Lisée renonce à son projet de loi «musclé» sur la laïcité

Interrogé à ce sujet, Jean-François Lisée a reconnu avoir procédé sans l’assentiment de ses députés.
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne Interrogé à ce sujet, Jean-François Lisée a reconnu avoir procédé sans l’assentiment de ses députés.

Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, a reconnu mardi ne pas avoir consulté son caucus avant d’annoncer publiquement qu’il déposerait un projet de loi musclé sur la laïcité d’ici Noël.

Interrogé à ce sujet, M. Lisée a reconnu avoir procédé sans l’assentiment de ses députés. « Je ferais les choses autrement, j’ai surestimé le consensus. Je suis un gars à l’écoute, j’accepte ça, j’admets ça, et je dis : très bien, on corrige », a-t-il déclaré, avant de renoncer au dépôt d’une telle pièce législative à l’Assemblée nationale.

Le 25 octobre dernier, le chef de l’opposition officielle annonçait en conférence de presse qu’après l’échec du projet de charte des valeurs en 2014, il reviendrait à la charge dans les prochaines semaines avec un projet de loi ambitieux destiné à promouvoir la laïcité de l’État québécois.

Ce projet de loi devait aller beaucoup plus loin en matière de laïcité que la controversée loi du gouvernement Couillard, qui stipule que tous les services publics au Québec devront être donnés et reçus à visage découvert — notamment dans les transports publics et dans les hôpitaux. La loi permet toutefois des accommodements raisonnables, accordés à la pièce.

M. Lisée cherchait à interdire le port de signes religieux aux agents de l’État, soit les juges et procureurs de la Couronne, les policiers, les gardiens de prison, les enseignants au primaire et secondaire, ainsi que dans les services de garde subventionnés.

Il proposait aussi de soustraire son projet de loi aux contestations judiciaires, en invoquant d’emblée la disposition de dérogation prévue dans la Constitution.

De plus, le chef du PQ voulait examiner, après les élections générales de 2018, la possibilité d’interdire aux Québécois et Québécoises de se présenter le visage couvert dans l’espace public, soit par exemple dans la rue ou les parcs.

Il a affirmé, mardi, avoir discuté d’un tel projet de loi avec ses « officiers » et sa porte-parole en matière de laïcité, Agnès Maltais, mais pas son caucus.

« Comme il s’agissait d’emballage, comment on emballe une position qui existait déjà, j’ai pensé que ça ferait consensus. De toute évidence, ce n’était pas le cas », a-t-il signifié en mêlée de presse.

Il s’est par ailleurs défendu en disant qu’il y avait la forme et le fond, et que sur le fond, tous ses députés étaient d’accord.

Or, plus tôt en journée, le député péquiste Alexandre Cloutier a fait savoir aux journalistes qu’il n’avait pas changé d’avis sur le sujet depuis la course à la direction de l’an dernier. Favorable à l’adoption de la formule issue de la commission Bouchard-Taylor, qui prône l’interdiction de signes religieux pour les personnes en position d’autorité — juges, policiers, procureurs, gardiens de prison —, il s’oppose à un débat sur l’interdiction du voile intégral dans l’espace public.

« Nous avons eu effectivement une discussion sur le choix politique d’insérer ces éléments, oui ou non, dans un projet de loi que nous déposerions. Et j’ai constaté qu’il n’y avait pas un consensus assez large pour faire ce choix politique maintenant », a reconnu M. Lisée.

Pour sa part, le chef de la Coalition avenir de Québec (CAQ), François Legault, a accusé le chef péquiste de louvoyer sur la question de la laïcité.

« Nous, on a la même position depuis 2013, a-t-il dit. Nous, on veut interdire les signes religieux pour les personnes en autorité incluant les enseignants, on n’a pas changé de position. Jean-François Lisée change de position tous les six mois. Il est vraiment dur à suivre. »

Comme il s’agissait d’emballage, comment on emballe une position qui existait déjà, j’ai pensé que ça ferait consensus. De toute évidence, ce n’était pas le cas.

7 commentaires
  • Solange Bolduc - Inscrite 7 novembre 2017 17 h 32

    Legault aime bien se péter les bretelles

    parce que les idées qu'il a sont si minces qu'il lui est impossible de changer d'idées. La seule vraie idée qu'il a eu, c'est de demander à Justin Trudeau de rediscuter de constitution ...ce fut «capoutte» même avec Couillard, le PM n'entend pas en discuter... !
    Je trouve Legault si niais dans sa façon de parler que j'aurais honte de l'avoir comme premier ministre du Québec. Qu'il continue donc de se péter les bretelles, de l'élire serait un recul pour les Québecois !

  • Pierre Robineault - Abonné 7 novembre 2017 18 h 12

    Évidente pleuterie!

    J'en ai moi aussi discuté avec mon entourage et nous en arrivons à une même conclusion: ne comptez plus sur nous, monsieur Chose!
    Libe à vous de continuer votre esbrouffe de perdant.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 8 novembre 2017 18 h 05

      pauvre de vous..dirait Sol !
      Votre entourage? ...mais vous êtes cerné de tout côté par de la bienpensance gogauche qui ne va nulle part.

  • Jacques Patenaude - Abonné 7 novembre 2017 18 h 28

    travailler à un programme inclusif

    Il me semble que le PQ devrait laisser les libéraux se dépêtrer avec leur loi et plutôt se concentrer sur un programme politique vraiment inclusif où tout le monde pourrait se retrouver comme projet Montréal a si bien réussit à le faire.

    Le consensus Bouchard est suffisant. Comme le disait un de mes proches:"Commençons par essayer cela on verra si ça règle le problème. Et SVP au cas ça serait contesté utilisons la clause dérogatoire comme dans une foule d'autres situation où elle est utilisées sans qu'on le sache ça nous éviterait des heures de plaisirs juridicocrates.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 7 novembre 2017 18 h 54

    Pauvre PQ

    Décidément, c'est ce qui s'appelle se caler «pas à peu près».

    Le PQ ne sait pas où il s'en va et il nous demande de le suivre.

    Il semble systématiquement vouloir être son propre pire ennemi.

    Na na na na
    Na na na na
    É É É Goodbye!!!

  • Michel Lebel - Abonné 7 novembre 2017 20 h 43

    Mauvais présage!

    Disons simplement: un signe évident que ça va mal au PQ.

    M.L.