Geneviève Guilbault vante le modèle des garderies non subventionnées

Pour sa première rencontre avec la presse parlementaire après son assermentation, la nouvelle députée de Louis-Hébert et porte-parole de la CAQ en matière de famille, Geneviève Guilbault, a dû s’appuyer sur son chef, François Legault, qui l’a éclairée sur les politiques du parti sur la famille.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Pour sa première rencontre avec la presse parlementaire après son assermentation, la nouvelle députée de Louis-Hébert et porte-parole de la CAQ en matière de famille, Geneviève Guilbault, a dû s’appuyer sur son chef, François Legault, qui l’a éclairée sur les politiques du parti sur la famille.

Le modèle québécois des garderies pourrait être bouleversé sous un gouvernement caquiste : la nouvelle porte-parole du parti en matière de famille, Geneviève Guilbault, mise sur le « modèle d’affaires » des garderies privées non subventionnées, tout en ouvrant la porte à une aide pour les familles qui décident de garder leurs enfants à la maison.

« On encourage beaucoup le modèle d’affaires que sont les garderies privées non subventionnées. C’est vraiment une forme d’entrepreneuriat que, nous, on souhaite soutenir », a déclaré lundi la nouvelle députée de Louis-Hébert, quelques minutes après avoir été assermentée. « On pense que c’est un modèle d’affaires intéressant, on pense qu’il faut le soutenir, qu’il faut l’encourager », a-t-elle ajouté un peu plus tard.

Depuis le rehaussement du crédit d’impôt pour les frais de garde en 2009-2010 et l’abandon du tarif universel à 7 $ en janvier 2016, le nombre de places en garderies non subventionnées a explosé. Entre 2009 et 2016, elles sont passées de 7000 à plus de 55 000 : une expansion de près de 700 %.

Les CPE, « une bonne chose »

Le nombre de places en CPE a connu une hausse beaucoup plus modeste : de 205 000 en 2009, elles sont passées à 230 000 en 2016, ce qui équivaut à un bond de 12 %.

Le gouvernement devrait-il donc investir davantage dans les CPE ? « Nous, ce qu’on croit, c’est qu’il faut investir d’abord dans les enfants, dans les services aux enfants et non dans le béton ou dans les infrastructures », a d’abord répondu Geneviève Guilbault. « Les CPE sont là. C’est une bonne chose, on veut continuer aussi à les soutenir, mais on veut s’assurer que les investissements vont vraiment aux services aux enfants et non dans les structures ou les infrastructures », a-t-elle fait valoir.

Geneviève Guilbault, qui s’est vu confier le dossier de la famille dimanche, n’a pas su dire si le réseau des CPE connaissait une pénurie ou un surplus de places. Elle a aussi été contrainte d’admettre qu’elle ne connaissait pas la position de son parti sur la question des frais de garde. « Je viens d’être assermentée », a-t-elle rappelé.

Son chef, François Legault, s’est chargé de rappeler la position de la CAQ. « Il n’y a pas de proposition pour les garderies non subventionnées. Nous, on est satisfait du réseau tel qu’il est actuellement », a-t-il assuré. « Dans notre dernier programme, on proposait de ne pas augmenter les tarifs des garderies [au-delà du taux] d’inflation. »

L’allocation familiale, une avenue intéressante

La nouvelle élue caquiste a par ailleurs qualifié d’« intéressante » la proposition de la Coalition de la relève de la CAQ, qui souhaite ressusciter l’engagement adéquiste d’instaurer une allocation familiale pour les familles qui choisissent de garder leurs enfants d’âge préscolaire à la maison. « C’est une proposition qui est intéressante, qui mérite certainement d’être étudiée », a déclaré Geneviève Guilbault. François Legault avait manifesté la même ouverture en 2011, quand il s’était dit prêt à évaluer la possibilité d’instaurer une allocation hebdomadaire de 100 $ par enfant pour les parents qui n’enverraient pas leurs enfants dans un service de garde subventionné.

La nouvelle élue s’est aussi montrée heureuse de la décision du premier ministre Philippe Couillard de séparer à nouveau les ministères de la Famille et de l’Éducation, en plus de se prononcer pour les horaires atypiques pour les garderies, afin qu’elles puissent répondre aux besoins des parents « les soirs et les fins de semaine ».

9 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 17 octobre 2017 07 h 47

    L'opération tourniquet

    Proulx est passé de la CAQ (ADQ) au PLQ et Guilbault du PLQ à la CAQ" Mëme vision, même approche floue, elle n''est ni pour ni contre les CPE bien au contraire. L'enrobage de la présentation est attrayant par une personne habile en communication, la sympathie émanente faisant la force du message.

  • Hermel Cyr - Abonné 17 octobre 2017 07 h 57

    Le modèle "Kraft dinner"

    « Geneviève Guilbault, mise sur le « modèle d’affaires » des garderies privées non subventionnées ». Le ballon lancé par Mme Guilbeault va clairement dans le sens de la privatisation des services de garde au Québec.

    Le PLQ a appliqué la première phase du programme de la CAQ en mettant la hache dans l’universalité du programme des CPE (la plus grande réalisation sociale des 30 dernières années au Québec), et si elle est élue, la CAQ va elle-même appliquer sa deuxième phase.

    En fait, ces deux partis sont les deux faces d’une même tête. Le but est de saper les services publics québécois et d’instaurer le système nord-américain (aussi celui du ROC).

  • Josée Duplessis - Abonnée 17 octobre 2017 08 h 21


    Les garderies ne sont pas une ''business'' elles sont un lieu d'éducation et d'apprentissage pour les enfants. Ils y socialisent, apprennent, y vivent non pas au profit d'un modèle d'affaire.
    Je trouve insultant l'approche de Geneviève Guilbault.
    C'est une autre raison pourquoi il ne faut pas se tourner vers la CAQ pour les prochaines élections.
    Elle veut faire la promotion d'un modèle d'affaire pour les garderies.
    Si vous considérez vos enfants et vos petits-enfants comme des êtres en apprentissage considérez votre choix .

  • Bernard Terreault - Abonné 17 octobre 2017 08 h 56

    Mauvais départ pour la nouvelle caquiste

    Traiter la question des garderies du point de vue du "modèle d'affaires" et de "l'entreprenariat" plutôt que du point de vue du développement de l'enfant ou de l'aide aux jeunes parents !

    • Jean-Yves Arès - Abonné 17 octobre 2017 13 h 09

      Les CPE sont aussi un modèle d'affaires.

      Et ce modèle comme bien d'autre business, cherche a dominé le plus possible sont secteur et rêve d'exclusivité pour imposer sa recherche de $.

  • Gilles Théberge - Abonné 17 octobre 2017 11 h 24

    Cela prouve hors de tout doute, que la CAQ et le PLQ c’est la même chose.

    Même absence de vision, même manque d’ambition.