Interprétations contradictoires sur le voile en classe

La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David

Des membres du gouvernement se contredisent sur la portée de la Loi sur la neutralité religieuse de l’État dans les établissements d’enseignement supérieur.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a évoqué mercredi la possibilité que les étudiants ayant un cours dans un « immense amphithéâtre » d’une université soient soustraits à l’obligation d’avoir le visage découvert en classe, mais pas leurs confrères faisant partie d’un « tout petit groupe ».

La loi sur la neutralité religieuse a été adoptée notamment pour favoriser la qualité de la communication entre une personne et un agent de l’État, a-t-elle rappelé dans une conférence de presse. « Des étudiants qui ne communiquent pas du tout parce qu’[il y a] 350 étudiants devant toi et qu’il n’y a pas d’interaction ; c’est très différent d’une direction de thèse, d’une soutenance de thèse, d’un séminaire de maîtrise, etc. », a-t-elle ajouté.

L’ancienne vice-rectrice à l’Université de Montréal est convaincue que les universités feront preuve de rigueur et de nuance pour appliquer la loi controversée. « [Elles] sont tout à fait outillées face à la question de la qualité de la communication », a-t-elle soutenu.

Mme David s’est défendue de tirer des conclusions différentes de celles de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée. Elle a laissé entendre que l’interdiction totale du voile, des verres fumés, de la cagoule ou encore du bandana évoquée par l’auteure de la Loi visait les classes des écoles primaires et secondaires. « N’oubliez pas que quand ma collègue parlait, elle parlait des élèves, et des élèves, c’est souvent plus primaire, secondaire », a dit Mme David à la presse.

Pourtant, sa consoeur Stéphanie Vallée avait pris soin mardi de préciser que « lorsque l’étudiant est dans la salle de cours, lorsque l’étudiant reçoit sa formation, la prestation à visage découvert s’applique aussi ».

D’autre part, Hélène David a mentionné que la loi sur la neutralité religieuse est superfétatoire pour renforcer la sécurité des cégeps et des universités puisque l’obligation de découvrir son visage notamment pour des fins d’identification « est déjà appliquée partout ».

En disant que la loi sera sans effet sur le campus de l’Université McGill, la principale de McGill, Suzanne Fortier, montre « qu’elle a déjà probablement réfléchi à toutes ces questions-là, qu’elle a une politique sur les accommodements raisonnables, sur la sécurité, sur l’identification », a conclu la ministre de l’Enseignement supérieur.

Mme Vallée a pour sa part dit aux journalistes : « Ne cherchez pas la bisbille. »

3 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 26 octobre 2017 08 h 32

    QUELLE FUMISTERIE !

    Nous voilà donc rendus dans une société qui, sous prétexte de respect des droits et de leurs chartes, accepte que ce que les hommes ont créé de toutes pièces pour dominer et assujettir la femme soit élevé au rang des protections citoyennes.

    Nous faisons donc désormais la promotion du droit d'être « librement » tenu-e en esclavage et, du même coup, celle du droit de tenir soumises des personnes rendues «librement » consentantes.

    Nous faisons donc la promotion des manipulations religieuses de masse et celle des phallocrates qui les ont mises en place.

    Et toutes ses fadaises dans des bouches ministérielles : justice et enseignement supérieur.

    Je ne peux pas croire que cela va passer les doigts dans le nez...

  • Marcel Vachon - Abonné 26 octobre 2017 10 h 07

    ... et les tricheuses en puissance?

    Comment être cretain que l'étudiante (et pourquoi pas un étudiant?) qui se présente aux cours, parmis 50, 75 ou plus d'étudiantes, ne pourrait pas se faire remplacer, sous son vêtement, lors d'un examen?

  • Michel Dion - Abonné 26 octobre 2017 13 h 26

    Une bonne thérapie serait de mise

    Toute personne un tant soit peu saine d'esprit devrait comprendre que ces femmes qui portent le niqab ou la burka vivent une détresse psychologique. Lorsque certaines d'entre elles affirment se sentir nues lorsqu'elles dévoilent leur visage, il est assez évident qu'il y a là un sérieux trouble psychologique. Dans le passé, on a dû souvent extirper contre leur gré des personnes sous la domination de sectes religieuses afin de les soumettre à une thérapie. Pourquoi n'en serait-il pas ainsi pour ces femmes soumises à l'extrêmisme religieux, puisque
    le déséquilibre mental qu'elles subissent est de même nature?
    Pour ce qui est des soeurs Hélène et Françoise David, on peut dire qu'elles ont su dévoyer le féminisme de façon éhontée. Est-ce par manque de lucidité ou par pure politicaillerie.