L’UMQ et Montréal ne comptent pas appliquer la loi 62 sur la neutralité religieuse

Le maire Denis Coderre a indiqué au premier ministre Philippe Couillard qu’il n’appliquera pas la loi 62 dans sa ville.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le maire Denis Coderre a indiqué au premier ministre Philippe Couillard qu’il n’appliquera pas la loi 62 dans sa ville.

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) croit que la loi 62 sur la neutralité religieuse, adoptée cette semaine à l’Assemblée nationale, est inapplicable aux services municipaux.

L’UMQ estime que, «compte tenu de la nature et de la grande diversité des services municipaux, la mise en oeuvre de cette loi créera de nombreux malaises et problèmes au lieu de favoriser le vivre ensemble».

Le président de l’UMQ, Bernard Sévigny, explique qu’il faut plutôt trouver des solutions pour une meilleure intégration des immigrants, une meilleure gestion de la diversité et une plus grande inclusion.

Il rappelle que les municipalités offrent de nombreux services publics liés à la personne, notamment les services de loisirs, de culture et d’activités sportives. Il soutient que les employés municipaux seront placés dans une position «intenable» pour faire appliquer la loi 62.

À Montréal, le maire Denis Coderre a indiqué au premier ministre Philippe Couillard qu’il n’appliquera pas la loi 62 dans sa ville.

M,. Coderre a déclaré à La Presse qu’il avait discuté avec M. Couillard vendredi matin, et qu’il lui avait fait part de ses réticences.

Pendant ce temps, le gouvernement fédéral envisage la possibilité de contester cette loi québécoise. Le premier ministre Justin Trudeau a affirmé vendredi que son gouvernement allait «prendre ses responsabilités», étudier «attentivement» la loi et «défendre les Canadiens».

6 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 21 octobre 2017 12 h 05

    Les fédéraux

    Mais si dans les faits la loi est inapplicable (ce qui était visé) Trudeau envisage de la contester. Qui paiera la batterie d'avocats pour ce coup d'épée dans l'eau? Et pendant ce temps c'est l'occasion pour Coderre de confesser à nouveau sa foi en un fédéralisme multiculturaliste libéral; ce qui est presque un pléonasme.

  • Chantale Desjardins - Abonnée 21 octobre 2017 12 h 14

    Coderre le petit "bus" a parlé...

    Il n'obéira pas et ne respectera la loi 62. Bel exemple aux citoyens venant du maire qui lui vaudra un défaite aux élections. Belle société quand des élus défient une loi et avec un sans gêne. Et si on faisait la même chose envers ses lois municipales?

  • Jacques Lamarche - Abonné 21 octobre 2017 12 h 40

    Neutralité des sexes plutôt!

    L'obligation de donner ou de recevoir des services publics à visage découvert n'a rien à voir avec la religion! La burka est le summun de domination des hommes. Dans le cadre d'une civilisation salafiste, la religion a servi d'outil et de prétexte!

    Dans une société démocrative, il doit être possible que les femmes soient traitées à l'égal des hommes. C'est le pricipe de l'égalité qui est au coeur du débat et l'enjeu du combat! Si elle n'est pas possible parce que ses promoteurs sont au premier geste taxés de racisme et d'intolérance, cette société souffre d'une profonde division où les uns, plus forts et plus nombreux, sont eux-mêmes intolérants et remplis de mépris envers nous-mêmes.

    De toute évidence, les Canadiens ne nous aiment pas. Et le maire Coderre en fait peu de cas! Il joue le jeu du Canada!

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 21 octobre 2017 18 h 33

    La sédition

    Pour un dirigeant, dire qu'on ne fera pas respectera pas la loi, c'est un acte de sédition.

  • Roxane Bertrand - Abonnée 22 octobre 2017 10 h 56

    Ce gouvernement a tout fait...tout croche!

    Cela aurait été si facile de dire que pour des motifs de sécurité publique, une personne ne peut circuler, donner ou recevoir des services publics en se dissimulant.

    Il aurait pu être permis de demander un accommodement, suivi d'un permis tangible, pour motif religieux ou autres. Ceci constituant des mesures administratives ouvrant la porte à ceux et celles qui pour différents motifs nécessite cet état de fait. Cela fait preuve de respect de la différence tout en l'encadrant.

    La neutralité religieuse de l'état, c'est tout autre chose. La commission Bouchard-Taylor fait concessus dans la population, au niveau des chartes et explique très concrètement au gouvernement la marche à suivre...qui lui, fait ça tout croche.