Les promesses de Philippe Couillard au monde municipal

Dans son allocution, Philippe Couillard s’est entre autres engagé à venir en aide aux aéroports régionaux, une priorité du monde municipal.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Dans son allocution, Philippe Couillard s’est entre autres engagé à venir en aide aux aéroports régionaux, une priorité du monde municipal.

Le premier ministre Philippe Couillard a promis jeudi de mettre un terme aux fermetures de bureaux gouvernementaux en région et ouvert la porte à des ajouts. Or le Syndicat de la fonction publique (SFPQ) s’interroge sur la forme que prendront ces bureaux.

« On va arrêter ça là », a déclaré le premier ministre lors d’une longue allocution devant les membres de la Fédération québécoise des municipalités (FQM). « Avec Services Québec, je pense qu’on est capable intelligemment non seulement de maintenir, mais de faire progresser la présence gouvernementale sur le territoire. »

Un peu plus tôt, le président de la FQM, Richard Lehoux, s’était plaint dans son discours de « l’effritement » de la « présence gouvernementale dans plusieurs régions du Québec ».

« Comment nos communautés peuvent-elles attirer les résidants et se développer quand le gouvernement du Québec lui-même ferme des bureaux régionaux et coupe dans les services ? » avait-il lancé.

Depuis 2014, le ministère de l’Immigration, le ministère de l’Éducation et le Conseil du statut de la femme ont tous fermé leurs bureaux régionaux. Les effectifs du gouvernement ont quant à eux diminué partout au Québec (de 4 à 10 %), sauf à Laval (+ 17 %).

Des bureaux sans employés

Invité à réagir à la promesse du premier ministre, la première vice-présidente du Syndicat de la fonction publique (SFPQ), Maryse Rousseau, a souligné qu’il faudra s’assurer que les bureaux de Services Québec contiennent des… employés.

« Est-ce qu’ils vont vraiment mettre des gens dans les bureaux qui vont répondre à la population ? » demande-t-elle. « Quand ils nous disent que Services Québec est dans toutes les régions et que les gens arrivent au bureau de Services Québec et qu’ils ont accès à un bureau et un téléphone et qu’on leur dit de se débrouiller, pour moi, ce n’est pas un service de qualité », poursuit-elle en donnant l’exemple du bureau de Services Québec à L’Anse-Saint-Jean. À l’heure actuelle, le réseau de Services Québec compte 65 bureaux au Québec.

Aide aux aéroports régionaux

Dans son allocution, le premier ministre s’est aussi engagé à venir en aide aux aéroports régionaux, une autre priorité du monde municipal. L’Union des municipalités du Québec (UMQ) réclame notamment 400 millions dans les infrastructures aéroportuaires d’ici cinq ans. Elle souhaite aussi que le gouvernement trouve une façon de réduire le coût des billets régionaux qui sont 55 % plus élevés au Québec que dans les autres provinces canadiennes.

Devant les élus, le premier ministre s’est engagé à agir sur les deux fronts et a qualifié cet enjeu de « capital ». « Quand ça te coûte plus cher d’aller de Sept-Îles à Montréal que d’aller en Europe, il y a un problème », a dit M. Couillard en disant qu’on devait pouvoir vendre les billets à des prix « corrects ».

Forages pétroliers

Le premier ministre a enfin cherché à tempérer les inquiétudes causées par le nouveau projet de règlement sur les forages pétroliers. « C’est pas vrai que vous allez forer à 150 mètres d’un coeur villageois », avait lancé dans son discours le président de la FQM, Richard Lehoux. Les membres avaient en outre adopté une résolution réclamant de retirer les projets de règlement dévoilés la semaine dernière.

Philippe Couillard a dit qu’il ne voulait pas « passer à l’histoire comme le premier ministre qui aura facilité l’exploitation des hydrocarbures au Québec ».

Il a ajouté que la nouvelle Loi sur la qualité de l’environnement et la Loi sur la protection de l’eau potable constituaient des remparts contre les forages et que les municipalités pourraient bientôt « soustraire leurs territoires » à l’exploitation pétrolière. Saluées par le président de la FQM, ces balises ne permettent pas toutefois d’annuler les permis (dits « claims ») déjà accordés qui touchent 53 000 km2 sur le territoire du Québec.

1 commentaire
  • Daniel Bérubé - Abonné 29 septembre 2017 03 h 55

    Reste à voir...

    Il est dit ici: ... "Il a ajouté que la nouvelle Loi sur la qualité de l’environnement et la Loi sur la protection de l’eau potable constituaient des remparts contre les forages et que les municipalités pourraient bientôt « soustraire leurs territoires » à l’exploitation pétrolière. " ...

    S'il est possible pour les municipalités de se soustraire à l'exploitation, MAIS à la condition de fournir des preuves irréfutables: ... "Même s’il en a le pouvoir, le ministre de l’Environnement, David Heurtel, refuse d’accorder à 230 municipalités le droit d’adopter des règles plus strictes que celles mises en place par le gouvernement Couillard pour protéger les sources d’eau potable lors des forages pétroliers et gaziers, a appris Le Devoir. Il demande plutôt à chacune d’elles de produire une analyse étoffée pour démontrer la nécessité de mesures plus sévères, ce qu’elles refusent de faire. (Le Devoir, 5 septembre 2017)

    Si la condition pour pouvoir se soustraire de la chose est qu'il nous faille apporter des rapports d'experts, C'EST À DIRE: des études de la roche mère à des centaines de mètres de profondeur, devant être faite par des compagnies expertes en la matière et qui représentrerait des coût non envisageable pour toute municipalité de grosseur moyenne (disons moins de 15,000 habitants), le problème reste entier...

    Désolé Mr. Couillard... les expériences de par le passé ne nous incitent pas à vous faire confiance... la confiance est quelque chose qui s'acquiert, et vous n'avez réellement pas travaillé en ce sens jusqu'à ce jour...

    Et dites vous aussi... mon père m'a toujours dit: " Un nom crédible est quelque chose dont il faut prendre grand soins, car quand une confiance est perdue, elle est beaucoup plus longue à "réacquérir" qu'elle ne le fut à acquérir. Vous devriez écouter plus souvent Boucar Diouf, sur certains points, il en aurait beaucoup à vous apprendre... et ce venant de sons grand-père.