L’UPAC nie avoir intimidé Ouellette et défend ses techniques d'enquête

Le grand patron de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière, défie le Parlement. Mardi après-midi, il n’a ni offert d’excuses ni déposé des accusations dans l’affaire Ouellette, comme le lui avait pourtant expressément demandé le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, quelques heures plus tôt.

« Je suis bien en selle, j’ai une formidable équipe et je ne me sens pas du tout menacé », a lancé M. Lafrenière dans une sortie médiatique exceptionnelle.

Le député Guy Ouellette a été arrêté mercredi dernier dans le cadre d’une enquête de « vol [et de] diffusion illégale de documents confidentiels » provenant de l’opération Mâchurer — qui vise notamment l’ex-premier ministre Jean Charest, a confirmé implicitement M. Lafrenière après avoir longuement étayé les « dangers » des fuites médiatiques pour les enquêtes menées par l’UPAC. « Concurremment à l’analyse des perquisitions, nous procéderons à un nombre important de rencontres au cours des prochains mois », a poursuivi le directeur des opérations à l’UPAC, André Boulanger, repoussant la perspective d’un éventuel dépôt d’accusations criminelles contre M. Ouellette.

C’est M. Boulanger qui a donné le feu vert à l’arrestation — imprévue et sans mandat — de M. Ouellette après que celui-ci eut échoué à un « test d’intégrité » approuvé par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et la Cour du Québec, mordant à pleines dents à un « appât » agité par les policiers.

Aucune forme d’intimidation n’a été faite dans le cadre de ce projet ni dans le cadre d’aucun autre projet d’enquête. Cela aurait été inacceptable et jamais je n’aurais toléré cette situation. Je réfute avec véhémence cette allégation.

 

L’UPAC reçoit une volée de bois vert

Deux heures plus tôt, le président de l’Assemblée nationale avait enjoint à l’état-major de l’UPAC — et par ricochet au DPCP — d’« accuser » M. Ouellette ou de s’« excuser » auprès de lui. « Qu’on accuse ou qu’on s’excuse, sinon cette assemblée devra prendre les moyens pour défendre les fondements mêmes de son existence, soit la liberté, la justice et la démocratie », a-t-il averti en chambre.

Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, a été longuement ovationné par l’ensemble des députés après sa mise au point.

« Les corps policiers et leurs unités doivent être redevables à leurs responsables politiques et au Parlement, sinon on accroît de beaucoup les risques de dérive totalitaires. […] Je vois des États où ces choses existent, mais pas chez nous. Enfin, je souhaite ne pas me tromper », a insisté le président de l’Assemblée nationale, qui a appris dans les médias l’arrestation d’un des élus du Parlement québécois.

En soirée, M. Chagnon s’est dit désolé de voir l’UPAC faire fi de son appel. « C’est très malsain. Ça ne peut pas durer longtemps. Je suggère à l’UPAC de s’enligner, de se mettre les yeux à la place des trous et de sortir ses accusations si elle a des choses à dire », a-t-il affirmé, n’arrivant pas à croire qu’un juge de la Cour du Québec ait appuyé la démarche de l’équipe de M. Lafrenière.

L’UPAC s’est quant à elle engagée à solliciter l’autorisation de l’Assemblée nationale afin d’accéder au contenu, potentiellement protégé par le privilège parlementaire, du matériel électronique et informatique de M. Ouellette saisi. « Je vais attendre d’avoir une demande », a rétorqué M. Chagnon, sur un ton de défi.

De son côté, le premier ministre Philippe Couillard s’est refusé à tout commentaire dans la foulée de la sortie médiatique de l’UPAC. Il avait invité l’unité policière à « donner publiquement le plus de précisions possible » sur l’arrestation de M. Ouellette.

Jamais, jamais ni mon bureau ni l’AMF n’ont été impliqués de près ou de loin avec des entreprises indépendantes pour être en mesure qu’elles aient leur autorisation de l’AMF

 

Guy Ouellette de retour à l’Assemblée nationale

Guy Ouellette a pour sa part dit à l’Assemblée nationale avoir été victime d’un « coup monté » de la part l’UPAC la semaine dernière au moment où la commission des institutions se préparait à tirer au clair des « irrégularités dans l’application de certaines règles de gouvernance » au sein de l’unité policière.

Pour l’ex-policier de la Sûreté du Québec, cette « tentative d’intimidation sans précédent » de l’équipe du commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière, constitue ni plus ni moins une attaque frontale contre la démocratie québécoise. Il s’agissait de sa première intervention depuis son arrestation par l’UPAC. « Les faits qui me sont reprochés n’ont aucun fondement », a-t-il insisté lors d’une allocution de moins de 4 minutes 30 secondes prononcée depuis le fond du Salon bleu, où les élus indépendants sont confinés.

Même s’il bénéficiait de l’immunité parlementaire, M. Ouellette s’est abstenu de détailler le système collusionnaire impliquant l’UPAC, l’Autorité des marchés financiers (AMF) et une firme de consultants privés, qui a été évoqué par l’analyste Annie Trudel au cours des derniers jours.

Deux arrestations

L’UPAC a aussi révélé mardi avoir menti à la presse en confirmant avoir procédé non pas à une, mais à deux arrestations la semaine dernière : celles de Guy Ouellette et d’Annie Trudel. Le communiqué de presse diffusé jeudi dernier était incomplet, contrairement à ce qu’indiquait la porte-parole de l’UPAC, Anne-Frédérick Laurence, lundi, dans un bref échange avec Le Devoir.

M. Lafrenière a en outre dit être « foncièrement convaincu » qu’il y aura des accusations autant dans l’affaire Ouellette que dans l’affaire Mâchurer.

Avec Marie-Lise Rousseau

L’opposition ne sait plus qui croire

La conférence de presse de l’UPAC a amené les partis d’opposition à faire preuve de prudence, mardi : ils ont pris leurs distances avec le député Guy Ouellette, qu’ils avaient pourtant ardemment défendu dans les jours suivant son arrestation.

Le député Amir Khadir a réagi à la sortie de l’UPAC en déplorant que M. Ouellette n’ait pas davantage fourni d’explications à l’Assemblée nationale. « Mon ami Guy [Ouellette] aurait pu, je crois, en dire plus alors qu’il avait du temps pour s’exprimer et l’immunité parlementaire. »

Du côté de la Coalition avenir Québec, on ne savait plus qui croire mercredi soir. « La grande question, c’est qui dit vrai dans tout ça », a fait valoir le leader caquiste, François Bonnardel.

M. Bonnardel a ensuite déploré que l’UPAC laisse M. Ouellette avec « une épée de Damoclès » au-dessus de la tête, ne sachant pas si et quand il risquait d’être finalement accusé dans cette affaire. Le député a toutefois ajouté qu’il était « persuadé » que les gens de l’UPAC « faisaient bien leur travail » et qu’il ne pouvait pas « enlever sa confiance à M. Lafrenière ».

Perplexe, le leader du Parti québécois dressait des constats similaires. « On a deux versions différentes. Guy Ouellette maintient sa version, l’UPAC donne enfin sa version », a-t-il dit. Plus tôt mardi, il disait de M. Ouellette qu’il avait « servi brillamment l’Assemblée nationale ». « Toute sa vie témoigne de ce souci de la recherche de la vérité. »

Histoire d’y voir plus clair, les partis d’opposition réclament l’occasion de questionner la direction de l’UPAC, M. Ouellette et l’ex-analyste du ministère des Transports Annie Trudel à l’Assemblée nationale. La majorité libérale a rejeté mardi une motion en ce sens.
Isabelle Porter avec Marco Bélair-Cirino

38 commentaires
  • Claude Bouchard - Abonné 31 octobre 2017 18 h 04

    Affaire Guy Ouellette VS UPAC

    Nous sommes face à deux versions contradictoires, il me semble que la solution serait de demander à un juge de la cour supérieure de revoir les éléments ayant mené à l'arrestation de M. Guy Ouellette afin qu’il réponde aux questions suivantes: les procédures ont-elles été suivies? Les éléments de preuve justifiaient-ils l’arrestation de M. Ouellette pour les motifs invoqués par l’UPAC?

    Cela permettrait de rétablir la crédibilité soit de l’UPAC ou de M. Ouellette.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 1 novembre 2017 08 h 37

      Claude Bouchard écrit : «  il me semble que la solution serait de demander à un juge de la cour supérieure… »

      Je ne crois pas que cela soit nécessaire. Toutes les forces policières ont un pouvoir d’arrestation lorsqu’elles sont témoins d’un méfait en train d’être commis ou lorsqu’on fait entrave à l’exercice de leurs fonctions.

      Autrement, elles doivent avoir un mandat d’arrestation, c’est-à-dire l’autorisation d’un juge.

      Par ailleurs, elles peuvent appréhender un suspect en vue de l’interroger.

      Guy Ouellette n’a pas été appréhendé ; il a été arrêté sans mandat sur ordre émis par André Bélanger, directeur des opérations de l’UPAC. On cherche depuis une semaine des motifs qui justifieraient à postériori cette décision.

      À partir de ce qui a été entendu à la conférence de presse d’hier de l’UPAC, on devine que Guy Ouellette n’a pas été arrêté la main dans le sac, mais alors qu’il croyait rencontrer un policier de l’UPAC qui s’apprêtait à lui faire des confidences.

      S’il est illégal pour un policier de révéler des éléments d’enquête et s’il est illégal pour quiconque (Guy Ouellette) de transmettre ces preuves aux journalistes, ici, nous avons affaire ni au premier cas ni au deuxième.

      L’arrestation de Guy Ouellette est clairement un abus de pouvoir.

      Une partie du public accepterait de fermer les yeux sur ces abus de pouvoir si, en contrepartie, les responsables de la corruption de l’État québécois sous Jean Charest croupissaient dans nos prisons. Mais ce n’est pas le cas.

      Au contraire, de toute évidence, il existe un verrou libéral quelque part qui permet aux vrais bandits (ceux qui ont volé les contribuables) d’échapper à la justice.

      Or l’arrestation arbitraire des sonneurs d’alerte — même lorsqu’ils ont tort — n’est jamais de nature à rassurer le public que la direction de l’UPAC travaille dans le bon sens.

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 novembre 2017 09 h 41

      Différence entre piéger et appâter..

      "L’arrestation de Guy Ouellette est clairement un abus de pouvoir." - Jean-Pierre Martel

      L'UPAC a contredit cette affirmation, puisque cette arrestation était planifiée et dument légitimée par le mandat d'un juge.

      La différence entre piéger et appâter étant que piéger est une manoeuvre illégale, comme lorsque la police dépose elle-même de la drogue dans les bagages d'un citoyen pour l'incriminer.. Ce qui est bien différent d'appeler quelqu'un pour lui proposer une vente de drogue et qu'il se présente librement de lui-même pour en acheter.

      Christian Montmarquette

      .

    • Gilles Théberge - Abonné 1 novembre 2017 11 h 11

      Ça ressemble à une bataille de ruelle, ou l'os, la vérité, est partagé pour ne pas dire est disputé entre les mâchoires de deux protagonistes, sur lesquels ni vous ni moi n'avons de prise.

      Mais pendant ce temps, nous savons bien que les personnages au coeur de l'opération «mâchurer» s'en tirent sans peine, et sans tracas. Et le temps passe. Et le sablier de l'arrêt Jordan continue de s'écouler.

      Regardez ce qui se passe avec Nathalie Normandeau. Le procès n'est pas commencé que les avocats se préparent a demander l'arrêt des procéducres. Pas sur la base de l'innocence de l'accusée, Sur le temps passé entre l'accusation et les procédures...

      Pensez-vous que le chiquage de guenille entre L'UPAC et Ouellette ne fait pas l'affaire de ces lascars, Bibeau et Charest ?

      Que voulez-vous qu'un juge fasse de plus? Un procès... ?

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 1 novembre 2017 11 h 27

      À Christian Montmarquette :

      Piéger et appâter veulent dire la même chose. Dans l’exemple que vous donnez — la drogue qu’on place dans les bagages de quelqu’un pour l’incriminer — ce qui est illégal, c’est la fabrication de preuve, ce qui est complètement différent.

      Je peux me tromper, mais je n’ai pas compris que l’UPAC ait obtenu un mandat d’arrestation auprès d’un juge afin d’arrêter Guy Ouellette. Ce que j’ai compris, c’est que l’arrestation avait été autorisé par André Boulanger, à titre de directeur des opérations de l’UPAC.

      Toute requête policière auprès d’un juge en vue d’obtenir un mandat d’arrestation contient les motifs qui justifient cette requête. Aucun juge d’un pays démocratique n’accorde une telle requête sans savoir pourquoi. Or une semaine après l’avoir arrêté, l’UPAC est toujours incapable de justifier cette arrestation.

    • Pierre Fortin - Abonné 1 novembre 2017 11 h 29

      L'Upac ne nous a pas éclairés sur ce qu'elle entend par "test d'intégrité", sinon pour dire que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et la Cour du Québec auraient approuvé la manœuvre. Ça fait beaucoup d'intervenants et autant de dilution de responsabilité pour une démarche d'appâtage. Que pensent le DPCP et le juge la Cour du Québec d'une telle procédure d'enquête ?

      De même, nous ne savons pas ce que signifie au juste la déclaration de M. Boulanger lorsqu'il affirme que Guy Ouellette a échoué ce test d'intégrité ? Faut-il entendre par là que le député n'est pas intègre et que son test était à ce point déterminant et concluant pour qu'il décide de lui-même, à l'improviste et sans mandat, de procéder à son arrestation ? Ce pouvoir ne serait pas anodin.

      Les éclaircissements techniques fournis par l'Upac engagent aussi la responsabilité du DPCP et celle de la Cour du Québec. Il faudra faire la lumière la-dessus, d'autant plus que le Président Chagnon faisait part hier de son étonnement de voir un juge de la Cour du Québec approuver la procédure.

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 novembre 2017 12 h 41

      À Jean-Pierre Martel,

      "Piéger et appâter veulent dire la même chose."- Jean-Pierre Martel

      - Pourquoi existe-il deux mots différents alors?

      Non, ce n'est pas la même chose de placer délibérément de la drogue dans les valises d'une personne à sa propre insue pour l'incrimner d'un geste qu'elle n'a pas posé.. Ou, de lui proposer une rencontre de vente de drogue qu'elle la possibilité de refuser en démontrant son honnêté et en ne se présentant pas au rendez-vous avec une valise bourrée d'argent liquide.

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 novembre 2017 12 h 50

      À Jean-Pierre Martel,

      "Je peux me tromper, mais je n’ai pas compris que l’UPAC ait obtenu un mandat d’arrestation auprès d’un juge afin d’arrêter Guy Ouellette" - Jean-Pierre Martel

      Vous devriez mieux lire votre propre journal:

      L’UPAC et l’Assemblée nationale: de l’importance de surveiller la police - Le Devoir

      "La directeur des opérations de l’UPAC, André Boulanger, l’a décrit comme un « appât » autorisé par un juge. "

      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/511807/l-


      "

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 1 novembre 2017 16 h 40

      Monsieur Montmarquette, simplifions cette discussion.

      J'accuse publiquement Robert Lafrenière d'abus de pouvoir et j'estime qu'il devrait être destitué.

      L’article 10 de la Canadian Constitution exige qu’en cas d’arrestation, tout citoyen soit informé _dans les plus brefs délais_ des motifs de son arrestation.

      À partir de quand, Monsieur Montmarquette, sommes-nous au-delà des plus brefs délais ?

      Iil est extrêmement douteux que Guy Ouellette, un ancien policier, ait oublié d’exiger de voir le mandat d’arrestation sur lequel les policiers se basaient pour l’arrêter.

      S'il a été incapable de voir ce document, c'est que ce mandat n'existe pas.

      Si ce mandat existait, l’UPAC serait en mesure de révéler les motifs de l’arrestation de Guy Ouellette et les journalistes seraient en mesure de l’obtenir puisqu’un mandat d’arrestation est un document public.

      Donc l'arrestation de Guy Ouellette s'est faite sans mandat alors qu'aucune urgence ne justifiait que l'UPAC procède ainsi.

      Donc double abus de pouvoir.

      Ce que l'UPAC dit, c'est que pour connaitre les raisons de l'arrestation de Guy Ouellette, il faudra attendre de prendre connaissance de la plainte que la Direction des poursuites civiles et pénales prendra contre lui _si_ cet organisme trouve cela justifié à partir des preuves que lui soumettra l'UPAC.

      Mais si la DPCP juge ces preuves insuffisantes, sommes-nous toujours dans les plus brefs délais exigés par la Canadian Constitution ?

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 1 novembre 2017 20 h 21

      Christian Montmarquette écrit : Vous devriez mieux lire votre propre journal: « Le directeur des opérations de l’UPAC, André Boulanger, l’a décrit comme un appât autorisé par un juge.»

      Monsieur Montmarquette, je ne voudrais surtout pas vous donner l’impression que mon intention est d’avoir le dernier mot sur vous puisque je sais que cela est impossible.

      J’ai réécouté attentivement l’enregistrement de la conférence de l’UPAC donnée hier. À cette occasion, voilà exactement ce qu’a déclaré le directeur des opérations de cet organisme (André Boulanger) : « J’ai autorisé l’arrestation _sans mandat_ du suspect » (en parlant de Guy Ouellette).

      Oui, je sais qu’un éditorialiste du Devoir prétend le contraire. Je vous invite donc à communiquer avec lui pour savoir sur quoi il se base pour contredire celui qui a dirigé cette opération.

      Pour y voir plus clair, je vous invite également à prendre connaissance du texte « Les abus de pouvoir de l’UPAC », disponible sur l’internet, et qui résume parfaitement bien toute cette question.

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 novembre 2017 23 h 48

      À Jean-Pierre Martel,

      "J’ai autorisé l’arrestation _sans mandat_ du suspect » (en parlant de Guy Ouellette)." - JPM

      La police n'a pas besoin de mandat pour arrêter un citoyen, ni même d'une mise en accusation. C'est pour pour saisir ses son cellulaire et fouiller dedans qu'il en faut un, et ce cellulaire était celui de quelqu'un d'autre et non celui de Ouellette.

      Et ça m'étonnerait beaucoup qu'un section de police aussi spécialisée et avertie que l'UPAC n'ait pas pris ces précautions élémentaires avant de procéder, puisque le téléphone a été utilisée AVANT et POUR l'arrestation de Guy Ouellette, et que pour s'en servir comme appât il fallait donc que l'UPAC dispose d'un mandat, sans quoi, c'est l'UPAC elle-même qui risquait de s'incriminer.

      Christian Montmarquette

      PS Faites-moi le plaisir de m'épargner vos craques sur celui qui veut avoir le dernier mot et apprenez donc à respecter vos interlocuteurs quand vous échanger avec eux. Merci.

  • André Labelle - Inscrit 31 octobre 2017 19 h 00

    LE DOUTE PERSISTE

    Après avoir écouté tous les partis concernés, le doute persiste.

    Ouellette peut très bien avoir raison de dénoncer les méthodes, voire même les intentions de la direction de l'UPAC.

    D'un autre côté, Lafrenière et ses adjoints peuvent très bienavoir raison de voir les gestes de Ouellettes comme des tentatives de saboter le travail de l'UPAC. Ce qui serait conséquent avec la volonté de protéger certains politiciens et politiciennes.

    Bien que rapide sur la gachette, M.Chagnon, le président de l'Assemblée Nationale fait oeuvre utile en affirmant comme le sommet décisionnel politique et législatif l'Assemblée Nationale.

    Mais la confusion reste totale sur l'appréciation de la vérité sur ce dossier. Il faut réaffirmer les bases mêmes de la pièce qui se joue sous nos yeux. Afin de porter un jugement éclairé, nous devons comprendre les principes fondamentaux qui règlent le travail des plus hautes instances démocratiques de notre société : l'Assemblée Nationale, le Législatif et l'Exécutif avec toutes toutes leurs institutions qui rendent possible la vie démocratique dans notre société.

    Or aujourd'hui nous sommes toujours dans les limbes.

    «Tout ce qui anesthésie les masses fait l'affaire des gouvernements» [Jean Dutourd]

  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 31 octobre 2017 19 h 02

    Qui dit vrai?

    Bienvenue à notre nouveau jeu-questionnaire «Qui dit vrai?»
    Est-ce le député libéral Guy Ouellette recruté par Jean Charest ou est-ce Robert Lafrenière, nommé par Jean Charest responsable de l'UPAC, et qui «enquête» sur les bonnes oeuvres de Jean Charest?

    Qui protège qui? Qui veut faire taire quoi ou qui? Lequel de ces deux kikis fait partie d'une opération de camouflage ou de diversion? Serait-ce les deux? À qui profite ce méli-mélo? Est-ce à ce gouvernement dont bien des membres ou ex-membres sont suspectés de corruption. Est-ce à son chef en perte de popularité, le grand prestidigitateur Philippe Couillard!

    Ne manquez aucune péripétie de notre jeu-questionnaire qui laisse l'Opposition, hébétée, pantoise, éberluée, abasourdie par tant d'ingéniosité. Faites vos propres prédictions? Il n'y a aucun prix à gagner, rien que de belles affaires en sous-main.

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 31 octobre 2017 19 h 30

    Une simple ignorance?

    Se pourrait-il que personne n'ait expliqué les privilèges assortissant les fonctions de député, le tout dans un univers ou la fin justifie parfois les moyens. Qui les connaït? Orgueilleuse, l'UPAC se taira et la DPCP refusera de se prononcer sur un dossier qu'elle n'a pas. Dans une telle situation, il faudra rapidement autoriser M. Ouellet à siéger à nouveau comme député libéral et comme président de la commission parlementaire. Il faudra également énoncer législativement les privilèges des députés à l'UPAC et exiger qu'elle y adhère et les respecte. Il faudra également adopter une loi confiant la surveillance de l'UPAC à un comité ressemblant au comité mis en place pour surveiller la GRC et le SCRS.

    • Claude Bariteau - Abonné 1 novembre 2017 08 h 23

      M. Lafrenière ne m'a pas semblé ignorant. Ses propos, aussi ceux de M. Boulanger, étaient clairs. L'UPAC, en mettant un sabot de denver au pied droit de M. Ouellette, ont mis en relief qu'ils l'ont appâté et en fait maintenant un témoin rebelle qui possèderait des informations compromettantes à récupérer.

      Mais, ce n'est pas tout. Que l'UPAC ait dit qu'il détient des informations d'une ampleur insoupçonnée qui demandera beaucoup de temps laisse entendre que le dossier mettant en cause messieurs Charest et Bibeau pourrait prendre plus temps n'est pas le point majeur de leurs interventions.

      Ce point concerne, aux dires de M. Lafrenière, l'existence de fuites d'informations émanant d'un de ses membres, des fuites qui rendraient l'enquête dans le dossier Charest-Bibeau plus que problématiques.

      Ce point a été martelé par M. Lafrenière alors que M. Boulanger insistait sur la probité de la démarche de l'UPAC.

      Ces deux dirigeants m'ont quasi convaincu que ce qui s'est passé hier à 16h30 ressemblait à une mise en scène orchestrée en haut lieu pour détourner l'attention sur le dossier Charest-Bibeau et braquer l'attention sur la pose d'un sabot de denver au pied droit de Mé Ouellette qui, de l'avis de M. Boulanger, aurait tenu des propos qui, ne concordant pas avec les faits, n'auraient aucune crédibilité.

      Dans cette saga, le « qui dit vrai » importe peu. Importe uniquement l'abandon du dossier « Charest-Bibeau » en faisant porter le blâme à celui qui s'est fait poser un sabot de denver.

      C'est ainsi parce que l'Assemblée nationale, soit les élus du peuple, n'exerce pas un contrôle sur les grands commis des institutions du Québec, le pouvoir exécutif l'ayant dans un régime politique qui octroie le pouvoir à une parti qui fait élire une majorité de députés sans une majorité d'appuis.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 1 novembre 2017 14 h 34

      Concernant la piste de « surveiller » ou « enquêter » l’UPAC.

      Dans toute l’embrouille en cours et les doutes soulevés sur l’indépendance de l’UPAC, l’idée d’enquêter sur la direction de cette entité, dirigée par Robert Lafrenière a été soulevée.

      On ne serait pas au bout de nos peines, au cas où on voulait concrétiser cette idée. En effet, il faudrait vraisemblablement passer par une autre police, la SQ, pour mener cette enquête en dirigeant la requête à son directeur Martin Prud’homme. (Incidemment, ce dernier est le gendre de Robert Lafrenière). Suivant la procédure régulière, la commande arriverait aux mains de la directrice des enquêtes spéciales de la SQ (c’est-à-dire Dominique Lafrenière, conjointe de Martin Prud’homme et fille de Robert Lafrenière).

      Est-ce en raison de cette concentration de pouvoir policier-familial SQ-UPAC que Philippe Couillard est ouvert à un comité de surveillance de l’UPAC! Qui mieux que le gendre et la fille peuvent surveiller le père?

  • Christian Montmarquette - Abonné 31 octobre 2017 20 h 06

    « Couillard vs Lafrenière »


    Philippe Couillard a répété à plusieurs reprises qu'on ne pouvait interroger Lafrenière en commission parlementaire parce que ça risquerait de mettre l'enquête de l'UPAC en péril.

    Et Lafrenière a répondu que ça ne le dérageait pas de répondre aux questions des députés, puisqu'il l'avait déjà fait onze fois par le passé..

    Cherchez l'erreur..

    Christian Montmarquette

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 31 octobre 2017 20 h 50

      Pour ma part, je me demande à qui profite le crime et curieusement je pense que c'est au gouvernement de Couillard à qui il profite, celui-ci cherchant à saboter la crédibilité de l'UPAC en se servant de Ouellette comme porte-étendard.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 1 novembre 2017 07 h 14

      Couillard tente de blanchir le "tres transparent" PLQ : est-ce une mission
      possible ou impossible avec ou sans magouille ?

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 novembre 2017 07 h 44

      À Pierre-Alain Cotnoir,


      "Pour ma part, je me demande à qui profite le crime et curieusement je pense que c'est au gouvernement de Couillard."-PAC

      Une manoeuvre libérale pour attaquer l'UPAC...

      On devrait fêter ça M. Cotnoir, parce que pour une fois, nous sommes d'accord.

      Je me questionne même sur cette sortie du président, Jacques Chagnon (libéral) qui, lui aussi, attaque l'UPAC.

      Sans compter que Couillard est obligé d'inventer un prétexte pour ne pas entendre ce que Lafrenière aurait à dire en commission parlementaire, plus la déclaration de Guy Ouellet qui s'est limité à un concert de lamentations dépourvu de références et de faits.

      Ajoutez à cela que tout le processus utilisé était LÉGAL et dans les règles et appuyé avec le mandat d'un juge.

      Je penche donc définitivement pour une manoeuvre libérale pour décridibiliser l'UPAC au fur et à mesure qu'elle s'approche d'une grosse prise et d'une mise en accusation d'un gros poisson.

      Christian Montmarquette

      .