L’opposition veut entendre Ouellette et l’UPAC en commission parlementaire

Le député indépendant Guy Ouellette doit prendre la parole au Salon bleu, un peu après 14 h, pour donner des explications sur son arrestation mercredi par l’UPAC.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le député indépendant Guy Ouellette doit prendre la parole au Salon bleu, un peu après 14 h, pour donner des explications sur son arrestation mercredi par l’UPAC.

Les partis d’opposition ont unanimement demandé mardi que le député Guy Ouellette soit entendu devant une commission parlementaire afin que la lumière soit faite sur son arrestation, la semaine dernière, par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Les élus du Parti québécois, de la Coalition avenir Québec et de Québec solidaire veulent aussi entendre le grand patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, et l’analyste en matière de corruption Annie Trudel.

« Le Parti québécois a déposé une motion qui demande essentiellement qu’on puisse entendre en commission parlementaire le député de Chomedey et le commissaire de la lutte contre la corruption, M. Robert Lafrenière, a annoncé le député Pascal Bérubé. Alors, cette motion, elle est extrêmement importante, et j’espère qu’on aura l’appui du gouvernement. Si ce n’est pas le cas, il faudra en déduire que le gouvernement ne souhaite pas aller jusqu’au bout. »

En point de presse en début d'après-midi, le premier ministre Couillard a d'ailleurs invité l’UPAC à « donner publiquement le plus de précisions possible » sur l’arrestation du député Guy Ouellette.

Voyez le point de presse du premier ministre Couillard

 

 

À son arrivée au caucus, quelques minutes plus tard, le leader parlementaire Jean-Marc Fournier n’a pas écarté la possibilité que les libéraux appuient la motion du PQ. Avant lui, les députés libéraux André Drolet et Michel Matte ont dit vouloir entendre Robert Lafrenière en commission parlementaire.

Ouellette s’explique

Guy Ouellette a pris la parole au Salon bleu, vers 14 h 30, pour donner des explications sur son arrestation, mercredi, par des policiers de l’UPAC. « Est-ce que ce sera son seul forum, dans lequel il pourra s’exprimer ? a demandé le député caquiste François Bonnardel. J’espère que non. »

Comme son confrère péquiste, il souhaite entendre les principaux acteurs des événements de la semaine dernière en commission parlementaire. « Ce sont des allégations importantes, c’est à eux, maintenant, de dévoiler les éléments de preuve qu’ils ont pour qu’on puisse se faire une tête. Je pense que le plus tôt sera le mieux », a-t-il fait valoir.

« Rien », pour l’instant, ne le pousse à retirer sa confiance en Robert Lafrenière. « Mais il faut que l’UPAC nous informe, nous parle », a demandé le député.

L’élu solidaire Amir Khadir a été plus virulent envers le plus haut dirigeant de l’UPAC. « On n’est pas loin de ça », a-t-il répondu, quand on lui a demandé si sa formation politique allait demander le renvoi de Robert Lafrenière.

Entendez les critiques émises par l'élu solidaire Amir Khadir

 

 

Pas plus de temps pour l’AMF

L’Autorité des marchés financiers (AMF) — montrée du doigt par Annie Trudel en raison d’un présumé stratagème de collusion, dans lequel elle nie être impliquée — sera quant à elle à l’Assemblée nationale mercredi, dans le cadre des travaux de la Commission de l’administration publique. Le PQ dit avoir réclamé aux libéraux de lui accorder une heure supplémentaire « pour aborder cette question-là ». La demande a cependant été « refusée par le gouvernement libéral », a dénoncé le député Pascal Bérubé.

Dans une entrevue accordée à TVA dimanche, Annie Trudel a soutenu que Guy Ouellette avait en main des informations concernant un système collusionnaire impliquant l’UPAC, l’AMF et une firme de consultants privée.

Depuis 2013, les entreprises souhaitant soumissionner pour des contrats publics doivent présenter une demande à l’AMF, qui sollicite ensuite l’UPAC afin qu’elle effectue des vérifications.

Selon les allégations d’Annie Trudel, l’AMF aurait forcé des entreprises ayant reçu des avis défavorables de l’UPAC à avoir recours aux services — à coûts exorbitants — d’une seule et unique firme de consultants. « Ce serait de la corruption », a-t-elle déclaré en montrant du doigt « un haut fonctionnaire » de l’UPAC et « un haut fonctionnaire » de l’AMF.

« Dans aucun cas, l’Autorité ne dirige les entreprises vers quelque firme que ce soit », a répliqué le président de l’AMF, Louis Morisset, au Devoir. Au total, « une vingtaine de firmes » sont intervenues pour « soutenir des entreprises » qui avaient fait l’objet de préavis défavorables de l’UPAC, a-t-il déclaré.

1 commentaire
  • Michel Sirois - Abonné 31 octobre 2017 12 h 56

    l'État policier

    Le simple fait qu'un corps policier s'est permis de ne pas dévoiler les motifs sur lesquels il s'appuie pour arrêter un élu parlementaire (M. Ouellette) la semaine dernière, démontre l'impudence qui anime la police. Nous ne sommes pas proches d'un état policier, il semble que nous y soyons. Depuis la semaine dernière, les élus ont raison d'avoir peur d'être arrêtés. Je demande le congédiement du chef Lafrenière de l'UPAC.