Christine St-Pierre «choquée» par les propos de Louise Cordeau

Christine St-Pierre a été ministre responsable de la Condition féminine de 2008 à 2012.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Christine St-Pierre a été ministre responsable de la Condition féminine de 2008 à 2012.

Deux ministres, deux visions différentes. La ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault, a minimisé mardi la teneur des propos controversés de la présidente du Conseil du statut de la femme (CSF), tandis que sa prédecesseure Christine St-Pierre s’est dite « choquée » par ce qu’elle a avancé.

Depuis dimanche, la présidente Louise Cordeau soutient qu’il est temps, à son avis, de réfléchir à la possibilité de doter le CSF d’un nouveau nom. « On doit faire en sorte que le maximum de personnes dans la population se sent interpellé. [Qui plus est, l’expression] "de la femme", ça fait des années que ce n’est plus utilisé comme vocable », a-t-elle notamment déclaré.

Selon la ministre Thériault, Louise Cordeau « a évoqué une idée, comme ça, à brûle-pourpoint. C’est sain qu’on se pose la question », a-t-elle fait valoir mardi.

Sa collègue Christine St-Pierre, qui a été ministre responsable de la Condition féminine de 2008 à 2012, a vu les choses autrement. « Oui », a-t-elle répondu sans hésiter, après que les médias lui eurent demandé si elle avait été « choquée » par les propos de Louise Cordeau.

« Dire qu’il faut changer un nom parce que l’égalité entre les hommes et les femmes est presque atteinte, c’est la deuxième proposition — la deuxième partie de la phrase — avec laquelle je suis en désaccord », a-t-elle déclaré.

Christine St-Pierre, qui a été en poste pendant les mandats des présidentes Christiane Pelchat et Julie Miville-Dechêne, a dit avoir « un sérieux problème » avec les prétentions voulant « que l’égalité entre les hommes et les femmes est presque atteinte. Ça, je ne suis pas d’accord avec ça », a-t-elle dit. « Si on arrive à cette conclusion-là en se basant sur des recherches scientifiques, on va les analyser et les regarder. Pour le moment, je ne crois pas qu’il y ait de recherche scientifique qui vient dire qu’au Québec, l’égalité entre les hommes et les femmes est atteinte », a-t-elle ajouté plus tard.

Selon Louise Cordeau, l’égalité des droits entre les hommes et les femmes est « presque acquise ». Elle croit néanmoins qu’il persiste de nombreuses inégalités de fait dans la société québécoise. C’est pour cette raison, avance-t-elle, que le CSF souhaite étudier la possibilité de se doter d’un nouveau nom qui se « rapprocher[ait] des mots qui sont utilisés dans les discussions sur l’égalité de sexes et de genres ».

Selon la ministre Thériault, il s’agit là d’une « hypothèse » que Louise Cordeau évoque depuis quelques jours dans les médias. Après avoir déclaré, lundi, qu’il serait « pertinent » de réfléchir à un « changement de nom », elle a plutôt affirmé mardi qu’elle n’envisageait pas de doter le CSF d’une nouvelle dénomination. « La présidente a tout simplement émis une hypothèse que oui, ça pourrait être pertinent de regarder le nom du Conseil du statut de la femme », a déclaré la ministre en Chambre. « Mais je vais la rassurer, il n’a jamais été question de revoir ni le nom ni la mission du Conseil du statut de la femme », a-t-elle attesté.