on puisse faire, ceux qui rapportent vraiment gros en ces temps de taux d'intérêt nuls ou quasi nuls, soient ceux faits auprès de Partis qui se disent "Libéral" (libéral avec NOS impôts à recevoir, oui).

    Faramineux, les rendements auprès des banques Libérales!

    Quand je pense au temps et aux énergies qu'il nous a fallu dépenser pour faire annuler toutes ces pénalités farfelues et autres intérêts imputés arbitrairement - soit disant pour non-conformité ou non réception de documents relatifs aux successions de nos vieux, réglés ces dernières années -, tant au provincial qu'au fédéral, y a de quoi exploser de rage et de colère.

    Va falloir régler ça!
    Ça, pis les Netflix, Apple, Google et autres Amazon qui "en toute légalité votre honneur, checkez et vous verrez bien!" pillent ce pays comme le font les malfrats, là où l'État n'existe quasi pas, comme en Haïti, en Lybie...

    Allez, au plus coupant, une autre élection aux résultats.. « renversants»!

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 8 novembre 2017 09 h 18

    «Ça va faire pareil!»

    Il y a toujours eu des paradis fiscaux et les premières personnes à les utiliser furent Sa Majesté, l'aristocratie britannique et les plus grosses fortunes mondiales: ils leur doivent leur existence. Leur malheur vient de leur démocratisation accélérée et des récentes percées du secret bancaire. Leur bonheur vient de leurs accointances avec les milieux politiques et de la grande facilité avec laquelle l'État cotise les salariés.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 8 novembre 2017 09 h 28

    Suggestion au ministre des Finances

    Au lieu de se retenir pour ne pas utiliser des propos antiparlementaires, si M. Leitão nous disait tout simplement s’il est vrai ou faux que MM. Kolber et Bronfman ont versé près de cent-mille dollars au Parti libéral du Québec.

    Il ne suffit pas de jouer la vierge offensée. Un peu de franchise, SVP. Il en va de sa crédibilité.

    S’il ment devant les preuves accablantes révélées par les Petits papiers du Paradis, comment pourrons-nous le croire au cours de la prochaine élection lorsqu’il nous dira que l’election d’un gouvernement de la CAQ ou du PQ serait une catastrophe ?